{"id":2166,"date":"2018-06-11T15:22:04","date_gmt":"2018-06-11T13:22:04","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=2166"},"modified":"2018-06-29T09:44:22","modified_gmt":"2018-06-29T07:44:22","slug":"quand-les-habitants-sorganisent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-les-habitants-sorganisent\/","title":{"rendered":"Quand les habitants s\u2019organisent"},"content":{"rendered":"<p><em>Article issu d\u2019un entretien avec des membres du collectif d\u2019habitants \u00ab\u202fSilicon Deniers\u202f\u00bb :\u00a0Fran\u00e7ois Maurer, Bekhta Otmane Cherif, Yves Gu\u00e9rard de Latour, Marie-Line Bia, Corinne Fradin et Sophie Saint-Germes.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-2168\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef-300x130.jpg\" alt=\"\" width=\"448\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef-300x130.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef-768x334.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef-1024x445.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef-500x217.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Logo-R\u00e9sola-clef.jpg 1724w\" sizes=\"(max-width: 448px) 100vw, 448px\" \/><\/a>D\u200aans le quartier des Sept Deniers, quartier populaire et familial du nord de Toulouse, un collectif d\u2019habitants a d\u00e9cid\u00e9 de se prendre en main pour d\u00e9velopper du lien et de la solidarit\u00e9. Son nom\u202f: \u00ab\u202fSilicon Deniers\u202f\u00bb. Ses fondateurs le d\u00e9finissent comme \u00ab\u202f<em>un laboratoire d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 collective<\/em>\u202f\u00bb. L\u2019origine repose sur la rencontre de trois habitants qui partagent une id\u00e9e commune\u202f: \u00ab\u202f<em>s\u2019organiser quand on a besoin de quelque chose plut\u00f4t que d\u2019attendre que la collectivit\u00e9 le fasse<\/em>\u202f\u00bb. Un matin, une de leurs amies envoie \u00e0 son r\u00e9seau personnel un SMS pour demander si quelqu\u2019un pouvait garder sa fille, Louise, la matin\u00e9e. Elle re\u00e7oit quinze propositions. \u00ab\u202f<em>Nous, on se conna\u00eet, on a de la chance, notre r\u00e9seau d\u2019entraide fonctionne. Mais d\u2019autres n\u2019ont pas cette chance et n\u2019ont personne pour faire garder sa Louise au pied lev\u00e9, notamment les femmes seules qui n\u2019ont pas de r\u00e9seau d\u2019entraide<\/em>.\u202f\u00bb L\u2019id\u00e9e \u00e9tait n\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Au d\u00e9but, ils imaginent naturellement un r\u00e9seau Internet. Mais pour en avoir le c\u0153ur net, ils interrogent les habitants directement, porte-\u00e0-porte, sur la meilleure fa\u00e7on d\u2019entrer en contact avec eux. \u00c0 la Cit\u00e9 Madrid, une cit\u00e9 d\u2019habitat social, 70 \u00e0 80\u202f% des personnes rencontr\u00e9es n\u2019ont pas Internet. Par contre, toutes poss\u00e8dent un portable et communiquent par SMS. L\u2019id\u00e9e se pr\u00e9cise\u202f: ce n\u2019est pas la technologie Internet qu\u2019il faut utiliser mais celle des SMS. Le r\u00e9seau sera alors r\u00e9serv\u00e9 aux femmes pour pallier les craintes de donner son num\u00e9ro de portable \u00e0 des inconnus. Fran\u00e7ois Maurer, l\u2019un des fondateurs, suit un MOOC\u202f<span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-les-habitants-sorganisent\/#easy-footnote-bottom-1' title=' MOOC\u202f: Massive Open Online Course, ou, en fran\u00e7ais, Formation en Ligne Ouverte \u00e0 Tous (FLOT). '><sup>1<\/sup><\/a><\/span> sur la \u00ab\u202fPens\u00e9e Design\u202f\u00bb (Design thinking)\u202f; il fait de cette id\u00e9e son projet de formation. Il s\u2019inspire du concept d\u2019innovation Jugaad\u202f: faire plus avec moins, et tirer profit de la contrainte pour d\u00e9velopper un outil basse technologie qui ne n\u00e9cessite ni connexion \u00e0 Internet ni t\u00e9l\u00e9chargement d\u2019application\u202f: on envoie une demande via un SMS \u00e0 une centrale qui le redistribue \u00e0 toutes les adh\u00e9rentes. Chacune peut alors r\u00e9pondre, par SMS, en proposant son aide. L\u2019outil s\u2019appelle R\u00e9SOLa pour \u00ab\u202fr\u00e9seau d\u2019entraide solidaire\u202f\u00bb. Aujourd\u2019hui, c\u2019est une centaine d\u2019adh\u00e9rentes qui \u00e9changent des services de toute nature (pr\u00eat de mat\u00e9riel et d\u2019outils, \u00e9change de v\u00eatements, covoiturage, d\u00e9m\u00e9nagement\u2026). Si cet \u00e9change de services est appr\u00e9ciable, R\u00e9SOLa permet surtout de cr\u00e9er du lien. Outre les m\u00e8res de familles souvent monoparentales, ce sont les nouvelles arrivantes dans le quartier qui se sont le plus empar\u00e9es du r\u00e9seau pour aller \u00e0 la rencontre de leurs voisins. D\u2019ailleurs, une partie des adh\u00e9rentes ne demande jamais de services mais propose les leurs d\u00e8s que possible. Int\u00e9grer R\u00e9SOLa se fait par cooptation, afin de maintenir l\u2019ancrage du r\u00e9seau dans le voisinage et conserver l\u2019objectif de lien. \u00ab\u202f<em>Communiquer avec ses voisins, se reconna\u00eetre dans la rue et que \u00e7a d\u00e9bouche sur autre chose, peut-\u00eatre\u2026<\/em>\u202f\u00bb Une id\u00e9e de projet, une amiti\u00e9&#8230;<br \/>\n\u00ab\u202f<em>Le march\u00e9 c\u2019est le spot, le si\u00e8ge social, avoir des nouvelles des uns des autres, se donner des id\u00e9es<\/em>.\u202f\u00bb Les habitants s\u2019y rencontrent, discutent au caf\u00e9 qui est un stand du march\u00e9, d\u00e9veloppent des id\u00e9es. Le collectif \u00ab\u202fSilicon Deniers\u202f\u00bb y a donn\u00e9 le jour \u00e0 plusieurs projets\u202f: un atelier de r\u00e9paration de v\u00e9lo, le \u00ab\u202fCaf\u00e9 Bricol\u2019\u202f\u00bb (un <em>Repair Caf\u00e9<\/em> qui s\u2019est mont\u00e9 gr\u00e2ce aux comp\u00e9tences en \u00e9lectronique d\u2019une habitante et d\u2019un habitant du quartier), un espace de gratuit\u00e9 (vide-greniers gratuit)\u2026<br \/>\nTous ces projets, ces id\u00e9es ing\u00e9nieuses du quotidien, se sont mont\u00e9s sans l\u2019aide d\u2019aucune institution, simplement gr\u00e2ce aux comp\u00e9tences sociales des uns, techniques des autres, \u00e0 la bonne volont\u00e9 et \u00e0 l\u2019engagement de tous, \u00e0 l\u2019envie de donner de l\u2019humanit\u00e9 au quartier. Le collectif d\u2019habitants, qui a souhait\u00e9 rester sans structure particuli\u00e8re, a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de cr\u00e9er une association pour mettre en place son dernier-n\u00e9\u202f: des composteurs collectifs g\u00e9r\u00e9s par l\u2019association et install\u00e9s par Toulouse M\u00e9tropole dans le parc Job.<br \/>\nM\u00eame si les d\u00e9buts ont \u00e9t\u00e9 longs \u2013 il a fallu deux ans pour monter la premi\u00e8re action R\u00e9SOLa, et toute l\u2019\u00e9nergie des trois fondateurs\u202f\u2013, aujourd\u2019hui le collectif est bien d\u00e9velopp\u00e9 (avec quelque 250 habitants) et s\u2019est implant\u00e9 dans tous les secteurs des Sept Deniers (cit\u00e9 Madrid, maisons individuelles, r\u00e9sidences Job\u2026). De nouveaux projets sont constamment en r\u00e9flexion, et peut-\u00eatre que, d\u2019ici peu, un atelier de fabrication de produits de beaut\u00e9 bio faits maison et un espace de gratuit\u00e9 sp\u00e9cial enfants et ados verront le jour. Pour R\u00e9SOLa, une prochaine \u00e9tape doit \u00eatre franchie\u202f: la mise en mode de gestion collaborative de son application, avant de pouvoir r\u00e9pondre aux sollicitations d\u2019autres territoires, groupes ou collectifs.<\/p>\n<p><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-2169\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"534\" height=\"534\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-300x300.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-150x150.jpg 150w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-768x768.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-500x500.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-1000x1000.jpg 1000w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage-230x230.jpg 230w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/ResolaMontage.jpg 1535w\" sizes=\"(max-width: 534px) 100vw, 534px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article est issu d\u2019un entretien avec des membres du collectif d\u2019habitants \u00ab\u202fSilicon Deniers\u202f\u00bb.<br \/>\nCe collectif, cr\u00e9\u00e9 il y a deux ans, r\u00e9unit des habitants du quartier des Sept Deniers autour de valeurs communes comme l\u2019autonomie, l\u2019envie d\u2019agir dans leur quartier et d\u2019y faire vivre des formes de solidarit\u00e9. Il favorise l\u2019\u00e9mergence de projets novateurs, port\u00e9s par des habitants pour des habitants, dont le projet R\u00e9SOLa, plate-forme d\u2019entraide locale.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2168,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[29],"tags":[30],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2166"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2166"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2166\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2519,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2166\/revisions\/2519"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2168"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2166"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2166"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2166"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}