{"id":2552,"date":"2018-12-28T02:00:57","date_gmt":"2018-12-28T01:00:57","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=2552"},"modified":"2019-02-05T14:14:34","modified_gmt":"2019-02-05T13:14:34","slug":"ville-commerce-complicite-crise-dune-relation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/","title":{"rendered":"Ville et commerce, complicit\u00e9 et crise d\u2019une relation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">Selon l\u2019association am\u00e9ricaine des \u00e9diteurs, les ventes en ligne de livres ont pour la premi\u00e8re fois d\u00e9pass\u00e9 en 2018 les volumes d\u00e9livr\u00e9s en magasin. Voil\u00e0 qui pourrait \u00eatre dit en passant, simple entrefilet parmi d\u2019autres. Il convient toutefois de prendre la mesure d\u2019une telle information sous l\u2019angle de l\u2019urbain : cela signifie qu\u2019il y a de moins en moins de librairies dans les rues. Si l\u2019on \u00e9largit \u00e0 d\u2019autres secteurs \u2013 le pr\u00eat-\u00e0-porter, l\u2019\u00e9quipement de la maison, le mat\u00e9riel informatique \u2013, cela ouvre la perspective d\u2019une consommation d\u00e9li\u00e9e des lieux traditionnels de son assouvissement : les magasins et autres boutiques, ainsi que les grandes surfaces <span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/#easy-footnote-bottom-1' title=' Selon la FEVAD, le e.commerce repr\u00e9sente 8 % des ventes du commerce de d\u00e9tail en France, mi-2018. La progression est fulgurante dans le domaine des produits culturels et de l\u2019habillement-mode. '><sup>1<\/sup><\/a><\/span> . Des \u00e9l\u00e9ments tangibles indiquent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 une reconfiguration de l\u2019offre, comme en t\u00e9moignent les d\u00e9boires r\u00e9cents dans le secteur du jouet et des enseignes de mode. Si la disparition des boutiques des centres des petites et moyennes villes n\u2019est pas nouvelle, elle s\u2019accentue et l\u2019on observe que les galeries commerciales p\u00e9riph\u00e9riques, y compris dans des m\u00e9tropoles r\u00e9gionales dynamiques, pr\u00e9sentent des cellules commerciales vides. Les hypermarch\u00e9s, parangons de la modernit\u00e9 fordiste, semblent conna\u00eetre une certaine fatigue conduisant parfois \u00e0 une r\u00e9duction de la voilure.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Le \u00ab tout sous un m\u00eame toit \u00bb aurait-il v\u00e9cu ? Sans doute ne conna\u00eet-on pas un processus \u00e9quivalent \u00e0 la \u00ab <em>demallization <\/em>\u00bb nord-am\u00e9ricaine o\u00f9 des centaines de centres commerciaux ont ferm\u00e9 ou sont menac\u00e9s de fermeture. Mais la friche commerciale est une hypoth\u00e8se qui se dessine ponctuellement avec une multiplication de \u00ab dents creuses \u00bb. Les moteurs en sont complexes. Il y a le jeu d\u2019une promotion immobili\u00e8re ayant fait des activit\u00e9s commerciales au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es un nouveau champ d\u2019investissements au risque d\u2019une \u00ab bulle \u00bb immobili\u00e8re <span id='easy-footnote-2' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/#easy-footnote-bottom-2' title=' Selon le cabinet Cushman&amp;amp;Wakfield, 780 000 m\u00b2 de surfaces commerciales&lt;br \/&gt;\nnouvelles ont \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9s en 2017. Les pr\u00e9visions sont \u00e9quivalentes&lt;br \/&gt;\npour 2018, dans un march\u00e9 mature et un contexte de forte croissance du e.commerce. '><sup>2<\/sup><\/a><\/span> : l\u2019on assisterait alors \u00e0 un classique ajustement du march\u00e9. Mais on ne peut nier que cela soit aussi induit par une \u00e9volution plus profonde des comportements de consommation et des modes d\u2019habiter.<\/p>\n<div id=\"attachment_2558\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2558\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2558 size-large\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot-1024x768.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot-300x225.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot-768x576.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Photo_de_PH_Dugot-500x375.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2558\" class=\"wp-caption-text\">Librairie d\u00e9finitivement ferm\u00e9e dans le quartier latin, \u00e0 Paris<\/p><\/div>\n<p>Certes, le commerce est une fonction urbaine parmi d\u2019autres. Il n\u2019en demeure pas moins le compagnon fid\u00e8le et originel de la ville, \u00e9l\u00e9ment d\u2019attractivit\u00e9 et facteur classique de hi\u00e9rarchisation des p\u00f4les. De la trame viaire m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 l\u2019\u00e9talement urbain en passant par l\u2019haussmannisation, commerces et commer\u00e7ants accompagnent, parfois anticipent, la fabrique de la ville, participant \u00e0 son d\u00e9corum, son architecture. Mais au-del\u00e0 des murs, le commerce c\u2019est l\u2019\u00e9change, dans tous les sens que ce terme poss\u00e8de, et nulle part qu\u2019en ville il ne peut mieux s\u2019\u00e9panouir. De fait, le commerce occupe une place \u00e9conomique, mais pas seulement : par les flux de marchandises et par les d\u00e9placements de chalands il est un \u00e9l\u00e9ment d\u2019animation de l\u2019urbain et un facteur cl\u00e9 de l\u2019urbanit\u00e9, entendue ici comme ce qui fait la ville, lui donne une attirance particuli\u00e8re faite \u00e0 la fois de patine et de renouvellement. Il n\u2019est alors pas surprenant que le commerce puisse refl\u00e9ter un certain rapport \u00e0 la modernit\u00e9, telles colorations culturelles, l\u2019empreinte du religieux, une fa\u00e7on de se d\u00e9placer ou une dimension plus ou moins s\u00e9gr\u00e9gative de l\u2019habiter. Le lien entre les activit\u00e9s commerciales et la ville est donc consubstantiel : l\u2019un peut difficilement se concevoir sans l\u2019autre. Ce constat est d\u2019autant plus vrai dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 une consommation en mutation perp\u00e9tuelle constitue un \u00e9l\u00e9ment socio\u00e9conomique central. Cela explique que le commerce puisse \u00eatre \u00e9rig\u00e9 en support de projets territoriaux, qu\u2019il s\u2019agisse de stimuler ou de soigner. Ainsi, remisant des peurs ancestrales de concurrences d\u00e9stabilisatrices, des maires et des associations de commer\u00e7ants, loin de les redouter, appellent de leurs v\u0153ux l\u2019arriv\u00e9e de telle ou telle enseigne, voire d\u2019un <em>flagship store<\/em> <span id='easy-footnote-3' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/#easy-footnote-bottom-3' title=' En r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab navire amiral \u00bb d\u2019une flotte de guerre, ce terme d\u00e9signe un \u00ab magasin amiral \u00bb, dont l\u2019architecture soign\u00e9e dans une localisation urbaine choisie vient visibiliser une marque (brand). On parle de branding architecture. '><sup>3<\/sup><\/a><\/span> dans les villes les plus importantes dont la notori\u00e9t\u00e9 est cens\u00e9e blasonner leur territoire : il suffit de songer aux efforts r\u00e9alis\u00e9s pour l\u2019installation d\u2019un IKEA, estampille m\u00e9tropolitaine pour des agglom\u00e9rations moyennes.<br \/>\nDans un autre registre que celui du marketing urbain, sont \u00e9galement accord\u00e9es au commerce des vertus th\u00e9rapeutiques pour sortir de l\u2019orni\u00e8re tel centre-ville ou tel quartier. Sur le frontispice de l\u2019Epareca <span id='easy-footnote-4' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/#easy-footnote-bottom-4' title=' \u00c9tablissement public national d\u2019am\u00e9nagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux, cr\u00e9\u00e9 en 1996 dans le cadre du Pacte de relance pour la ville. '><sup>4<\/sup><\/a><\/span> , \u00e9tablissement en charge de la revitalisation commerciale des territoires urbains en crise, on peut ainsi lire : \u00ab Redonner de la vie par le commerce et l\u2019artisanat, au c\u0153ur de vos quartiers en r\u00e9novation urbaine. \u00bb Ambitieux programme. Pour toutes ces raisons, la d\u00e9saffection dont pourrait souffrir le commerce physique doit inqui\u00e9ter car elle contient le germe potentiel d\u2019une recomposition de cette complicit\u00e9 intrins\u00e8que entre les activit\u00e9s commerciales et la ville. Certes, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre le premier soubresaut. La relation entre le commerce et la ville \u00e9volue sans arr\u00eat dans son intensit\u00e9 et les formes architecturales qu\u2019elle emprunte. \u00c0 chacune des \u00e9tapes, l\u2019on ne compte pas les regrets lacrymaux sur le registre du \u00ab c\u2019\u00e9tait mieux avant \u00bb.<br \/>\nLa relation entre le commerce et la ville est plurielle : positivement connot\u00e9e par l\u2019urbanit\u00e9 qui en d\u00e9coule, sacralis\u00e9e par sa place dans l\u2019histoire urbaine, elle semble \u00eatre ab\u00eem\u00e9e par une modernit\u00e9 tenue pour coresponsable du d\u00e9litement du vivre-ensemble. Embl\u00e9matique est l\u2019irruption des grandes surfaces (premier supermarch\u00e9 fran\u00e7ais en 1957), \u00e0 l\u2019origine d\u2019une recomposition drastique du commerce urbain : ce qui \u00e9tait au centre, et en \u00e9tait m\u00eame un attribut, bascule pour partie dans la p\u00e9riph\u00e9rie. Les formes emprunt\u00e9es par la modernisation commerciale fran\u00e7aise \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960 illustrent les propos d\u2019un John Steinbeck qui, dans ses p\u00e9r\u00e9grinations am\u00e9ricaines \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, se demande \u00ab pourquoi le progr\u00e8s ressemble tellement \u00e0 la destruction \u00bb. M\u00eame s\u2019ils demeurent fr\u00e9quent\u00e9s, ces espaces souffrent aujourd\u2019hui d\u2019une mauvaise image : r\u00e8gne de l\u2019automobile et t\u00e9moignage d\u2019un \u00e9talement monofonctionnel, ils s\u2019inscrivent dans une ville \u00e0 la durabilit\u00e9 contestable. Sans doute ne faut-il pas tirer \u00e0 boulets rouges sur des \u00e9volutions qui ont r\u00e9pondu aux aspirations consommatoires d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sortant d\u2019une frugalit\u00e9 impos\u00e9e. Supermarch\u00e9s et hypermarch\u00e9s constituent en cela tant une r\u00e9volution socio-\u00e9conomique qu\u2019une r\u00e9volution urbanistique. Mais leur d\u00e9ploiement s\u2019est accompagn\u00e9 de l\u2019effacement du commerce de bien des hameaux, villages et petites villes. C\u2019est \u00e9galement vrai pour des rues et des quartiers dans des m\u00e9tropoles plus importantes et attractives : le centre et les faubourgs d\u2019une ville comme Toulouse par exemple, ont connu le recul d\u2019une activit\u00e9 commerciale ayant tendance \u00e0 se polariser sur les axes les plus importants. C\u2019est finalement une large portion du maillage des boutiques et des magasins populaires \u2013 grands magasins essentiellement h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019industrialisation de la production \u00e0 partir du XIXe si\u00e8cle \u2013, qui a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e. D\u2019autant que l\u2019on observe, derri\u00e8re l\u2019apparente immobilit\u00e9 de tel ou tel axe central avec son alignement de cellules commerciales, un intense renouvellement des acteurs avec une mont\u00e9e des enseignes franchis\u00e9es et un recul des boutiques g\u00e9n\u00e9ralistes tenues par des ind\u00e9pendants. Que l\u2019on parcoure \u00e0 Toulouse la rue d\u2019Alsace-Lorraine, et l\u2019on constatera que celle-ci, qualifi\u00e9e d\u2019avenue \u00ab prime \u00bb par les investisseurs commerciaux, est un alignement d\u2019enseignes nationales et internationales ne laissant aujourd\u2019hui que peu de place \u00e0 une singularit\u00e9 toulousaine.<\/p>\n<div id=\"attachment_2559\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2559\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2559 size-large\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin-1024x768.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin-300x225.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin-768x576.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Berlin-500x375.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2559\" class=\"wp-caption-text\">Galeries Lafayette de Berlin<\/p><\/div>\n<p>Le d\u00e9veloppement du commerce \u00e9lectronique est donc une \u00e9tape parmi d\u2019autres de la relation mouvante entre le commerce et la ville. Difficile de pronostiquer son plafond de d\u00e9veloppement <span id='easy-footnote-5' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/ville-commerce-complicite-crise-dune-relation\/#easy-footnote-bottom-5' title=' On peut n\u00e9anmoins observer que le commerce \u00e9lectronique p\u00e8se le double au Royaume-Uni. '><sup>5<\/sup><\/a><\/span> . L\u2019on peut se rassurer en pensant que l\u2019homme est un animal social et que le contact direct est indispensable. L\u2019on peut aussi mentionner que le shopping reste un loisir fait de hasard et de d\u00e9couverte, s\u00e9rendipit\u00e9 que l\u2019\u00e9cran du smartphone ou de l\u2019ordinateur offre plus difficilement. L\u2019avenir pourrait alors \u00eatre celui d\u2019une hybridation croissante entre les canaux de distribution, les <em>pure players <\/em>ouvrant des boutiques alors que le commerce physique se double d\u2019une offre virtuelle.<br \/>\nL\u2019on peut \u00e9galement relever un renouveau du d\u00e9sir pour une proximit\u00e9 id\u00e9alis\u00e9e, celle-ci s\u2019accompagnant en outre de la fin annonc\u00e9e d\u2019une consommation fordiste, c\u2019est-\u00e0-dire norm\u00e9e, au profit d\u2019une consommation davantage distinctive et donc diverse. La boutique sp\u00e9cialis\u00e9e pourrait y retrouver ses lettres de noblesse. L\u2019on peut enfin penser que si crise du commerce physique il y a, elle peut parfois \u00eatre une opportunit\u00e9. Les entr\u00e9es de villes fran\u00e7aises marqu\u00e9es par les hypermarch\u00e9s et autres bo\u00eetes \u00e0 chaussures poss\u00e8dent ainsi un potentiel de mutabilit\u00e9 urbaine important, au moins dans les m\u00e9tropoles. Un alignement des int\u00e9r\u00eats pourrait avoir lieu entre investisseurs commerciaux, en qu\u00eate d\u2019une redirection impos\u00e9e par le march\u00e9, et collectivit\u00e9s devant r\u00e9pondre, avec moins de consommation fonci\u00e8re et selon des mod\u00e8les de mobilit\u00e9 autres qu\u2019automobiles, \u00e0 la croissance urbaine. N\u2019y a-t-il pas l\u00e0 un terrain pour une vraie r\u00e9flexion urbanistique et, pourquoi pas, une disruption urbaine permettant de poser \u00e0 une \u00e9chelle int\u00e9ressante les jalons d\u2019une ville durable ?<br \/>\nLes freins \u00e0 des transformations trop brutales sont n\u00e9anmoins nombreux, entre le conservatisme int\u00e9ress\u00e9 des uns et l\u2019immobilisme atavique des autres ! Qu\u2019elles soient fonci\u00e8res, financi\u00e8res, renvoyant au droit de la concurrence ou de la propri\u00e9t\u00e9, des barri\u00e8res ne manqueront pas d\u2019\u00eatre \u00e9rig\u00e9es. Du c\u00f4t\u00e9 de la revendication \u00e0 la proximit\u00e9, des tendances inverses existent. L\u2019\u00e9volution, r\u00e9elle ou fantasm\u00e9e, d\u2019ambiances urbaines per\u00e7ues comme moins s\u00e9curitaires, peuvent nourrir un <em>home sweet home <\/em>\u00ab bunk\u00e9ris\u00e9 \u00bb, propice \u00e0 un commerce \u00e9lectronique de plus en plus efficace dans sa logistique. Quant aux \u00e9volutions en cours tr\u00e8s positivement connot\u00e9es aujourd\u2019hui, tel le retour des march\u00e9s de plein vent, accompagn\u00e9 ou non d\u2019un raccourcissement des circuits d\u2019approvisionnement, concernent-elles tout le monde alors que le prix demeure une contrainte essentielle de l\u2019achat ? Des sc\u00e9narios incertains se dessinent. Aucun n\u2019est in\u00e9luctable, m\u00eame s\u2019il est plus difficile d\u2019inverser le cours des choses dans une ville petite ou moyenne, enkyst\u00e9e dans une zone rurale peu attractive, que dans une m\u00e9tropole dynamique. \u00c0 chacun, et pas seulement aux investisseurs commerciaux, de peser sur le cours de la ville : collectivit\u00e9s publiques mais aussi consommateurs devant, dans la mesure de leurs moyens, mobiliser lors de l\u2019achat leur \u00ab capital- citoyen \u00bb. Il en va d\u2019une certaine qualit\u00e9 de la vie urbaine car le commerce joue un r\u00f4le d\u2019amplificateur de faits soci\u00e9taux plus larges : individualisme, automobilit\u00e9 \u00e9touffante ou, \u00e0 l\u2019inverse, renouveau d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 urbaine ralentie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence bibliographique<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/DUGOT-couv-et-resume.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">DUGOT P., Commerce et urbanisme commercial dans la fabrique de la ville durable, Presses universitaires du Midi, collection \u00ab Villes et territoires \u00bb,\u00a0 f\u00e9vrier 2019, 408 p.<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon l\u2019association am\u00e9ricaine des \u00e9diteurs, les ventes en ligne de livres ont pour la premi\u00e8re fois d\u00e9pass\u00e9 en 2018 les volumes d\u00e9livr\u00e9s en magasin. Voil\u00e0 qui pourrait \u00eatre dit en passant, simple entrefilet parmi d\u2019autres. Il convient toutefois de prendre la mesure d\u2019une telle information sous l\u2019angle de l\u2019urbain : cela signifie qu\u2019il y a de moins en moins de librairies dans les rues. Si l\u2019on \u00e9largit \u00e0 d\u2019autres secteurs \u2013 le pr\u00eat-\u00e0-porter, l\u2019\u00e9quipement de la maison, le mat\u00e9riel informatique \u2013, cela ouvre la perspective d\u2019une consommation d\u00e9li\u00e9e des lieux traditionnels de son assouvissement : les magasins et autres boutiques, ainsi que les grandes surfaces. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2558,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[31],"tags":[32],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2552"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2552"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2552\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2848,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2552\/revisions\/2848"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2558"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2552"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2552"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2552"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}