{"id":2891,"date":"2019-07-31T16:18:58","date_gmt":"2019-07-31T14:18:58","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=2891"},"modified":"2019-09-03T15:58:33","modified_gmt":"2019-09-03T13:58:33","slug":"la-planification-territoriale-toute-une-histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/","title":{"rendered":"La planification territoriale, toute une histoire\u2026"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">Au sein d\u2019agglom\u00e9rations de plus en plus \u00e9tendues et complexes, il n\u2019est pas \u00e9vident de d\u00e9crypter les logiques et les principes qui sous-tendent la r\u00e9alisation de projets multiples contribuant \u00e0 l\u2019extension des espaces urbanis\u00e9s ou \u00e0 leur renouvellement. L\u2019apport des outils de planification n\u2019est en effet pas simple \u00e0 saisir, et le citoyen a l\u2019impression d\u2019un empirisme port\u00e9 par une multitude d\u2019acteurs priv\u00e9s et publics, aux int\u00e9r\u00eats parfois contradictoires. Les pouvoirs publics eux-m\u00eames, pilotes des politiques de planification, peinent \u00e0 en donner une vision claire, d\u2019autant plus que ces politiques s\u2019inscrivent n\u00e9cessairement dans un temps long, souvent sans rapport avec celui des mandats \u00e9lectoraux. Ont-ils d\u2019ailleurs la ma\u00eetrise des processus \u00e0 l\u2019\u0153uvre, dont beaucoup sont tributaires de la conjoncture \u00e9conomique et de ses al\u00e9as, de modifications incessantes des cadres juridiques, r\u00e9glementaires et fiscaux\u2026, auxquels s\u2019ajoute l\u2019\u00e9volution des pratiques des habitants, de leurs choix r\u00e9sidentiels et\/ou de leurs d\u00e9placements ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">La planification urbaine ne serait-elle autre chose que la mise en \u0153uvre d\u2019arbitrages ou de compromis subtils entre int\u00e9r\u00eats particuliers et int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u202f? Elle devrait pourtant bien, comme le rappelle P. Merlin\u202f<span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-1' title='MERLIN\u202fP., CHOAY\u202fF., &lt;em&gt;Dictionnaire de l\u2019urbanisme et de l\u2019am\u00e9nagement&lt;\/em&gt;, PUF, Quadrige, 2005.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span>, \u00eatre\u202f\u00ab\u202f<em>l\u2019action visant \u00e0 fixer, pour un territoire donn\u00e9, les objectifs de d\u00e9veloppement et de localisation harmonieuse [ou rationnelle ?] \u2013 des hommes et de leurs activit\u00e9s, des \u00e9quipements et des moyens de communication. Elle doit toujours prendre en compte les donn\u00e9es et les contraintes naturelles, \u00e9conomiques et humaines et tenir compte des objectifs fix\u00e9s par les responsables \u00e9lus de la population, qui, en dernier ressort, auront aussi \u00e0 approuver les plans \u00e9tablis.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Ing\u00e9nieurs et architectes, deux \u00ab cultures \u00bb au service d\u2019une m\u00eame intention : la planification<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Depuis des si\u00e8cles, les hommes ont cr\u00e9\u00e9 et am\u00e9nag\u00e9 des villes dont l\u2019organisation et la configuration territoriale r\u00e9pondaient \u00e0 des fonctions multiples et aux besoins pr\u00e9sents et futurs des syst\u00e8mes productifs dominants. Pour fa\u00e7onner ces territoires urbains et anticiper leur croissance, pour assurer leur bon fonctionnement, deux types de comp\u00e9tences ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s, \u00ab\u202f<em>compl\u00e9mentaires tout en \u00e9tant rivales<\/em>\u202f\u00bb, celles des ing\u00e9nieurs et des architectes. Issus des grandes \u00e9coles, les ing\u00e9nieurs, en particulier en France ceux des ponts et chauss\u00e9es, ont jou\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant avec la r\u00e9volution industrielle, \u00ab <em>accus\u00e9s par les architectes qui consid\u00e9raient leurs int\u00e9r\u00eats professionnels menac\u00e9s d\u2019utiliser des mat\u00e9riaux vils et de manquer \u00e0 la vocation esth\u00e9tique de l\u2019art d\u2019\u00e9difier<\/em>\u202f\u00bb (F. Choay)\u202f<span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-1' title='MERLIN\u202fP., CHOAY\u202fF., &lt;em&gt;Dictionnaire de l\u2019urbanisme et de l\u2019am\u00e9nagement&lt;\/em&gt;, PUF, Quadrige, 2005.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span>. Charg\u00e9s de concevoir et de r\u00e9aliser des immeubles ou de grands \u00e9difices monumentaux, les architectes ont eu \u00e0 c\u0153ur de pr\u00e9server leur ind\u00e9pendance et d\u2019exercer leur art dans une logique lib\u00e9rale. Ils ont ainsi imprim\u00e9 leur marque dans l\u2019espace urbain \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle, de la rue ou du quartier. Les ing\u00e9nieurs, au contraire, travaillent sur des territoires plus vastes, dont ils con\u00e7oivent souvent la configuration autour de grandes op\u00e9rations de g\u00e9nie civil fa\u00e7onnant l\u2019espace public (voirie, r\u00e9seaux divers, grands \u00e9quipements collectifs\u2026). Ce sont eux qui, \u00e0 la demande des pouvoirs publics, charg\u00e9s<em> in fine<\/em> d\u2019approuver leurs plans, proposent les grandes lignes d\u2019une planification spatiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Cette dualit\u00e9 renvoie \u00e0 des conceptions diff\u00e9rentes de penser et de faire la ville, l\u2019une guid\u00e9e par une logique \u00ab\u202ffonctionnaliste\u202f\u00bb, l\u2019autre plus \u00ab\u202fculturaliste \u00bb ou patrimoniale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5 style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">La dualit\u00e9 ing\u00e9nieurs\/architectes \u00e0 travers leur relation avec les administrations centrales de l\u2019\u00c9tat<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Lors de la grande phase d\u2019urbanisation des ann\u00e9es 1960, prenant acte de leur diff\u00e9rence, la direction de l\u2019Architecture fut plac\u00e9e sous la tutelle du minist\u00e8re de la Culture, alors que les ing\u00e9nieurs relevaient des directions des travaux publics et de la construction, int\u00e9gr\u00e9es en 1966 dans un grand minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement. Puis, en 1978, leur regroupement au sein d\u2019un m\u00eame minist\u00e8re pl\u00e9thorique et ambitieux \u00ab de l\u2019Environnement et du Cadre de vie \u00bb fut r\u00e9v\u00e9lateur de conflits majeurs. D\u00e8s 1981, c\u2019est la logique des ing\u00e9nieurs, celle de l\u2019\u00c9quipement, qui l\u2019emporta. Dot\u00e9e de nouveaux cadres, en particulier avec la mise en place d\u2019un v\u00e9ritable enseignement sup\u00e9rieur pour la formation des architectes, port\u00e9e par une politique de grands travaux et de grands noms de la profession, la direction de l\u2019Architecture revint, en 1995, dans le giron de la Culture ! Tirant les le\u00e7ons de cette r\u00e9forme, M. de Saint-Pulgent\u202f<span id='easy-footnote-2' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-2' title='LENGEREAU\u202f\u00c9., &lt;em&gt;Architecture, urbanisme et pratiques de l\u2019\u00c9tat, 1960-2010&lt;\/em&gt;, La Documentation fran\u00e7aise, 2017.'><sup>2<\/sup><\/a><\/span> estime que \u00ab <em>la r\u00e9union des cultures des architectes et des ing\u00e9nieurs au sein du minist\u00e8re de l\u2019\u00c9quipement \u00e9tait une fausse bonne id\u00e9e, qui a favoris\u00e9 leur confrontation et non pas leur dialogue. La qualit\u00e9 de l\u2019urbanisme est une pr\u00e9occupation qui doit \u00eatre partag\u00e9e par tous, ing\u00e9nieurs, architectes, ma\u00eetres d\u2019ouvrage et autres am\u00e9nageurs mais ne saurait fonder un m\u00e9tier \u00e0 part enti\u00e8re.<\/em>\u202f\u00bb S\u2019expliquent ainsi en France l\u2019\u00e9mergence d\u00e9sordonn\u00e9e et une reconnaissance tardive d\u2019une pratique nouvelle, celle de l\u2019urbanisme.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\">La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une convergence entre les plans des ing\u00e9nieurs et des architectes a pourtant \u00e9t\u00e9 ressentie tr\u00e8s t\u00f4t, d\u00e8s le milieu du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Pour les plus grandes villes (Barcelone, Paris, Londres\u2026) c\u2019est en fait l\u2019ensemble de leur organisation territoriale qu\u2019il convenait alors de repenser. D\u00e9passant et englobant celle des ing\u00e9nieurs et des architectes, en leur associant d\u2019autres acteurs dans une d\u00e9marche prospective, cette vision globale appelait une pratique nouvelle, celle de l\u2019urbanisme, terme qui ne fut reconnu qu\u2019au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">De l\u2019urbanisme \u00e0 la planification territoriale<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Nourri par son exp\u00e9rience acquise lors de la r\u00e9alisation du plan d\u2019extension de Barcelone, Cerd\u00e1 (1815-1876) avait propos\u00e9 de donner le statut de science \u00e0 l\u2019urbanisme, \u00ab\u202f<em>am\u00e9nagement concert\u00e9 de l\u2019espace d\u2019un grand territoire urbain<\/em> \u00bb\u202f<span id='easy-footnote-3' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-3' title='CERD\u00c1 I., &lt;em&gt;La Th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019urbanisation &lt;\/em&gt;(1867), Les \u00e9ditions de l\u2019imprimeur, traduction fran\u00e7aise, 2005.'><sup>3<\/sup><\/a><\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Cette pr\u00e9occupation avait \u00e9t\u00e9 celle des travaux d\u2019Haussmann. Associant ing\u00e9nieurs et architectes aux grands int\u00e9r\u00eats du capitalisme conqu\u00e9rant (soci\u00e9t\u00e9s immobili\u00e8res et commerciales, banques, compagnies de chemins de fer\u2026) sous la houlette de l\u2019\u00c9tat, le \u00ab mod\u00e8le haussmannien \u00bb et ses perc\u00e9es se diffus\u00e8rent ensuite dans les grandes villes de province\u202f<span id='easy-footnote-4' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-4' title='PINON P., &lt;em&gt;Atlas du Paris haussmannien&lt;\/em&gt;, Parigramme, 2002.'><sup>4<\/sup><\/a><\/span>. Limit\u00e9s \u00e0 la Ville de Paris, apr\u00e8s l\u2019annexion des communes limitrophes en 1860 qui doubla sa superficie, ces grands travaux concernaient essentiellement le c\u0153ur d\u2019une agglom\u00e9ration, dont la croissance se d\u00e9veloppa ensuite bien au-del\u00e0 avec l\u2019apparition de \u00ab banlieues \u00bb constitu\u00e9es de \u00ab lotissements \u00bb souvent d\u00e9pourvus d\u2019\u00e9quipements collectifs. Pour \u00e9viter que la \u00ab question sociale\u202f\u00bb induite par ce type d\u2019occupation de l\u2019espace ne favorise une contestation violente de l\u2019ordre \u00e9tabli, soucieux d\u2019hygi\u00e9nisme et du bien-\u00eatre de ces populations de \u00ab mal-lotis \u00bb, \u00e9lus et philanthropes propos\u00e8rent de mettre en \u0153uvre une politique visant \u00e0 ma\u00eetriser le devenir d\u2019une multitude de communes p\u00e9riph\u00e9riques, pour accompagner l\u2019urbanisation qui les submergeait (logements, voirie, assainissement, alimentation en eau\u2026). Mais cela supposait l\u2019intervention du l\u00e9gislateur et la promotion d\u2019un \u00ab droit de l\u2019urbanisme \u00bb qui s\u2019imposa tr\u00e8s lentement, car il portait atteinte \u00e0 un h\u00e9ritage majeur de la R\u00e9volution, la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e du sol, \u00ab droit inali\u00e9nable et sacr\u00e9 \u00bb. La puissance publique se montrait r\u00e9ticente \u00e0 l\u00e9gif\u00e9rer, car les propri\u00e9taires fonciers et immobiliers y voyaient une atteinte \u00e0 leurs droits (obligation du permis de construire en 1903) ou une concurrence d\u00e9loyale de la part des pouvoirs publics, lorsque la loi Bonnevay (1912) autorisa les collectivit\u00e9s locales \u00e0 financer des logements sociaux. Le d\u00e9veloppement anarchique et l\u2019insalubrit\u00e9 des lotissements de banlieues encourag\u00e8rent cependant le l\u00e9gislateur \u00e0 proposer des moyens de planifier et de contr\u00f4ler l\u2019urbanisation. Il y a cent ans, la loi Cornudet (1919, r\u00e9vis\u00e9e en 1924) fut l\u2019acte de naissance en France d\u2019une politique de planification urbaine, prescrivant pour toutes les villes de plus de 10\u202f000 habitants un \u00ab projet d\u2019embellissement et d\u2019extension \u00bb\u202f<span id='easy-footnote-5' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-5' title='DEMOUVEAUX\u202fJ.-P., LEBRETON\u202fJ.-P., &lt;em&gt;La Naissance du droit de l\u2019urbanisme, (1919-1935)&lt;\/em&gt;, \u00c9ditions des Journaux officiels, 2007.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span>. Il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019un travail consid\u00e9rable, du fait de la diversit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats concern\u00e9s, qui appelait le recours \u00e0 des comp\u00e9tences vari\u00e9es et compl\u00e9mentaires, d\u00e9passant celles des seuls ing\u00e9nieurs et des architectes, qui s\u2019investirent dans ce nouveau champ de l\u2019urbanisme pour proposer leurs services. La mise en \u0153uvre de la loi Cornudet fut laborieuse, mais servit de laboratoire pour d\u00e9finir des pratiques nouvelles en mati\u00e8re d\u2019urbanisme. En ce domaine, tout \u00e9tait \u00e0 inventer ou presque, autour de d\u00e9marches faisant appel \u00e0 des disciplines diverses, (histoire, g\u00e9ographie, sociologie, sciences politiques, droit\u2026). Mais la question majeure \u00e9tait celle des p\u00e9rim\u00e8tres de planification lorsque les projets concernaient une v\u00e9ritable r\u00e9gion urbaine en formation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5 style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">L\u2019urbanisme devient discipline<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Les militants de l\u2019urbanisme obtinrent la cr\u00e9ation d\u2019un enseignement sp\u00e9cifique d\u2019urbanisme, confi\u00e9 en 1924 \u00e0 l\u2019Institut d\u2019urbanisme de l\u2019universit\u00e9 de Paris, associant professionnels, enseignement sup\u00e9rieur et recherche scientifique. 415 th\u00e8ses y furent soutenues jusqu\u2019en 1968, tandis qu\u2019une revue sp\u00e9cialis\u00e9e, <em>La Vie urbaine<\/em>, assurait la diffusion de ces savoirs.<\/span><\/p>\n<h5 style=\"padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Zoom sur&#8230;<\/span><\/h5>\n<p style=\"padding-left: 60px\"><a href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/MARCONIS_R._D_Haussmann_a_Delouvrier.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>D\u2019Haussmann \u00e0 Delouvrier : l\u2019agglom\u00e9ration parisienne, laboratoire de la planification urbaine en France<\/em><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: left\">Vers des outils d\u00e9di\u00e9s<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Apr\u00e8s plusieurs exercices (plan Prost de 1939, Plan d\u2019am\u00e9nagement et d\u2019organisation g\u00e9n\u00e9rale de la r\u00e9gion parisienne de 1960), le Sch\u00e9ma directeur de la r\u00e9gion de Paris, pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e8s 1964, fut un formidable laboratoire qui permit de tester en vraie grandeur certaines proc\u00e9dures, de nouvelles formes urbaines et des mod\u00e8les d\u2019urbanisation comme les villes nouvelles. D\u00e8s 1967, la loi d\u2019orientation fonci\u00e8re en tirait les le\u00e7ons avec la g\u00e9n\u00e9ralisation, pour les grandes villes de province, de nouveaux documents d\u2019urbanisme r\u00e9gulant l\u2019utilisation des sols (POS) et pr\u00e9parant des outils de planification spatiale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle intercommunale (SDAU). Les grandes m\u00e9tropoles de province, dont les huit m\u00e9tropoles d\u2019\u00e9quilibre d\u00e9sign\u00e9es par la DATAR, devaient en effet relever le d\u00e9fi que leurs imposait l\u2019accueil de nouveaux habitants, d\u2019\u00e9quipements majeurs \u00e0 vocation r\u00e9gionale et d\u2019activit\u00e9s induites par la croissance \u00e9conomique nationale, dont certaines \u00ab\u202fd\u00e9centralis\u00e9es\u202f\u00bb depuis la capitale. Pour chacune, le \u00ab\u202fmod\u00e8le parisien\u202f\u00bb les invitait \u00e0 repenser leur organisation territoriale entre centres anciens, dont il fallait red\u00e9finir la fonction, et p\u00e9riph\u00e9ries qui pouvaient accueillir de vraies villes nouvelles fonctionnelles (Lille-Est, L\u2019Isle-d\u2019Abeau, Le Mirail\u2026), rompant avec le mod\u00e8le de plus en plus contest\u00e9 des \u00ab grands ensembles \u00bb et des ZUP de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. Dans un pays encore tr\u00e8s centralis\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00c9tat et ses services d\u00e9concentr\u00e9s, o\u00f9 les ing\u00e9nieurs jouaient toujours un r\u00f4le majeur, qui ont pilot\u00e9 les nouvelles r\u00e8gles de l\u2019urbanisme, retrouvant sur le terrain des partenaires architectes ou promoteurs, qui avaient acquis des comp\u00e9tences nouvelles en \u00cele-de-France ou dans de grands am\u00e9nagements, comme les stations nouvelles du littoral languedocien. Face \u00e0 eux, les collectivit\u00e9s territoriales avaient alors des comp\u00e9tences et des moyens financiers encore limit\u00e9s, m\u00eame lorsqu\u2019elles se dotaient d\u2019outils nouveaux, comme les ateliers municipaux d\u2019urbanisme ou les agences d\u2019urbanisme\u202f<span id='easy-footnote-6' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-6' title='\u00ab Les agences d\u2019urbanisme en France \u00bb, &lt;em&gt;Territoire en Mouvement&lt;\/em&gt;, 2007.'><sup>6<\/sup><\/a><\/span>, dont beaucoup de cadres \u00e9taient issus des grands corps d\u2019ing\u00e9nieurs. Rares sont les collectivit\u00e9s (Montpellier ?) qui sont parvenues, dans un premier temps, \u00e0 se d\u00e9marquer des mod\u00e8les dominants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Des SDAU aux SCoT : le r\u00f4le des collectivit\u00e9s territoriales<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">La d\u00e9centralisation, la fin des Trente Glorieuses, le d\u00e9sengagement progressif de l\u2019\u00c9tat\u2026 ont-ils remis en cause ces logiques h\u00e9rit\u00e9es d\u2019une longue histoire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">La donne a fondamentalement chang\u00e9. Au moment o\u00f9 la circulaire Guichard mettait fin aux grands ensembles (1973), la politique du logement et la production industrialis\u00e9e de la maison individuelle ont ouvert la porte \u00e0 une nouvelle forme d\u2019urbanisation qui a d\u00e9ferl\u00e9 dans les campagnes, de plus en plus loin des agglom\u00e9rations identifi\u00e9es par la continuit\u00e9 du b\u00e2ti. Elle allait de pair avec l\u2019usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de l\u2019automobile pour les d\u00e9placements quotidiens dans les \u00ab\u202fcouronnes p\u00e9riurbaines\u202f\u00bb. Et cela au moment o\u00f9 la d\u00e9centralisation accordait des comp\u00e9tences nouvelles aux collectivit\u00e9s territoriales. Chaque recensement a permis de mesurer l\u2019ampleur de cet \u00ab\u202f\u00e9talement urbain\u202f\u00bb, imposant \u00e0 l\u2019INSEE de red\u00e9finir ses zonages. La r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019urbanisation est d\u00e9sormais celle des aires urbaines. Comment l\u2019int\u00e9grer dans des p\u00e9rim\u00e8tres institutionnels en utilisant les possibilit\u00e9s ouvertes par les lois sur l\u2019intercommunalit\u00e9 ? Comment la prendre en compte dans la red\u00e9finition des anciens SDAU, tout en prenant en compte les enjeux patrimoniaux, environnementaux et la question du d\u00e9veloppement durable ? La loi SRU (2000) et le(s) \u00ab Grenelle de l\u2019environnement \u00bb (2007-2009) ont permis de faire \u00e9merger un consensus autour des objectifs de \u00ab solidarit\u00e9 \u00bb et de \u00ab renouvellement \u00bb, afin d\u2019enrayer l\u2019\u00e9talement urbain, par le biais, notamment, d\u2019une meilleure articulation entre urbanisme et transports.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Les documents d\u2019urbanisme ont \u00e9t\u00e9 repens\u00e9s en cons\u00e9quence, dans un cadre intercommunal devenu imp\u00e9ratif, mais dont la configuration territoriale pertinente reste difficile \u00e0 d\u00e9finir : l\u2019\u00c9tat n\u2019ayant plus un r\u00f4le de coercition, la d\u00e9cision appartient aux collectivit\u00e9s territoriales, qui ne peuvent ignorer les enjeux de pouvoir et la pression des groupes d\u2019int\u00e9r\u00eats. Les documents d\u2019urbanisme destin\u00e9s \u00e0 planifier les villes et leur d\u00e9veloppement sont devenus plus contraignants\u202f: les SCoT ont remplac\u00e9 les SDAU avec des p\u00e9rim\u00e8tres souvent \u00e9largis, et les POS sont devenus des PLU puis des PLU intercommunaux (PLUi) qui fixent les r\u00e8gles d\u2019utilisation du sol et parfois la programmation de l\u2019habitat ou des d\u00e9placements quand ils sont PLUi-H ou HD&#8230; Quant aux r\u00e9gions, suite \u00e0 la loi NOTRe d\u2019ao\u00fbt 2015, elles doivent d\u00e9sormais \u00e9laborer des SRADDET.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5 style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Revenir sur certains quartiers n\u00e9s de la planification urbaine des ann\u00e9es pass\u00e9es<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">D\u00e8s les ann\u00e9es 1970, les questions sociales \u00e9taient devenues majeures, concentr\u00e9es dans certains quartiers h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019urbanisme collectif des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes : ch\u00f4mage, pr\u00e9carit\u00e9, immigration\u2026 Pour traiter de ces questions, l\u2019\u00c9tat a mis en place une \u00ab politique de la ville \u00bb<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-7' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-7' title='JAZOULI A., REY\u202fH., &lt;em&gt;Pour une histoire de la politique de la ville&lt;\/em&gt;, \u00c9ditions de l\u2019Aube, 2015.'><sup>7<\/sup><\/a><\/span><strong>, <\/strong><span id='easy-footnote-8' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-8' title='\u00ab Quarante ans de politique de la Ville\u202f\u00bb, &lt;em&gt;Urbanisme&lt;\/em&gt;, hors-s\u00e9rie 62, 2017.'><sup>8<\/sup><\/a><\/span> qui a permis un traitement sp\u00e9cifique de ces \u00ab\u202fzones urbaines sensibles \u00bb. Le chemin a \u00e9t\u00e9 long, sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019affirmation d\u2019une politique de \u00ab r\u00e9novation urbaine \u00bb dot\u00e9e de cadres juridiques et de moyens importants avec la cr\u00e9ation de l\u2019ANRU (2004).<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\">Pour mettre en \u0153uvre l\u2019ensemble de ces politiques, le millefeuille institutionnel est devenu de plus en plus complexe, ce qui accro\u00eet la perplexit\u00e9 du citoyen face \u00e0 des processus de d\u00e9cision qui concernent directement le d\u00e9veloppement et l\u2019organisation de son cadre de vie actuel et futur. Tout cela demande du temps, se co-construit et se n\u00e9gocie par le biais de partenariats \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, associant l\u2019\u00c9tat, les diff\u00e9rentes strates de collectivit\u00e9s territoriales et tous les acteurs priv\u00e9s qui \u00ab font la ville \u00bb et sont soumis aux r\u00e8gles de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 <span id='easy-footnote-9' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/la-planification-territoriale-toute-une-histoire\/#easy-footnote-bottom-9' title='HUR\u00c9 M. et &lt;em&gt;al.&lt;\/em&gt;, &lt;em&gt;(Re) penser les politiques urbaines, Retour sur vingt ans d\u2019action publique dans les villes fran\u00e7aises (1995-2015)&lt;\/em&gt;, PUCA, \u00ab\u202fRecherche\u202f\u00bb, 2018.'><sup>9<\/sup><\/a><\/span>. L\u2019enjeu est aussi de clarifier les liens entre les documents de planification \u00e0 port\u00e9e r\u00e9glementaire ou \u00e9labor\u00e9s aux diff\u00e9rentes \u00e9chelles territoriales, leur opposabilit\u00e9, la mise en compatibilit\u00e9 les uns avec les autres\u2026 ce que la loi ELAN de novembre 2018 se propose de faire par ordonnance d\u2019ici 2021.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Un dess(e)in pour le territoire<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Le temps n\u2019est plus o\u00f9 le jeu urbain associait ou opposait ing\u00e9nieurs et architectes. Leurs comp\u00e9tences demeurent essentielles, mais d\u00e9sormais sollicit\u00e9es dans des cadres beaucoup plus divers, afin de trouver \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de chaque territoire des solutions plus sp\u00e9cifiques qui s\u2019affranchissent des grands \u00ab mod\u00e8les \u00bb urbanistiques longtemps impos\u00e9s au plan national par les grands corps de l\u2019\u00c9tat. En ces domaines, les collectivit\u00e9s locales et leurs groupements jouent un r\u00f4le majeur, s\u2019effor\u00e7ant d\u2019\u00e9laborer des \u00ab\u202fprojets de territoire\u202f\u00bb innovants en constituant leurs propres \u00e9quipes de techniciens, tout en veillant \u00e0 leur acceptabilit\u00e9 sociale, car la sanction \u00e9lectorale demeure l\u2019une de leurs pr\u00e9occupations majeures. Les grands projets d\u2019am\u00e9nagement, port\u00e9s par des exercices de planification r\u00e9glementaire ou des projets territoriaux strat\u00e9giques, se construisent dans le temps long, et leur p\u00e9rennit\u00e9, au-del\u00e0 des changements de majorit\u00e9s politiques, passe par la qu\u00eate de consensus. Cela suppose d\u2019y associer \u00e9troitement les citoyens, selon des proc\u00e9dures de concertation dont l\u2019\u00e9ventail n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019\u00e9largir. Mais en mati\u00e8re d\u2019urbanisme, s\u2019exprimant au nom de la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 civile\u202f\u00bb, les citoyens et leurs \u00ab associations \u00bb ont-ils toujours raison ? Dans une d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, les choix majeurs incombent <em>in fine<\/em> aux \u00e9lus, qui arbitrent entre divers projets, port\u00e9s par des \u00e9quipes techniques mobilisant une grande diversit\u00e9 de comp\u00e9tences, ce qui conduit peut-\u00eatre \u00e0 repenser la composition des assembl\u00e9es d\u00e9lib\u00e9rantes, dans les grandes intercommunalit\u00e9s en particulier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5 style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Les projets m\u00e9tropolitains, vers un renouvellement de la planification spatiale\u00a0?<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Depuis la fin du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, certaines m\u00e9tropoles europ\u00e9ennes font appel \u00e0 des \u00e9quipes d\u2019architectes-urbanistes, souvent de renom, pour les accompagner dans la d\u00e9finition de leur projet de territoire. Ces d\u00e9marches prennent la forme de visions ou r\u00e9cits territoriaux tout en s\u2019attachant aussi \u00e0 quelques sites majeurs comme lieux de projets. Il s\u2019agit de d\u00e9passer l\u2019approche uniquement spatiale pour articuler dessein et dessin, en croisant les approches (sociale, \u00e9conomique, paysag\u00e8re), en int\u00e9grant l\u2019ensemble du territoire, en articulant la ville p\u00e9riph\u00e9rique, les tissus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, les fragments de la ville&#8230;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;padding-left: 60px\"><span style=\"color: #808080\">Ces d\u00e9marches se distinguent g\u00e9n\u00e9ralement des exercices formels de planification territoriale sur la forme, puisqu\u2019elles proc\u00e8dent d\u2019engagements volontaires des collectivit\u00e9s, mais surtout sur le fond, car elles proposent des visions contrast\u00e9es du devenir possible ou souhaitable du territoire. Il s\u2019agit moins de travaux visant \u00e0 \u00e9quiper et b\u00e2tir un territoire pour faire face \u00e0 la croissance urbaine et en assurer la modernisation, que de prospectives ouvertes, permettant d\u2019int\u00e9grer le caract\u00e8re impr\u00e9visible de l\u2019avenir et de nourrir le d\u00e9bat. Les deux types d\u2019exercices sont aujourd\u2019hui de plus en plus souvent amen\u00e9s \u00e0 dialoguer. Depuis la loi SRU (PLU-SCoT) qui instaure le Projet d\u2019Am\u00e9nagement et de D\u00e9veloppement Durable (PADD) par exemple, le projet territorial ou m\u00e9tropolitain est pr\u00e9sum\u00e9 tenir compte du PADD, ou venir l\u2019alimenter, selon la temporalit\u00e9 des exercices.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au sein d\u2019agglom\u00e9rations de plus en plus \u00e9tendues et complexes, il n\u2019est pas \u00e9vident de d\u00e9crypter les logiques et les principes qui sous-tendent la r\u00e9alisation de projets multiples contribuant \u00e0 l\u2019extension des espaces urbanis\u00e9s ou \u00e0 leur renouvellement. L\u2019apport des outils de planification n\u2019est en effet pas simple \u00e0 saisir, et le citoyen a l\u2019impression d\u2019un empirisme port\u00e9 par une multitude d\u2019acteurs priv\u00e9s et publics, aux int\u00e9r\u00eats parfois contradic-toires.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2894,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[35],"tags":[36],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2891"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2891"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2891\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3166,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2891\/revisions\/3166"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2894"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2891"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2891"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2891"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}