{"id":2906,"date":"2019-07-31T16:16:34","date_gmt":"2019-07-31T14:16:34","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=2906"},"modified":"2019-09-02T18:03:58","modified_gmt":"2019-09-02T16:03:58","slug":"quand-le-plan-mene-la-danse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/","title":{"rendered":"Quand le plan m\u00e8ne la danse"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"Sur-titre18TexteCourant\" style=\"line-height: 115%;text-align: left\">Ce qu\u2019en dit la litt\u00e9rature en science politique<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Qu\u2019est-ce que planifier veut dire ? Les dictionnaires nous apprennent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00ab\u202forganiser selon un plan d\u00e9termin\u00e9 \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019agir selon une sorte de script m\u00fbrement d\u00e9fini. Le plan auquel le planificateur \u2013 ici les pouvoirs publics \u2013 se plie peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un assemblier du possible et du souhaitable qui s\u2019exprime dans une sorte de <em>vademecum<\/em> organisant les proc\u00e9dures \u00e0 mener, leur calendrier ainsi que les acteurs qui en ont la charge. \u00c9tabli au pr\u00e9sent pour mieux baliser l\u2019avenir, il a \u00e9galement \u00e0 voir avec la question de l\u2019incertitude : planifier, c\u2019est r\u00e9injecter de la coh\u00e9rence et de la certitude face \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements d\u00e9structurants et d\u00e9stabilisants, bref c\u2019est revenir \u00e0 un univers sous ma\u00eetrise.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">On comprend alors que la planification soit une technique ancienne et routini\u00e8re de gouvernement, d\u2019abord appliqu\u00e9e au domaine \u00e9conomique puis g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019am\u00e9nagement du territoire dans les ann\u00e9es 1960. Avec l\u2019apparition r\u00e9cente de la th\u00e9matique des risques environnementaux et climatiques, elle a connu une nouvelle jeunesse. \u00ab Le Plan est la ligne de d\u00e9fense, la r\u00e9ponse structur\u00e9e, pour faire face \u00e0 une crise majeure [\u2026]. Le Plan de crise est en passe de devenir un dispositif autrement plus structurant que par le pass\u00e9, quand le quotidien semble se tisser d\u00e9sormais \u00e0 partir de l\u2019addition d\u2019un grand nombre de plans de toutes natures d\u00e9ploy\u00e9s simultan\u00e9ment.\u202f\u00bb<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-1' title='LAGADEC Patrick, \u00ab La question des plans. Entre points d\u2019appui et pi\u00e8ges strat\u00e9giques\u202f\u00bb, &lt;em&gt;Cahier du D\u00e9partement d\u2019\u00c9conomie de l\u2019\u00c9cole Polytechnique&lt;\/em&gt;, n\u00b0\u202f2009-40, p. 4.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span> Cette toile de plans, si ordinaire dans l\u2019urbanisme aujourd\u2019hui, m\u00e9rite toutefois d\u2019\u00eatre d\u00e9pli\u00e9e et analys\u00e9e. Or de nombreux travaux r\u00e9cents en science politique permettent de voir comment cette logique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la planification influence les conditions de la gouvernance urbaine en France.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Planificateurs en plan<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Comme tout instrument d\u2019action publique, cette planification des enjeux urbains traduit d\u2019abord une certaine philosophie politique<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-2' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-2' title='LASCOUMES Pierre et LE GAL\u00c8S Patrick (dir.), &lt;em&gt;Gouverner par les instruments&lt;\/em&gt;, Paris, Presses de Sciences Po, 2004.'><sup>2<\/sup><\/a><\/span>. Pour la planification des risques, comme les inondations ou les catastrophes industrielles par exemple, c\u2019est la primaut\u00e9, plut\u00f4t souhait\u00e9e qu\u2019effective d\u2019ailleurs, de l\u2019\u00c9tat qui ressort \u2013 renvoyant ici \u00e0 son p\u00e9rim\u00e8tre r\u00e9galien ultime (assurer la protection des biens et des personnes et coordonner les op\u00e9rations de s\u00e9curit\u00e9). Mais pour les questions plus ordinaires que les urbanistes traitent (d\u00e9placements, logement, am\u00e9nagement de l\u2019espace, loisirs, gestion des r\u00e9serves fonci\u00e8res, etc.), c\u2019est une autre logique de d\u00e9politisation et de technicisation qui transpara\u00eet. Pour Gilles Pinson, les villes europ\u00e9ennes sont d\u00e9sormais gouvern\u00e9es \u00ab\u202fpar projet \u00bb<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-3' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-3' title='PINSON Gilles, &lt;em&gt;Gouverner la ville par projet. Urbanisme et gouvernance des villes europ\u00e9ennes&lt;\/em&gt;, Paris, Presses de Sciences Po, 2009.'><sup>3<\/sup><\/a><\/span>. Par ce terme (qui concurrence de plus en plus celui de plan), il entend \u00e0 la fois qu\u2019elles ont su s\u2019\u00e9manciper de la tutelle jusqu\u2019alors \u00e9crasante des \u00c9tats centraux, mais surtout qu\u2019elles se pensent et s\u2019administrent selon des strat\u00e9gies plus adapt\u00e9es, pragmatiques, proactives et partag\u00e9es. \u00c0 le lire, la gouvernance urbaine traduit surtout une transformation plus g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019action publique, nagu\u00e8re \u00ab\u202fsubstantielle\u202f\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire enti\u00e8rement tourn\u00e9e vers la d\u00e9finition d\u2019une norme que les pouvoirs publics feront respecter), et d\u00e9sormais de plus en plus \u00ab\u202fprocessuelle\u202f\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire born\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir des r\u00e8gles du jeu pour que d\u2019autres acteurs, comme les collectivit\u00e9s territoriales, les entreprises ou les associations puissent r\u00e9soudre ensemble les probl\u00e8mes auxquels ils sont confront\u00e9s). Autre grand changement contextuel, cette nouvelle action publique urbaine est maintenant multiscalaire, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle se d\u00e9ploie sur plusieurs \u00e9chelles, dont chacune doit s\u2019articuler aux autres, de la plus locale (souvent la commune, parfois m\u00eame le quartier) \u00e0 la plus globale (souvent l\u2019Union europ\u00e9enne, parfois m\u00eame la plan\u00e8te). Cette logique de poup\u00e9es gigognes entra\u00eene alors une exigence de coh\u00e9rence entre les plans qui se fixent \u00e0 ces diff\u00e9rents niveaux, renfor\u00e7ant ainsi l\u2019aspect tr\u00e8s proc\u00e9dural de ces documents. Autre cons\u00e9quence, l\u2019aspect tr\u00e8s chronophage de l\u2019activit\u00e9 planificatrice doit \u00e9galement \u00eatre mis en exergue puisque chaque plan doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9, mis en \u0153uvre, r\u00e9vis\u00e9 pour \u00eatre ult\u00e9rieurement remis en \u0153uvre et ce, sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations qui s\u2019encha\u00eenent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ances fixes (essentiellement quinquennales). Pour les agents qui en sont en charge, les calendriers se bousculent et colonisent leur activit\u00e9, comme le montre l\u2019exemple de la lutte contre la pollution atmosph\u00e9rique \u00e0 Toulouse (encadr\u00e9).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h5><span style=\"color: #808080\">La planification de la question atmosph\u00e9rique \u00e0 Toulouse<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: left\"><span style=\"color: #808080\">Depuis la loi LAURE de 1996 et en passant par le Grenelle de l\u2019environnement, de nombreux instruments ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s pour prendre en compte la qualit\u00e9 de l\u2019air au sein des dispositifs de planification urbaine (PPA, PDU, PCET, SRCAE, ZAPA\u2026). Les acteurs interrog\u00e9s dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 2015 \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019ADEME sur la prise en compte de la pollution atmosph\u00e9rique \u00e0 Toulouse constatent, certes, cette inflation normative qui a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la reconnaissance de cet enjeu, mais y voient \u00e9galement une source de tensions dans leur activit\u00e9 quotidienne. Ainsi, l\u2019encha\u00eenement, la saturation et l\u2019articulation probl\u00e9matique des plans sont soulign\u00e9s par nombre d\u2019entre eux, souvent avec la m\u00e9taphore des \u00ab\u202fcouches\u202f\u00bb\u202f:\u202f\u00ab\u202f<em>Il y a un peu des r\u00e9ticences \u00e0 tous ces plans car quand m\u00eame depuis 2010 on s\u2019en est pris des tartines de plans. M\u00eame les sch\u00e9mas, SRCAE, PCET. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 compliqu\u00e9 et ils nous rajoutent une couche.<\/em> \u00bb Pour ces divers acteurs interrog\u00e9s, la politique relative \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019air semble m\u00eame parfois relever de l\u2019artifice ou, plut\u00f4t, de l\u2019exercice impos\u00e9 sur la forme, alors que, sur le fond, les difficult\u00e9s l\u2019emportent. Un agent pointe du doigt \u00ab <em>la mouvance des r\u00e9glementations [&#8230;] ces \u00e9volutions sont un peu contraignantes [\u2026] surtout quand il y a des reculades sur certains sujets<\/em> \u00bb. Qui plus est, \u00ab <em>l\u2019empilement des proc\u00e9dures, l\u2019empilement des contraintes, l\u2019empilement des normes, des objectifs, que ce soit thermiques, constructifs, s\u00e9curit\u00e9 incendie, ressources\u2026 apportent parfois des contradictions, qui sont difficiles \u00e0 g\u00e9rer en termes r\u00e9glementaires<\/em> \u00bb.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\">Les plans s\u2019imposent en effet beaucoup aux planificateurs. Ils tendent \u00e0 v\u00e9hiculer une certaine repr\u00e9sentation du probl\u00e8me auquel ils sont d\u00e9di\u00e9s, amenant ainsi \u00e0 s\u00e9lectionner telles ou telles ressources ou corps de savoir pour l\u2019objectiver, et surtout, contraignant les m\u00e9thodes choisies pour le r\u00e9soudre. Ainsi, face aux enjeux de plus en plus \u00ab\u202fcollectifs \u00bb qui se nouent dans les villes, l\u2019ancien dirigisme de l\u2019urbanisme \u00e9tatique classique laisse la place \u00e0 une v\u00e9ritable ma\u00efeutique selon laquelle les parties prenantes (riverains, industriels, \u00e9lus, administratifs et techniciens) peuvent, ensemble, accoucher de solutions optimales. C\u2019est la fin du <em>top-down <\/em>et la cons\u00e9cration du <em>bottom-up<\/em>. Apparaissent alors de nouvelles comp\u00e9tences dans les m\u00e9tiers de l\u2019urbanisme (enqu\u00eates in situ, data visualisation, animation de dispositifs d\u00e9lib\u00e9ratifs\u2026), ainsi que de nouvelles formations pour en attester (comme le master APTER d\u00e9crit dans ce num\u00e9ro). Mais cette logique d\u2019ouverture ne se fait pas au prix d\u2019une simplification des proc\u00e9dures : la technicit\u00e9 des documents demeure, et les savoirs qui pr\u00e9sident \u00e0 la d\u00e9finition comme \u00e0 la mise en \u0153uvre des plans restent extr\u00eamement s\u00e9lectifs.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Des trous noirs du pouvoir ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Est-ce \u00e0 dire que le politique, entendu comme la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des choix engageant la collectivit\u00e9, se dilue dans cette technicit\u00e9 du plan ? Il faut en fait reconsid\u00e9rer cette question du pouvoir politique et acter sa transformation. Pierre Lascoumes et Dominique Lorrain avancent \u00e0 ce sujet l\u2019id\u00e9e de \u00ab trous noirs du politique \u00bb<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-4' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-4' title='LASCOUMES Pierre et LORRAIN Dominique, \u00ab Trous noirs du pouvoir. Les interm\u00e9diaires de l\u2019action publique\u202f\u00bb, &lt;em&gt;Sociologie du travail&lt;\/em&gt;, n\u00b0 49, 2007, p. 1-9.'><sup>4<\/sup><\/a><\/span>. Le terme, emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019astrophysique, vise en effet \u00e0 d\u00e9signer des acteurs et les institutions multiples qui, au-del\u00e0 d\u2019un r\u00f4le technique qui leur assure une place incontournable dans la conduite des politiques publiques, constituent de nouveaux lieux de pouvoir du monde contemporain, au sens o\u00f9 ils ont la capacit\u00e9 d\u2019orienter le comportement des autres par la contrainte et l\u2019influence. Or, malgr\u00e9 leurs pr\u00e9rogatives importantes, ces acteurs restent secrets car positionn\u00e9s dans des zones d\u2019ombre. Leur pouvoir politique, notamment la d\u00e9tention de la ressource de l\u2019information, est en effet au prix de cette discr\u00e9tion.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Or c\u2019est bien ce que l\u2019on semble observer concernant la gouvernance urbaine. S\u2019y d\u00e9ploie en effet une inflation des ar\u00e8nes et des institutions dans lesquelles les options et les strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement urbain sont \u00e9valu\u00e9es, mais celles-ci fonctionnent encore malheureusement souvent \u00e0 bas bruit social et en vase clos<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-5' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-5' title='DOUILLET Anne-C\u00e9cile et LEFEBVRE R\u00e9mi, &lt;em&gt;Sociologie politique du pouvoir local&lt;\/em&gt;, Paris, Armand Colin, 2017.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span>. \u00c0 travers des cercles d\u2019experts comme les bureaux d\u2019\u00e9tudes ou les r\u00e9seaux consulaires, mais aussi des groupes plus ouverts comme les Codev, c\u2019est plus un renforcement du r\u00f4le invisible des experts qui s\u2019affirme et qui d\u00e9mon\u00e9tise la promesse d\u2019une d\u00e9mocratie urbaine participative. D\u2019ailleurs, m\u00eame les entreprises de contestation des plans d\u2019urbanisme que portent certains riverains empruntent \u00e9galement ce langage de la technique et de l\u2019expertise pointue, souvent au d\u00e9triment de consid\u00e9rations plus id\u00e9ologiques<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-6' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-6' title='NEZ H\u00e9lo\u00efse, &lt;em&gt;Urbanisme : la parole citoyenne&lt;\/em&gt;, \u00c9ditions Le Bord de l\u2019Eau, 2015.'><sup>6<\/sup><\/a><\/span>. Finalement, en d\u00e9pit des injonctions \u00e0 la gouvernance, \u00e0 l\u2019horizontalit\u00e9 et \u00e0 la co-construction, le gouvernement des villes reste tiss\u00e9 de relations de pouvoir. Pour Renaud Epstein, se met ainsi en place \u00e0 travers la probl\u00e9matique de la r\u00e9novation urbaine un \u00ab\u202fgouvernement \u00e0 distance\u202f\u00bb, entre l\u2019\u00c9tat central et les territoires<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-7' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-7' title='EPSTEIN Renaud, &lt;em&gt;La r\u00e9novation urbaine. D\u00e9molition-reconstruction de l\u2019\u00c9tat&lt;\/em&gt;, Les Presses de Sciences Po, 2013.'><sup>7<\/sup><\/a><\/span>. Il parle notamment d\u2019un processus de \u00ab\u202fd\u00e9molition\/reconstruction\u202f\u00bb de l\u2019\u00c9tat, par lequel ce dernier (surtout dans son volet minist\u00e9riel plus qu\u2019administratif) renforce son pouvoir de contr\u00f4le tout en l\u2019invisibilisant par des plans, des cahiers des charges, des consid\u00e9rations techniques, et en laissant les acteurs locaux agir \u00e0 sa place. Bas\u00e9 sur la mise en concurrence entre des territoires, ce type de gouvernement renvoie tout particuli\u00e8rement \u00e0 la forme n\u00e9olib\u00e9rale qui caract\u00e9rise de plus en plus l\u2019action publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Quelques exemples de maires am\u00e9nageurs, comme celui de Georges Fr\u00eache analys\u00e9 dans ce num\u00e9ro, montrent toutefois la r\u00e9silience du leadership politique<strong>\u202f<\/strong><span id='easy-footnote-8' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-plan-mene-la-danse\/#easy-footnote-bottom-8' title='SMITH Andy et SORBETS Claude (dir.), &lt;em&gt;Le Leadership politique et le territoire. Les cadres d\u2019analyse en d\u00e9bat&lt;\/em&gt;, PUR, 2003.'><sup>8<\/sup><\/a><\/span>. Les dispositifs r\u00e9glementaires et leurs injonctions techniques peuvent en effet \u00eatre ajust\u00e9s \u00e0 une vision politique, lorsqu\u2019elle est clairement d\u00e9gag\u00e9e et partag\u00e9e. Seule cette derni\u00e8re peut contribuer \u00e0 d\u00e9cloisonner les logiques toujours sp\u00e9cifiques qui s\u00e9parent les divers acteurs qui planifient la ville.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019est-ce que planifier veut dire ? Les dictionnaires nous apprennent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00ab\u202forganiser selon un plan d\u00e9termin\u00e9 \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019agir selon une sorte de script m\u00fbrement d\u00e9fini. Le plan auquel le planificateur \u2013 ici les pouvoirs publics \u2013 se plie peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un assemblier du possible et du souhaitable qui s\u2019exprime dans une sorte de vademecum organisant les proc\u00e9dures \u00e0 mener, leur calendrier ainsi que les acteurs qui en ont la charge. \u00c9tabli au pr\u00e9sent pour mieux baliser l\u2019avenir, il a \u00e9galement \u00e0 voir avec la question de l\u2019incertitude : planifier, c\u2019est r\u00e9injecter de la coh\u00e9rence et de la certitude face \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements d\u00e9structurants et d\u00e9stabilisants, bref c\u2019est revenir \u00e0 un univers sous ma\u00eetrise.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2907,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[35],"tags":[36],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2906"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2906"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2906\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3002,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2906\/revisions\/3002"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2907"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}