{"id":303,"date":"2016-12-06T14:51:17","date_gmt":"2016-12-06T13:51:17","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=303"},"modified":"2018-02-07T11:45:21","modified_gmt":"2018-02-07T10:45:21","slug":"des-metropoles-certes-robustes-mais-non-depourvues-de-fragilites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/des-metropoles-certes-robustes-mais-non-depourvues-de-fragilites\/","title":{"rendered":"Des m\u00e9tropoles certes robustes, mais non d\u00e9pourvues de fragilit\u00e9s\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N0\/Robustesse_&amp;_Fragilite_BelvedeR_n0.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<p class=\"lienContenuAdditionnel\"><a href=\"#contenuAdditionnel\">Voir le contenu additionnel<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Marie-Christine JAILLET,<br \/>\n<\/strong>Directrice de recherche au CNRS, membre du LISST &#8211; CIEU<br \/>\nUniversit\u00e9 Toulouse\u00a0II &#8211; Jean Jaur\u00e8s<\/em><strong><br \/>\n<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>En France, si l\u2019\u00e9mergence des m\u00e9tropoles a \u00e9t\u00e9 confort\u00e9e pour favoriser le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la m\u00e9tropolisation pose de nouveaux enjeux qui conduisent \u00e0 interroger nos grilles de lecture du fait urbain.<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement des m\u00e9tropoles a \u00e9t\u00e9 fortement soutenu par l\u2019action publique\u00a0: creuset de l\u2019innovation et de l\u2019\u00e9conomie de la connaissance, elles d\u00e9tiendraient les cl\u00e9s de la croissance. Pour aussi robustes qu\u2019elles soient, elles ne sont n\u00e9anmoins pas \u00e0 l\u2019abri de catastrophes, naturelles ou industrielles, de pannes des syst\u00e8mes sociotechniques qui les administrent et les r\u00e9gulent, ou d\u2019un retournement de conjoncture \u00e9conomique. Elles ne sont pas non plus exemptes de fragilit\u00e9s, qu\u2019elles s\u2019expriment par l\u2019aggravation des s\u00e9gr\u00e9gations ou par le creusement des in\u00e9galit\u00e9s. Celles-ci ne tiennent pas seulement aux in\u00e9galit\u00e9s de richesse, mais au fait qu\u2019il faut ma\u00eetriser les codes de l\u2019univers m\u00e9tropolitain pour en saisir les opportunit\u00e9s. La m\u00e9tropolisation accro\u00eet sans aucun doute les ressources de toute nature que les villes peuvent mettre \u00e0 disposition de leurs habitants en mati\u00e8re d\u2019emplois, de logements, de services, d\u2019\u00e9quipements, de loisirs, de rencontres, de sociabilit\u00e9s\u2026 Mais elle ne leur en d\u00e9livre pas le mode d\u2019emploi.<\/p>\n<h3>Des m\u00e9tropoles attractives pour tous<\/h3>\n<p>La m\u00e9tropole pourrait s\u2019appr\u00e9cier comme le creuset \u00ab\u2009id\u00e9al\u2009\u00bb de cette soci\u00e9t\u00e9 d\u2019individus qui caract\u00e9rise le monde social d\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 m\u00eame de tisser leur vie \u00e0 partir de leurs d\u00e9sirs et de leurs projets. Mais entre cette \u00ab\u2009utopie\u2009\u00bb et la r\u00e9alit\u00e9, il y a l\u2019\u00e9paisseur des in\u00e9galit\u00e9s sociales. Certains, disposant de l\u2019ensemble des ressources et comp\u00e9tences n\u00e9cessaires, mon\u00e9taires et sociales, sont en capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre pleinement \u00e0 l\u2019aise et dans le rythme de la m\u00e9tropole. D\u2019autres, qui en sont moins pourvus, sont n\u00e9anmoins en situation de pouvoir y organiser correctement leur vie, quand d\u2019autres peinent \u00e0 y faire leur place et en sont r\u00e9duits \u00e0 occuper ses marges, ou pour les nouveaux migrants, ses interstices. Comment l\u2019action publique peut-elle, dans le m\u00eame temps, s\u2019attacher \u00e0 am\u00e9liorer le niveau de ressources mis \u00e0 disposition des habitants et surtout travailler \u00e0 ce qu\u2019ils soient en capacit\u00e9 de s\u2019en saisir\u2009? Mais la question des in\u00e9galit\u00e9s et de leur accroissement interroge \u00e9galement les politiques urbaines autrement. Dans le cadre d\u2019une comp\u00e9tition g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, les m\u00e9tropoles cherchent \u00e0 accro\u00eetre leur attractivit\u00e9 pour faire venir \u00e0 elles entreprises, activit\u00e9s, chercheurs, d\u00e9veloppeurs, artistes, ing\u00e9nieurs, \u00e9tudiants&#8230;<\/p>\n<p>Ces politiques qui visent \u00e0 leur permettre, par de grands am\u00e9nagements et des projets \u00ab\u2009structurants\u2009\u00bb, de renforcer leurs atouts et am\u00e9nit\u00e9s, aboutissent aussi \u00e0 un rench\u00e9rissement des march\u00e9s urbains qui amplifie les processus de tri interne des populations urbaines\u00a0: certaines ont les moyens de s\u2019installer en ville tandis que d\u2019autres sont rejet\u00e9es de fait vers les p\u00e9riph\u00e9ries. Est-il possible de d\u00e9passer cette contradiction pour que les espaces centraux de la m\u00e9tropole restent habitables par tous\u2009? Comment contenir les processus d\u2019\u00e9litisation \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u2009? Comment \u00e9viter que la place faite aux couches moyennes et populaires ne se r\u00e9tracte et ne se p\u00e9riph\u00e9rise in\u00e9luctablement\u2009?<\/p>\n<h3>Comprendre et penser la \u00ab\u2009ville passante\u2009\u00bb<\/h3>\n<p>Il existe aussi d\u2019autres formes de fragilit\u00e9, plus discr\u00e8tes, qui tiennent \u00e0 la force des mobilit\u00e9s individuelles dont les m\u00e9tropoles sont l\u2019objet. Il ne s\u2019agit pas ici des d\u00e9placements quotidiens engendr\u00e9s par les activit\u00e9s de leurs habitants, mais des mobilit\u00e9s qui participent du renouvellement constant de leur peuplement\u00a0: les m\u00e9tropoles fonctionnent en effet un peu comme des \u00ab\u2009plaques tournantes\u2009\u00bb travers\u00e9es d\u2019une part par des flux continus d\u2019entr\u00e9es et de sorties (dont le solde migratoire rend compte de mani\u00e8re bien imparfaite) et d\u2019autre part par des flux internes li\u00e9s aux changements de localisation r\u00e9sidentielle. Ces circulations incessantes font cohabiter dans la m\u00e9tropole des m\u00e9nages inscrits dans des temporalit\u00e9s et des trajectoires diff\u00e9rentes. Or, les acteurs de la ville, professionnels de l\u2019urbain ou \u00e9lus, \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 penser et fabriquer la \u00ab\u2009ville passante\u2009\u00bb, celles des mobilit\u00e9s, du renouvellement, de l\u2019instabilit\u00e9. Fabriquer la ville en privil\u00e9giant la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019ancrage, l\u2019enracinement, c\u2019est proposer un cadre pour partie inappropri\u00e9. Penser la ville du mouvement suppose de d\u00e9sindexer les cadres de la vie sociale du seul territoire, et a fortiori du seul territoire de la proximit\u00e9. Et l\u2019exercice est d\u2019autant plus difficile que les enjeux environnementaux ont \u00e9difi\u00e9 la ville des courtes distances comme un mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence dont la seule traduction op\u00e9rationnelle \u00e0 ce jour reste celle du \u00ab\u2009quartier\u2009\u00bb\u2026 o\u00f9 l\u2019on circule \u00e0 pied, de son logement aux commerces, de l\u2019\u00e9cole \u00e0 la salle de sports, o\u00f9 l\u2019on parle avec ses voisins\u2026<\/p>\n<h4>La question des in\u00e9galit\u00e9s et de leur accroissement interroge \u00e9galement les politiques urbaines autrement<\/h4>\n<p>Difficile, \u00e0 l\u2019heure des r\u00e9seaux, de la d\u00e9mat\u00e9rialisation des flux et d\u2019une partie des interactions sociales, de ne concevoir la m\u00e9tropole que comme une addition de quartiers. Comment \u00e9laborer les projets urbains \u00e0 partir d\u2019un r\u00e9f\u00e9rentiel qui prenne en compte ces nouveaux enjeux\u2009? \u00c0 minima, il convient au pr\u00e9alable de disposer d\u2019une grille de lecture du fait m\u00e9tropolitain capable de le saisir dans ses dynamiques et ses processus. Il n\u2019est pas assur\u00e9 que ce soit encore le cas.<\/p>\n<p><em>Photo mise en avant\u00a0: \u00a9 L. Adolphe<\/em><\/p>\n<h3 id=\"contenuAdditionnel\">Contenu additionnel\u00a0:<\/h3>\n<p>LA M\u00c9TROPOLE EN MUTATION\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.popsu.archi.fr\/popsu2\/toulouse\/presentation-0\">http:\/\/www.popsu.archi.fr\/popsu2\/toulouse\/presentation-0<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En France, si l\u2019\u00e9mergence des m\u00e9tropoles a \u00e9t\u00e9 confort\u00e9e pour favoriser le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, la m\u00e9tropolisation pose de nouveaux enjeux qui conduisent \u00e0 interroger nos grilles de lecture du fait urbain.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":306,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[22],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/303"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=303"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1663,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/303\/revisions\/1663"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}