{"id":3245,"date":"2020-02-05T11:26:41","date_gmt":"2020-02-05T10:26:41","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=3245"},"modified":"2020-02-27T11:42:40","modified_gmt":"2020-02-27T10:42:40","slug":"vers-un-nouvel-hygienisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/","title":{"rendered":"Vers un nouvel hygi\u00e9nisme ?"},"content":{"rendered":"<h2>Pour un renouveau des rapports entre urbanisme et sant\u00e9<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La r\u00e9volution industrielle a concentr\u00e9 dans les villes habitants et travailleurs, dans des conditions mis\u00e9rables et insalubres favorisant le d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9pid\u00e9mies de maladies infectieuses, que la m\u00e9decine de l\u2019\u00e9poque ne parvenait pas \u00e0 endiguer : \u00e9pid\u00e9mies de chol\u00e9ra, variole, rougeole, scarlatine, typho\u00efde&#8230; se r\u00e9pandaient, cr\u00e9ant une v\u00e9ritable crise sanitaire. Face \u00e0 l\u2019impuissance de la m\u00e9decine, les solutions pour lutter contre la propagation des \u00e9pid\u00e9mies vont venir de l\u2019urbanisme, comme pratique d\u2019abord (cit\u00e9s ouvri\u00e8res, grands travaux), comme th\u00e9orie ensuite (mouvement moderne), puis comme discipline (enseignement). Tout au long du XIX<sup>e<\/sup> et d\u00e9but XX<sup>e<\/sup>, la doctrine m\u00e9dicale hygi\u00e9niste va nouer une alliance avec l\u2019urbanisme.<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup>, avant les grandes d\u00e9couvertes de Pasteur (1822-1895), les odeurs pestilentielles et le \u00ab mauvais air \u00bb \u00e9taient accus\u00e9s d\u2019\u00eatre les agents propagateurs de ces infections. Gr\u00e2ce aux travaux de Pasteur et de ses disciples, la microbiologie et la bact\u00e9riologie mettent fin \u00e0 cette \u00ab th\u00e9orie des miasmes \u00bb et \u00e0 la croyance associ\u00e9e, la \u00ab th\u00e9orie de la g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e \u00bb (d\u00e9veloppement spontan\u00e9 des germes sans cause externe). La r\u00e9volution pasteurienne bouleversera la pratique m\u00e9dicale. Les m\u00e9decins hygi\u00e9nistes vont jouer un r\u00f4le politique important durant la III<sup>e<\/sup> R\u00e9publique avec les techniciens et ing\u00e9nieurs municipaux et, plus tard, les urbanistes. L\u2019hygi\u00e9nisme se traduira ainsi dans la l\u00e9gislation sanitaire, puis dans l\u2019urbanisme dont il favorisera la naissance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L\u00e9gislation sanitaire et hygi\u00e9niste<\/h3>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> l\u2019hygi\u00e9nisme a donn\u00e9 lieu \u00e0 une r\u00e9glementation sanitaire (par exemple le d\u00e9cret de 1810 soumettant \u00e0 autorisation administrative les manufactures et ateliers qui r\u00e9pandent une odeur insalubre ou incommode, ou, plus tard, la loi de 1894 du \u00ab tout-\u00e0-l\u2019\u00e9gout \u00bb). Celle-ci a constitu\u00e9 les pr\u00e9mices de la premi\u00e8re grande loi de sant\u00e9 publique en France en 1902, loi qui a cr\u00e9\u00e9 des dispensaires de pr\u00e9vention et des bureaux municipaux d\u2019hygi\u00e8ne s\u2019occupant de la voirie, des \u00e9gouts, de la collecte des d\u00e9chets, de l\u2019identification des \u00eelots insalubres&#8230;<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-1' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-1' title=' Elle ne concerne que les villes de plus de 20 000 habitants. Il faudra attendre 1920 pour avoir un embryon de minist\u00e8re de la Sant\u00e9, appel\u00e9 minist\u00e8re de l\u2019Hygi\u00e8ne, de l\u2019assistance et de la pr\u00e9voyance. '><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Innovations urbanistiques et naissance de l\u2019urbanisme<\/h3>\n<p>Parall\u00e8lement, des exp\u00e9rimentations urbanistiques alternatives ont \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9es : cit\u00e9s ouvri\u00e8res (autour des villes mini\u00e8res), cit\u00e9s utopiques (Phalanst\u00e8re de Fourier, Familist\u00e8re de Guise&#8230;). \u00c0 Paris, d\u00e8s 1853, Haussmann engage de grands travaux publics destin\u00e9s aussi \u00e0 modifier la situation sanitaire de la capitale par des interventions sur l\u2019espace urbain de trois ordres : syst\u00e8me de perc\u00e9es et nouveaux \u00eelots \u00e0 cour dans le but de ventiler et d\u2019a\u00e9rer la ville ; syst\u00e8me de parcs et d\u2019espaces verts pour apporter de l\u2019oxyg\u00e8ne ; r\u00e9seaux d\u2019adduction d\u2019eau et d\u2019\u00e9gouts pour l\u2019assainissement.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re loi d\u2019urbanisme, loi Cornudet (1919-1924), initie l\u2019urbanisme de plan o\u00f9 l\u2019hygi\u00e8ne occupe une place importante. Le premier manuel d\u2019urbanisme est publi\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque et l\u2019Institut d\u2019urbanisme de Paris est cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<p>Ildefons Cerd\u00e0 ( <em>Teor\u00eda General de la Urbanizaci\u00f3n<\/em>, 1867) va th\u00e9oriser l\u2019urbanisme hygi\u00e9niste progressiste en proposant, pour la premi\u00e8re fois, l\u2019<em>\u00eelot ouvert<\/em> avec jardin int\u00e9rieur, qu\u2019il applique \u00e0 son plan de Barcelone. En Angleterre, Ebenezer Howard (<em>Garden Cities of To-morrow<\/em>, 1898), a, quant \u00e0 lui, avanc\u00e9 le mod\u00e8le de cit\u00e9-jardin, combinant les avantages de la ville et de la campagne, d\u2019une taille limit\u00e9e \u00e0 30 000 habitants.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au milieu du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la doctrine hygi\u00e9niste va accompagner le d\u00e9veloppement de l\u2019urbanisation et stimuler les innovations urbanistiques : l\u2019esp\u00e9rance de vie s\u2019allonge de 20 ans.<\/p>\n<p><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_1.png\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-3252 size-full\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_1.png\" alt=\"\" width=\"356\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_1.png 356w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_1-300x168.png 300w\" sizes=\"(max-width: 356px) 100vw, 356px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Les mod\u00e8les urbains du XX<sup>e<\/sup> pour une ville plus saine<\/h3>\n<p>La pr\u00e9occupation sanitaire reste pr\u00e9gnante durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avec trois grands fl\u00e9aux qui continuent de s\u00e9vir en France : la tuberculose avec 150 000 morts par an, la syphilis avec 140 000 et le cancer avec 40 000. En l\u2019absence de solutions th\u00e9rapeutiques \u2013 on connaissait la cause (microbes, virus), mais on n\u2019avait pas encore de vaccins ni d\u2019antibiotiques \u2013 le sanatorium, rem\u00e8de par le soleil et le grand air, restait l\u2019unique traitement contre la tuberculose. Pour endiguer cette \u00ab\u202fpeste blanche\u202f\u00bb, l\u2019urbanisme va \u00e0 nouveau \u00eatre mis \u00e0 contribution en activant le levier hygi\u00e9niste\u202f: faire entrer l\u2019air, le soleil et la lumi\u00e8re partout dans les logis et les espaces collectifs, pour tuer les germes et, pour cela, faire \u00e9clater l\u2019\u00eelot. L\u2019urbanisme progressiste, port\u00e9 par les CIAM (congr\u00e8s internationaux d\u2019architecture moderne, 1928-1956), le Bauhaus (1919-1933), et le mouvement moderne en g\u00e9n\u00e9ral, va faire de l\u2019\u00eelot ouvert, puis des barres s\u00e9par\u00e9es, \u00e9loign\u00e9es des voies, et de l\u2019axe h\u00e9liothermique (orientation), ses principaux instruments, bouleversant la forme urbaine traditionnelle. La charte d\u2019Ath\u00e8nes (1933), manifeste doctrinal des CIAM, va codifier l\u2019ensemble autour de quatre fonctions (habitat, travail, loisirs, circulation) et de la notion de zoning. Elle influencera tout l\u2019urbanisme d\u2019apr\u00e8s-guerre (grands ensembles et r\u00e9novation urbaine). L\u2019\u00e9volution des formes urbaines a donc \u00e9t\u00e9 davantage d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019imp\u00e9ratif sanitaire que par le mode de production industrielle capitaliste.<\/p>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, Frank Lloyd Wright, critiquant les cons\u00e9quences sanitaires n\u00e9fastes de la grande ville am\u00e9ricaine dense, compacte, propose un autre mod\u00e8le diff\u00e9rent de la cit\u00e9-jardin : la ville diffuse (<em>Broadacre City<\/em>, 1934), ville-paysage \u00e9tal\u00e9e dans l\u2019espace, bas\u00e9e sur la voiture individuelle et la maison unifamiliale en s\u00e9rie, o\u00f9 l\u2019urbanisation, dissoute dans la nature, doit offrir aux habitants un environnement plus sain, chacun disposant d\u2019un petit jardin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Le divorce entre l\u2019urbanisme et la sant\u00e9<\/h3>\n<p>La s\u00e9paration entre urbanisme et m\u00e9decine, se produit vers la fin des ann\u00e9es 1960, d\u00e9but 1970, avec la fin des grands ensembles et des ZUP (circulaire Guichard, 1973), embl\u00e9matiques de cet urbanisme. D\u2019une part, la m\u00e9decine, qui a fait des progr\u00e8s fulgurants, s\u2019affranchit de l\u2019espace et de l\u2019environnement ; avec la pharmacologie triomphante on passe au tout th\u00e9rapeutique. D\u2019autre part, l\u2019urbanisme poursuit sa voie en se d\u00e9gageant des pr\u00e9occupations de sant\u00e9 qui ne sont plus de son ressort, pour s\u2019attacher au fonctionnement de la ville, aux flux, \u00e0 la mobilit\u00e9&#8230;, en recherchant de nouveaux mod\u00e8les urbains<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-2' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-2' title=' \u00ab Team X \u00bb, 1960-1981 et, par exemple, Le Mirail \u00e0 Toulouse, termin\u00e9 en 1972, arch\u00e9type de l\u2019urbanisme de dalle. '><sup>2<\/sup><\/a><\/span>. De nouvelles modalit\u00e9s de fabrication de la ville autour de la notion de projet urbain apparaissent plus tard, mettant fin \u00e0 l\u2019urbanisme op\u00e9rationnel \u00e9tatique centralisateur.<\/p>\n<p>Une critique de l\u2019urbanisme hygi\u00e9niste et fonctionnaliste par les sciences sociales se d\u00e9veloppe. On lui reproche son caract\u00e8re moraliste et l\u2019omission des dimensions constitutives de la ville, son urbanit\u00e9, comme la mixit\u00e9, la sociabilit\u00e9, l\u2019espace public, la forme urbaine, l\u2019histoire et le patrimoine&#8230; Avec la prise de conscience de l\u2019importance des flux et de la connectivit\u00e9, l\u2019urbanisme de r\u00e9seaux devient d\u00e9terminant pour la forme des villes nouvelles et de la p\u00e9riurbanisation. La mondialisation, qui impacte la croissance des villes, produit une nouvelle figure urbaine : la m\u00e9tropole (et son processus la m\u00e9tropolisation), indissociable de l\u2019urbanisme strat\u00e9gique avec ses notions de performance, de productivit\u00e9, de concurrence, de marketing urbain dans le nouveau contexte n\u00e9olib\u00e9ral de comp\u00e9tition mondiale, conduisant \u00e0 une fracture territoriale entre m\u00e9tropoles interconnect\u00e9es, qui gagnent, et espaces urbains non m\u00e9tropolitains \u00e0 l\u2019\u00e9cart, en d\u00e9clin. L\u2019imp\u00e9ratif productiviste a supplant\u00e9 l\u2019imp\u00e9ratif sanitaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>L\u2019expansion des maladies chroniques\u202f: pour une nouvelle alliance entre urbanisme et sant\u00e9<\/h3>\n<p>\u00ab <em>L\u2019\u00e9pid\u00e9mie mondiale de maladies chroniques<\/em> \u00bb qui se diffuse aujourd\u2019hui (OMS)<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-3' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-3' title=' &lt;em&gt;Halte \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie mondiale de maladies chroniques&lt;\/em&gt;, OMS, 2006. '><sup>3<\/sup><\/a><\/span>, remet la question sanitaire au-devant de la sc\u00e8ne, interrogeant l\u2019environnement et sa d\u00e9gradation : l\u2019urbanisme est \u00e0 nouveau interpell\u00e9 sur sa responsabilit\u00e9 et sa finalit\u00e9.\u00a0 Des r\u00e9alit\u00e9s rendent compte de cette \u00ab transition \u00e9pid\u00e9miologique \u00bb :<\/p>\n<ul>\n<li>en France, une personne sur trois est concern\u00e9e par une maladie chronique<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-4' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-4' title=' Andr\u00e9 Grimaldi, &lt;em&gt;Les maladies chroniques. Vers la troisi\u00e8me m\u00e9decine&lt;\/em&gt;, Odile Jacob,2017. '><sup>4<\/sup><\/a><\/span> ; le cancer touche 350 000 personnes chaque ann\u00e9e, 2\/3 ont des causes environnementales ; l\u2019\u00e9volution des ALD entre 1990-2015 en t\u00e9moigne ;<\/li>\n<li>depuis 2014, l\u2019esp\u00e9rance de vie stagne en France (INSEE) et on vit en mauvaise sant\u00e9 plus longtemps<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-5' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-5' title=' La Su\u00e8de par exemple a une esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 la France (73 ans pour les hommes contre 62,7 ans, 73,3 pour les femmes contre 64,1). L\u2019UE a introduit l\u2019indicateur d\u2019esp\u00e9rance de vie sans incapacit\u00e9 (EVSI). '><sup>5<\/sup><\/a><\/span>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_3.png\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-3254 size-full\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_3.png\" alt=\"\" width=\"608\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_3.png 608w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_3-300x159.png 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_3-500x265.png 500w\" sizes=\"(max-width: 608px) 100vw, 608px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_4.png\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-3255 size-full\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_4.png\" alt=\"\" width=\"432\" height=\"214\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_4.png 432w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_4-300x149.png 300w\" sizes=\"(max-width: 432px) 100vw, 432px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_2.png\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-3253 size-full\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_2.png\" alt=\"\" width=\"345\" height=\"167\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_2.png 345w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Levy_sch\u00e9ma_2-300x145.png 300w\" sizes=\"(max-width: 345px) 100vw, 345px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une crise sanitaire non dite, qu\u2019on ne veut pas voir. La m\u00e9decine, malgr\u00e9 ses progr\u00e8s \u00e9normes ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, semble impuissante \u00e0 juguler l\u2019explosion des maladies chroniques, dites \u00e9galement maladies de civilisation. Il faut donc revenir au principe de pr\u00e9caution, se tourner \u00e0 nouveau vers la pr\u00e9vention et interroger les facteurs urbains et environnementaux, questionner la ville actuelle, sa forme, sa production, son fonctionnement dans l\u2019origine de cette nouvelle crise sanitaire. Une crise li\u00e9e aussi \u00e0 la crise \u00e9cologique et climatique que nous traversons, et dans laquelle la ville et l\u2019urbanisme ont une grande part de responsabilit\u00e9 : une nouvelle alliance entre urbanisme et sant\u00e9 est \u00e0 (re)trouver. Parmi les nombreux d\u00e9fis sanitaires \u00e0 affronter, on peut relever trois grandes causes dans l\u2019expansion des maladies chroniques li\u00e9es au milieu de vie urbain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La contamination chimique de l\u2019air int\u00e9rieur <\/strong>par les perturbateurs endocriniens (PE) dans les espaces o\u00f9 nous passons 80 % de notre temps. La pollution chimique est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et les PE se trouvent partout (terre, eau, air, alimentation, emballages, bouteilles en plastique, produits d\u2019entretien, cosm\u00e9tiques&#8230;), dans les mat\u00e9riaux de construction (fen\u00eatres et planchers en PVC, moquettes, peintures, isolants, cloisons, meubles&#8230;). Ils affectent la qualit\u00e9 de l\u2019air int\u00e9rieur (logements, \u00e9coles&#8230;) en raison \u00e9galement d\u2019une mauvaise ou insuffisante ventilation. Ils sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019allergies, d\u2019irritations, d\u2019infections, d\u2019intoxications&#8230; ; enfants en bas \u00e2ge et femmes enceintes sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s. Ils expliquent, selon de r\u00e9centes \u00e9tudes, l\u2019augmentation de certains cancers (sein, prostate) et la croissance des probl\u00e8mes d\u2019infertilit\u00e9, d\u2019ob\u00e9sit\u00e9, de diab\u00e8te<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-6' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-6' title=' la Sant\u00e9 publique France a, pour la premi\u00e8re fois, alert\u00e9 sur la pr\u00e9sence de ces polluants du quotidien, que sont les PE, dans l\u2019organisme des Fran\u00e7ais, jug\u00e9s canc\u00e9rog\u00e8nes av\u00e9r\u00e9s ou suspect\u00e9s (enqu\u00eate septembre 2019). '><sup>6<\/sup><\/a><\/span>.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>La contamination de l\u2019air ext\u00e9rieur <\/strong>par les particules fines et tr\u00e8s fines (PM10, PM2.5) dues au chauffage r\u00e9sidentiel et tertiaire et au trafic routier. Cette diffusion de particules nocives pour la sant\u00e9 est favoris\u00e9e par l\u2019urbanisme de r\u00e9seaux et l\u2019\u00e9talement induit des villes qui imposent la multiplication des d\u00e9placements motoris\u00e9s \u00e9nergivores, polluants et responsables des \u00e9missions d\u2019oxydes d\u2019azote. Certaines industries et incin\u00e9rateurs d\u2019ordures participent aussi \u00e0 cette pollution atmosph\u00e9rique. Une \u00e9tude publi\u00e9e en mars 2019<strong><sup>\u202f<\/sup><\/strong><span id='easy-footnote-7' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/vers-un-nouvel-hygienisme\/#easy-footnote-bottom-7' title=' &lt;em&gt;European Heart Journal&lt;\/em&gt;, mars 2019. '><sup>7<\/sup><\/a><\/span> a \u00e9valu\u00e9 67 000 d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s dus aux particules fines en France en 2015 (r\u00e9visant le chiffre de 48 000).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9r\u00e8glement climatique<\/strong>, enfin, caus\u00e9 par les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES) g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la consommation croissante d\u2019\u00e9nergies fossiles n\u00e9cessaires au fonctionnement urbain. L\u2019urbanisme moderne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 par les \u00e9nergies fossiles (charbon puis p\u00e9trole). La ville, dans sa forme, son fonctionnement, son m\u00e9tabolisme, est la principale source d\u2019\u00e9missions de GES (80 % d\u2019\u00e9missions de GES dans le monde). Le GIEC, dans ses rapports successifs, n\u2019a cess\u00e9 d\u2019alerter sur les cons\u00e9quences catastrophiques pour la plan\u00e8te et les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres d\u2019un r\u00e9chauffement climatique qui d\u00e9passerait 2 \u00b0C (limite fix\u00e9e \u00e0 la COP21) \u00e0 la fin du si\u00e8cle. Les effets sanitaires attendus de la crise climatique sont de deux ordres : directs (stress thermique d\u00fb aux canicules, stress d\u00fb aux accidents et \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames, maladies respiratoires&#8230;) et indirects (interactions avec l\u2019environnement entra\u00eenant une d\u00e9gradation des milieux, maladies invasives et vectorielles, allergies&#8230;). En d\u00e9pit des promesses de r\u00e9duction, la croissance des \u00e9missions mondiales de GES se poursuit, entra\u00eenant un r\u00e9chauffement climatique in\u00e9luctable. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une politique de <strong>r\u00e9duction<\/strong> se pose donc aussi la question d\u2019une action d\u2019<strong>adaptation<\/strong> des villes au d\u00e9r\u00e8glement climatique, par un urbanisme dirig\u00e9 contre les \u00eelots de chaleur urbains, les inondations : verdissement, renaturation, d\u00e9sartificialisation des sols, attention port\u00e9e \u00e0 la densit\u00e9, mobilit\u00e9 durable&#8230;\u00a0 Transition urbaine et transition \u00e9nerg\u00e9tique sont indissociables.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tels sont les d\u00e9fis sanitaires auxquels l\u2019urbanisme doit aussi r\u00e9pondre. Toute une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences urbaines va dans ce sens : \u00e9coquartiers, \u00ab <em>villes en transition<\/em> \u00bb, agriculture urbaine, canop\u00e9e urbaine, \u00e9conomie circulaire&#8230; Mais au regard des enjeux, nous en sommes aux balbutiements et la dimension sanitaire est souvent absente. Pour prot\u00e9ger les populations et les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres de l\u2019exposition aux substances chimiques toxiques, aux pollutions de l\u2019air et aux cons\u00e9quences du changement climatique, une v\u00e9ritable politique de transition \u00e9cologique, \u00e9nerg\u00e9tique et urbaine doit \u00eatre engag\u00e9e : les enjeux actuels de sant\u00e9 (pour l\u2019homme et la biodiversit\u00e9) exigent un <em>\u00e9co-urbanisme<\/em> attentif \u00e0 ces questions. \u00c0 l\u2019instar de l\u2019urbanisme hygi\u00e9niste qui a cherch\u00e9 des mod\u00e8les urbanistiques pour pr\u00e9venir et limiter les causes des maladies infectieuses, on doit aujourd\u2019hui, face \u00e0 la nouvelle crise sanitaire, en mobilisant les connaissances d\u00e9velopp\u00e9es par les sciences sociales, \u00e9cologiques, m\u00e9dicales et urbaines, construire un <em>\u00e9co-urbanisme<\/em> avec la sant\u00e9 environnementale pour horizon, en renouant les liens entre urbanisme et sant\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p>L\u00c9VY A., <em>Ville urbanisme et sant\u00e9, Les trois r\u00e9volutions<\/em>, Mutualit\u00e9 fran\u00e7aise\/Pascal, 2012.<\/p>\n<p>CHOAY F., L\u2019<em>Urbanisme, utopies et r\u00e9alit\u00e9s<\/em>, Seuil, 1966.<\/p>\n<p>CICOLELLA A., <em>Toxique plan\u00e8te. Le scandale invisible des maladies chroniques<\/em>, Seuil, 2013.<\/p>\n<p>SERVIGNE P. et STEVENS R.,<em> Comment tout peut s\u2019effondrer<\/em>, Seuil, 2015.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les probl\u00e8mes qui se posent aujourd\u2019hui, avec l\u2019explosion des maladies chroniques, se sont pos\u00e9s, d\u2019une ma-ni\u00e8re plus ou moins similaire, dans le pass\u00e9. Aux causes sociales et urbaines des \u00e9pid\u00e9mies de maladies infec-tieuses du XIXe et d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, l\u2019urbanisme hygi\u00e9niste a voulu apporter ses solutions. Face \u00e0 la crise sanitaire actuelle, ne doit-on pas renouer avec la sant\u00e9 environnementale, soulevant la question d\u2019un nouvel hygi\u00e9nisme ?<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3249,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[37],"tags":[39,38],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3245"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3245"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3245\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3485,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3245\/revisions\/3485"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3249"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}