{"id":362,"date":"2016-12-06T16:15:49","date_gmt":"2016-12-06T15:15:49","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=362"},"modified":"2018-02-16T10:26:42","modified_gmt":"2018-02-16T09:26:42","slug":"entre-action-artistique-et-implication-sociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/entre-action-artistique-et-implication-sociale\/","title":{"rendered":"Entre action artistique et implication sociale"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N0\/Action_artistique_BelvedeR_n0.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<p class=\"lienContenuAdditionnel\"><a href=\"#contenuAdditionnel\">Voir le contenu additionnel<\/a><\/p>\n<h2>Entretien avec\u00a0St\u00e9phane Robert, association CRICAO<\/h2>\n<p><strong>Propos recueillis par\u00a0:<\/strong><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Mariette Si bertin-Blanc,<br \/>\n<\/strong>Ma\u00eetre de conf\u00e9rences en Am\u00e9nagement et Urbanisme, membre du LISST &#8211; CIEU Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II &#8211; Jean Jaur\u00e8s<\/em><strong><br \/>\n<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019origine, la mission principale de l\u2019Association CRICAO \u00e9tait d\u2019accompagner la professionnalisation d\u2019artistes originaires d\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Progressivement, les rencontres et les ressources de la ville de Toulouse ont fait \u00e9voluer ses actions selon une double logique. D\u2019une part un ancrage dans les quartiers toulousains mobilisant artistes et habitants, d\u2019autre part une inscription des projets dans des r\u00e9seaux et partenariats europ\u00e9ens. Entretien avec le responsable d\u2019une association qui jongle avec les \u00e9chelles pour enrichir ses actions artistiques et son implication sociale, entre quartiers, m\u00e9tropole toulousaine et Europe.<\/p>\n<p><strong>Mariette Sibertin-Blanc\u00a0: Les r\u00e9alit\u00e9s urbaines semblent toujours inspirer vos initiatives, y compris avec les \u00e9volutions de vos activit\u00e9s. Est-ce une volont\u00e9\u2009? <\/strong><\/p>\n<p><strong>St\u00e9phane Robert\u00a0:<\/strong> Oui, d\u00e8s le d\u00e9part, le travail que nous menions avec des artistes musiciens venant du Mali ou du S\u00e9n\u00e9gal valorisait leur sensibilit\u00e9 et le rapport au territoire, gr\u00e2ce aux traditions des griots par exemple. \u00c0 l\u2019occasion de nos dix ans, nous avons souhait\u00e9 \u00eatre plus en prise avec un quartier pour mobiliser davantage autour des propositions artistiques\u00a0et toucher les gens dans leur diversit\u00e9, notamment en s\u2019inspirant de la probl\u00e9matique des lieux. Le quartier Saint-Cyprien \u00e9tait tr\u00e8s adapt\u00e9. Les artistes que nous soutenions ont touch\u00e9 facilement un large public et nous avons r\u00e9ussi \u00e0 travailler avec les commer\u00e7ants, \u00e0 investir les espaces publics comme la Place Olivier, \u00e0 impliquer de plus en plus les habitants et d\u2019autres associations. En particulier, la f\u00eate du quartier est un moment important de cette implantation locale.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, nous travaillons toujours \u00e0 Saint-Cyprien, mais aussi dans d\u2019autres quartiers (Bagatelle, Papus, Bordelongue, etc.) et \u00e0 des \u00e9chelles beaucoup plus larges qui impliquent des partenariats avec des villes en Espagne, en Turquie\u2026 ou en voisins avec la Direction de la Culture de Colomiers. Ces actions \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles s\u2019enrichissent mutuellement. Nous sommes tr\u00e8s inspir\u00e9s par le concept de \u00ab\u2009cr\u00e9olisation\u2009\u00bb d\u2019\u00c9douard Glissant valorisant le r\u00e9sultat impr\u00e9visible n\u00e9 de la rencontre des cultures ainsi que par celui de \u00ab\u2009l\u2019identit\u00e9 relation\u2009\u00bb (ou \u00ab\u2009identit\u00e9 rhizome\u2009\u00bb) plut\u00f4t que d\u2019identit\u00e9 racine.<\/p>\n<p><strong>Le substrat toulousain est-il singulier\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>De fait, Toulouse accueille de nombreux artistes d\u2019origines multiples. Par exemple, les artistes africains se sentent bien ici. Il y a une douceur de vivre, des interactions entre communaut\u00e9s qui sont faciles et qui repr\u00e9sentent un certain confort. \u00c0 Paris au contraire, la comp\u00e9tition est tr\u00e8s dure, tout y est tr\u00e8s cher et les projets sont plus difficiles \u00e0 monter. Par exemple, l\u2019artiste Bakh Yaye a enregistr\u00e9 un album Toulouse Dakar qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un double enregistrement ici et \u00e0 Dakar, un beau succ\u00e8s\u2009! Mais, \u00e0 l\u2019image de ce qui se passe \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, certaines tensions deviennent plus perceptibles. Elles sont parfois tr\u00e8s vives par exemple autour de la la\u00efcit\u00e9\u2009! On le constate aussi dans des discours de plus en plus tranch\u00e9s sur les commerces de la rue de la R\u00e9publique. Dans ce sens, la reconnaissance des droits culturels, en particulier dans la loi NOTR e, ouvre une perspective tr\u00e8s prometteuse et conforte la n\u00e9cessaire pluralit\u00e9 culturelle\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_01\">1<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cis\u00e9ment, les droits culturels s\u2019appuient sur une vision ouverte de la culture, dans sa dimension \u00e0 la fois artistique et plus anthropologique. Vos actions y puisent-elles de l\u2019inspiration\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Les projets d\u2019envergure europ\u00e9enne permettent de sortir de l\u2019approche fran\u00e7aise de la culture qui est tr\u00e8s institutionnelle. Dans de nombreux pays, ce qu\u2019impliquent les droits culturels est totalement int\u00e9gr\u00e9. Les id\u00e9es se diffusent, c\u2019est un discours qui est pr\u00e9sent chez les acteurs de la politique de la ville et d\u00e9sormais \u00e9galement de plus en plus au sein de la Direction R\u00e9gionale des Affaires Culturelles. L\u2019Union Europ\u00e9enne et les r\u00e9seaux internationaux apportent des cadres et des r\u00e9f\u00e9rences qui font confiance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, ce qui conforte nos actions (par exemple le projet Tandem Turkey), et apportent des subventions qui peuvent parfois faire d\u00e9faut localement.<\/p>\n<p><strong> En d\u00e9finitive, l\u2019action culturelle contribue-t-elle pleinement au d\u00e9veloppement urbain\u2009?<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Dans le contexte actuel, il est important d\u2019investir des probl\u00e9matiques sociales, civiques et de d\u00e9velopper des projets artistiques qui partent de ce que vivent les gens. Cela demande beaucoup de temps de pr\u00e9paration, de rep\u00e9rage, de rencontres. Dans ce sens, nous assurons des formations pour les services civiques qui permettent d\u2019investir un quartier et de s\u2019appuyer sur la diversit\u00e9 de ses acteurs (culturels, sociaux, \u00e9conomiques) afin de valoriser le d\u00e9veloppement territorial en passant par l\u2019implication citoyenne \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale. Une autre action phare de CRICA O est Katchakatcha\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_02\">2<\/a> (photo). Il s\u2019agit de croiser les savoirs et savoir-faire culinaires des habitants. Nous avons par exemple organis\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 la Reynerie ou encore plus r\u00e9cemment une balade sonore et gustative \u00e0 travers plusieurs quartiers, Le go\u00fbt des voix. Autre exemple, le croisement d\u2019ateliers de cuisine et de sc\u00e9nographie culinaire men\u00e9 par une plasticienne-chercheuse (Delphine Talbot) et une designeuse culinaire (Oriane Deshoui\u00e8res) a cr\u00e9\u00e9 des moments magnifiques d\u2019\u00e9changes. C\u2019\u00e9tait beau\u2009! \u00c0 partir des pratiques des gens, nous alimentons des actions visant l\u2019ouverture au monde. Le prochain Katchakatcha aura lieu en collaboration avec Gaziantep, ville Turque \u00e0 65\u00a0km de la fronti\u00e8re syrienne, qui accueille un grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"notesBasDePage\">\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_01\">1.<\/strong>Selon le philosophe Patrice Meyer-Bisch (Universit\u00e9 de Fribourg),<em> \u00ab\u2009les droits culturels sont des droits de l\u2019homme \u00e0 part enti\u00e8re qui d\u00e9signent le droit \u00e0 l\u2019\u00e9ducation et le droit de participer \u00e0 la vie culturelle. Les droits culturels ne sont pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9, mais au c\u0153ur du syst\u00e8me des droits de l\u2019homme universels, indivisibles et interd\u00e9pendants et ne peuvent par cons\u00e9quent pas \u00eatre invoqu\u00e9s, ni politiquement ni juridiquement, pour restreindre l\u2019application des autres droits fondamentaux. Ils sont actuellement un enjeu majeur et incontournable de la paix sociale reposant \u00e0 la fois sur le respect de la diversit\u00e9 culturelle et des valeurs universelles.\u2009\u00bb <\/em><br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_02\">2.<\/strong>Katchakatcha est une expression utilis\u00e9e au Japon pour d\u00e9finir le bruit fait par l\u2019entrechoquement des couverts lors d\u2019un repas.\n<\/div>\n<p><em>photo mise en avant \u00a9 T. Husson<\/em><\/p>\n<h3 id=\"contenuAdditionnel\">Contenu additionnel\u00a0:<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Association CRICAO\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.cricao.org\/\">http:\/\/www.cricao.org\/<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019origine, la mission principale de l\u2019Association CRICAO \u00e9tait d\u2019accompagner la professionnalisation d\u2019artistes originaires d\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Progressivement, les rencontres et les ressources de la ville de Toulouse ont fait \u00e9voluer ses actions selon une double logique. 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