{"id":365,"date":"2016-12-06T16:26:10","date_gmt":"2016-12-06T15:26:10","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=365"},"modified":"2018-02-07T11:41:07","modified_gmt":"2018-02-07T10:41:07","slug":"les-territoires-du-numerique-au-coeur-des-metropoles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/les-territoires-du-numerique-au-coeur-des-metropoles\/","title":{"rendered":"Les territoires du num\u00e9rique au coeur<br> des m\u00e9tropoles"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N0\/Les territoires_du_numerique_BelvedeR_n0.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<h2>Dynamique et ancrage dans la m\u00e9tropole toulousaine<\/h2>\n<blockquote><p><em><strong>Emmanuel EVENO,<br \/>\n<\/strong>Professeur des universit\u00e9s en g\u00e9ographie, Directeur du LISST &#8211; CIEU Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II &#8211; Jean Jaur\u00e8s<\/em><strong><br \/>\n<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>La g\u00e9ographie de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique est depuis les ann\u00e9es\u00a01960 guid\u00e9e par les politiques nationales d\u2019am\u00e9nagement du territoire. Entre implantation p\u00e9riph\u00e9rique ou en c\u0153ur de ville, la question de la territorialisation du num\u00e9rique interroge le rapport \u00e0 l\u2019urbanit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents types d\u2019espaces qui \u00e9mergent dans la m\u00e9tropole toulousaine autour des start-up du num\u00e9rique illustrent la tension qui existe entre deux logiques d\u2019implantation. D\u2019une part une logique technopolitaine, que l\u2019on pourrait qualifier de centrifuge, et d\u2019autre part celle qui renvoie aux demandes d\u2019am\u00e9nit\u00e9s urbaines des acteurs du num\u00e9rique, demandes plut\u00f4t centrip\u00e8tes, car le plus souvent satisfaites par les centres-villes.<\/p>\n<h3>Tropisme technopolitain<\/h3>\n<p>Dans les premiers temps du d\u00e9ploiement d\u2019une \u00e9conomie fond\u00e9e sur la ressource et les comp\u00e9tences informatiques, \u00e0 partir des ann\u00e9es\u00a01960 donc, ce fut plut\u00f4t la logique technopolitaine qui fut \u00e0 l\u2019honneur. L\u2019informatique \u00e9tait alors consid\u00e9r\u00e9e comme une sp\u00e9cialit\u00e9 li\u00e9e aux mondes de la recherche ou des industries de haute technologie et se logeait dans les espaces d\u00e9di\u00e9s \u00e0 ces activit\u00e9s. Plus particuli\u00e8rement, la logique technopolitaine privil\u00e9gi\u00e9e \u00e9tait celle qui avait \u00e9t\u00e9 capt\u00e9e par les acteurs du sud-est de l\u2019agglom\u00e9ration (autrement dit par le Sicoval). Avec les ann\u00e9es\u00a02000, alors qu\u2019il n\u2019est plus question de parler de secteur informatique, mais de secteur num\u00e9rique, ce tropisme technopolitain semble un temps confort\u00e9 par la politique nationale des p\u00f4les de comp\u00e9titivit\u00e9. Sur plus d\u2019une centaine de p\u00f4les labellis\u00e9s entre 2010 et 2011, Midi-Pyr\u00e9n\u00e9es en obtient en janvier 2011 un d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00ab\u2009\u00c9conomie num\u00e9rique\u2009\u00bb. Il s\u2019installe, naturellement, sur le site de l\u2019Innopole de Lab\u00e8ge qui peut revendiquer le plus grand nombre d\u2019acteurs agissant au sein de la fili\u00e8re et les meilleurs succ\u00e8s. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 coexistent sur le territoire d\u2019autres associations d\u2019acteurs du num\u00e9rique. Certaines sont d\u2019initiative publique, d\u2019autres rel\u00e8vent d\u2019accords entre entrepreneurs et sont l\u2019expression des liens complexes tiss\u00e9s sur ces territoires et entre ces acteurs. Toutefois, cette logique technopolitaine, centrifuge, semble d\u00e9sormais contrebalanc\u00e9e par les\u00a0effets des politiques plus r\u00e9centes au niveau national en mati\u00e8re de stimulation de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique et qui s\u2019incarnent notamment dans les \u00ab\u2009Cantines num\u00e9riques\u2009\u00bb.<\/p>\n<h3>Quartiers num\u00e9riques et reconqu\u00eate des centres-villes<\/h3>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019initiative French Tech continue certes dans la logique des p\u00f4les de comp\u00e9titivit\u00e9 en consacrant le r\u00f4le de \u00ab\u2009fer de lance\u2009\u00bb des m\u00e9tropoles, mais elle innove voire marque une rupture avec les politiques pr\u00e9c\u00e9dentes en ramenant dans les centres-villes les logiques autrefois distribu\u00e9es dans les zones p\u00e9riph\u00e9riques. Les crit\u00e8res de s\u00e9lection des candidatures \u00e0 la labellisation French Tech int\u00e8grent ainsi l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u2009quartier num\u00e9rique\u2009\u00bb qui renvoie \u00e0 un mod\u00e8le d\u2019urbanit\u00e9 qui n\u2019est plus celui des \u00ab&nbsp;antipoles&nbsp;\u00bb et autres \u00ab\u2009technopoles\u2009\u00bb. Dans ces crit\u00e8res, il est notamment question de \u00ab\u2009structurer un territoire\u2009\u00bb ainsi que d\u2019inciter \u00e0 l\u2019installation d\u2019un \u00ab\u2009b\u00e2timent totem\u2009\u00bb qui soit visible et accessible aussi bien aux niveaux international et national qu\u2019aupr\u00e8s des habitants de la m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>L\u2019appr\u00e9ciation du r\u00f4le des Cantines au sein des candidatures French Tech fournit une premi\u00e8re cl\u00e9 int\u00e9ressante pour comprendre ce nouveau tropisme qui semble pousser certains acteurs num\u00e9riques vers la reconqu\u00eate des centres-villes. Ces lieux repr\u00e9sentent en effet des tentatives d\u2019ouverture des acteurs des mondes de la recherche et de la haute technologie vers celui des usagers du num\u00e9rique. Les Cantines, comme d\u2019autres dispositifs tels que les \u00ab\u2009FabLabs\u2009\u00bb par exemple, ont besoin de r\u00e9investir les centres urbains pour essayer de diffuser la \u00ab\u2009culture num\u00e9rique\u2009\u00bb et recruter de nouveaux acteurs, \u00e9ventuellement porteurs de nouvelles dynamiques \u00e9conomiques. Elles sont en effet des lieux qui ont besoin de s\u2019ancrer et de participer aux am\u00e9nit\u00e9s urbaines dans la mesure o\u00f9 ils se destinent \u00e0 l\u2019accueil d\u2019une nouvelle cat\u00e9gorie de travailleurs, ceux dont une partie de l\u2019activit\u00e9 repose sur l\u2019usage du num\u00e9rique et qui, par ailleurs, sont assez souvent en mobilit\u00e9. En m\u00eame temps, \u00e0 l\u2019instar de la Cantine premi\u00e8re du genre (d\u00e8s 2008, dans le quartier du Sentier \u00e0 Paris), elles se veulent foyers de rassemblement de la communaut\u00e9 des travailleurs et des usagers du num\u00e9rique dans les espaces m\u00e9tropolitains. C\u2019est ainsi que ces lieux participent \u00e0 la r\u00e9installation dans les centres-villes d\u2019activit\u00e9s de haute technologie.<\/p>\n<p>\u00c0 Toulouse, en rejoignant le Quai des Savoirs, la \u00ab\u2009Cantine num\u00e9rique\u2009\u00bb s\u2019ancre \u00e0 la fois dans le centre-ville et dans un \u00ab\u2009nouveau quartier\u2009\u00bb d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la \u00ab\u2009soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance\u2009\u00bb, car regroupant le si\u00e8ge de l\u2019Universit\u00e9 F\u00e9d\u00e9rale de Toulouse, des associations de culture scientifique et technique (Science Animation, Les Petits D\u00e9brouillards, Plan\u00e8te Sciences Midi-Pyr\u00e9n\u00e9es, La M\u00eal\u00e9e), des acad\u00e9mies et soci\u00e9t\u00e9s savantes et le Mus\u00e9um d\u2019Histoire Naturelle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La g\u00e9ographie de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique est depuis les ann\u00e9es\u00a01960 guid\u00e9e par les politiques nationales d\u2019am\u00e9nagement du territoire. 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