{"id":4165,"date":"2021-11-26T10:02:49","date_gmt":"2021-11-26T09:02:49","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=4165"},"modified":"2021-11-26T10:29:22","modified_gmt":"2021-11-26T09:29:22","slug":"une-cartographie-des-lieux-culturels-dans-lagglomeration-toulousaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/une-cartographie-des-lieux-culturels-dans-lagglomeration-toulousaine\/","title":{"rendered":"Une cartographie des lieux culturels dans l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">La palette de l\u2019offre culturelle \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine est en partie le r\u00e9sultat d\u2019engagements politiques dont l\u2019histoire r\u00e9cente peut \u00eatre retrac\u00e9e bri\u00e8vement : des investissements importants initi\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 pour combler le manque de grands \u00e9quipements structurants ; un int\u00e9r\u00eat port\u00e9 dans les ann\u00e9es 2000 aux cultures urbaines afin d\u2019accompagner les pratiques \u00e9mergentes ; une volont\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 de repositionner la culture, et plus largement la connaissance, comme levier du d\u00e9veloppement urbain, et m\u00eame de la construction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9tropolitaine <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_4166\" style=\"width: 1081px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB.png\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4166\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4166 size-full\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB.png\" alt=\"\" width=\"1071\" height=\"798\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB.png 1071w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB-300x224.png 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB-768x572.png 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB-1024x763.png 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/SB-500x373.png 500w\" sizes=\"(max-width: 1071px) 100vw, 1071px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4166\" class=\"wp-caption-text\">Typologie des lieux culturels de l&#8217;agglom\u00e9ration toulousaine &#8211; Sources : Basilic 31, IGN, Tiss\u00e9o, AUAT, Toulouse M\u00e9trople \u00a9 AUAT<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Des configurations territoriales et culturelles h\u00e9rit\u00e9es<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Si l\u2019offre culturelle tend ses derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 se rapprocher du standing m\u00e9tropolitain que repr\u00e9sente Toulouse, sa r\u00e9partition sur le territoire r\u00e9v\u00e8le n\u00e9anmoins des disparit\u00e9s h\u00e9rit\u00e9es d\u2019une configuration urbaine longtemps domin\u00e9e par le poids de la ville-centre, alors que la gestion des affaires culturelle \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux communes. Celle de Toulouse concentre aujourd\u2019hui encore la plupart des \u00e9quipements prestigieux, comme le Th\u00e9\u00e2tre national (aujourd\u2019hui Th\u00e9\u00e2tre de la Cit\u00e9), le Conservatoire, l\u2019Orchestre du Capitole, le mus\u00e9e d\u2019Art contemporain des Abattoirs, le Mus\u00e9um d\u2019histoire naturelle ou encore le Z\u00e9nith. \u00c0 cette offre d\u2019\u00e9quipements publics peut s\u2019ajouter celle compos\u00e9e de lieux de taille plus modeste : des centres culturels et des maisons de quartier, mais aussi des lieux priv\u00e9s \u00e0 vocation commerciale (caf\u00e9s-concerts, galeries d\u2019art). Tous n\u2019apparaissent pas sur cette carte, mais leur programmation r\u00e9guli\u00e8re participe de l\u2019attractivit\u00e9 culturelle et festive du centre-ville de Toulouse.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Cette forte concentration de l\u2019offre ne signifie pas pour autant que la culture est absente en p\u00e9riph\u00e9rie, comme en atteste l\u2019\u00e9miettement de lieux polyvalents, tels que les biblioth\u00e8ques, m\u00e9diath\u00e8ques et salles des f\u00eates, d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9servation et aussi souvent \u00e0 la diffusion <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Dans ces lieux, se cristallisent des initiatives municipales ou associatives qui contribuent, pour les communes de banlieue comme pour les communes p\u00e9riurbaines, \u00e0 animer la vie locale et plus largement \u00e0 faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture. Sont \u00e9galement identifi\u00e9s quelques \u00e9quipements d\u2019envergure m\u00e9tropolitaine de par leur rayonnement ou leur r\u00f4le structurant dans certaines disciplines artistiques tels que la Grainerie \u00e0 Balma (nouveaux territoires de l\u2019art), l\u2019Usine \u00e0 Tournefeuille (arts du cirque) ou le Pavillon Blanc Henri Molina \u00e0 Colomiers (m\u00e9diath\u00e8que, centre d\u2019art).<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">La culture permet ainsi de mettre en exergue les rouages d\u2019une agglom\u00e9ration devenue polycentrique mais dont les limites institutionnelles continuent de fragmenter le territoire. Le Bikini \u00e0 Ramonville-Saint-Agne (musiques amplifi\u00e9es) se situe par exemple en dehors du p\u00e9rim\u00e8tre intercommunal de Toulouse.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">La culture pour faire m\u00e9tropole ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Le virage m\u00e9tropolitain amorc\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es t\u00e9moigne pourtant d\u2019avanc\u00e9es significatives en mati\u00e8re de co-construction de la politique culturelle. Les acteurs culturels et artistiques ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s dans le cadre d\u2019une concertation in\u00e9dite organis\u00e9e par les \u00e9lus et techniciens de la Ville de Toulouse. L\u2019objectif \u00e9tait de d\u00e9cloisonner les milieux, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la commune-centre dans un premier temps, afin d\u2019identifier les forces en pr\u00e9sence et de comprendre les lacunes du territoire. De ces rencontres, est n\u00e9 le premier projet culturel de<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Toulouse. Outre l\u2019\u00e9mergence de nouveaux objets de l\u2019action publique, comme la culture scientifique et technique, l\u2019am\u00e9nagement de certains \u00e9quipements vient renforcer des centralit\u00e9s culturelles existantes<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">(le Quai des Savoirs dans le futur quartier des sciences). D\u2019autres s\u2019inscrivent dans une strat\u00e9gie de red\u00e9ploiement de l\u2019offre culturelle afin d\u2019accompagner la croissance urbaine et le d\u00e9veloppement de nouveaux quartiers en p\u00e9riph\u00e9rie de Toulouse (le Metronum \u00e0 Borderouge, la Halle de La Machine \u00e0 Montaudran). Enfin, Toulouse M\u00e9tropole a organis\u00e9 plus r\u00e9cemment le transfert des \u00e9quipes administratives et la mutualisation de comp\u00e9tences en identifiant des \u00e9quipements, des \u00e9v\u00e9nements et des services d\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00e9tropolitain. Si l\u2019ambition est d\u00e9sormais d\u2019\u00e9crire une politique culturelle \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des 37 communes qui composent le territoire, la cartographie des lieux culturels conduit \u00e0 rappeler quelques enjeux que pose aujourd\u2019hui la fabrique m\u00e9tropolitaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Tout d\u2019abord, la culture comme projet de territoire est bien \u00e9videmment une opportunit\u00e9 pour compl\u00e9ter l\u2019offre d\u2019\u00e9quipements, rapprocher les habitants, soutenir des fili\u00e8res \u00e9conomiquement fragiles ou encore \u00e9largir le maillage des territoires pour faire m\u00e9tropole. Mais des arbitrages entre strat\u00e9gies multiples peuvent aussi r\u00e9v\u00e9ler l\u2019existence de tensions entre des logiques d\u2019am\u00e9nagement du territoire et des logiques artistiques, par exemple lorsqu\u2019il s\u2019agit de localiser une salle de concert en p\u00e9riph\u00e9rie alors que les acteurs et les publics de la sc\u00e8ne locale, \u00e0 qui cet \u00e9quipement s\u2019adresse principalement, sont plut\u00f4t tourn\u00e9s vers le centre-ville et son foisonnement de lieux festifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Par ailleurs, la localisation des lieux met en exergue une configuration polycentrique du territoire dont la lecture est ainsi insuffisante pour appr\u00e9hender le fait culturel et urbain dans sa complexit\u00e9. L\u2019observation des acteurs, des pratiques artistiques et plus largement des exp\u00e9riences humaines r\u00e9v\u00e8le par ailleurs des dynamiques qui d\u00e9passent les murs d\u2019un \u00e9quipement ou les limites d\u2019une institution intercommunale, et r\u00e9interrogent, comme pour d\u2019autres champs de la vie urbaine, la compr\u00e9hension du fait m\u00e9tropolitain <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">En effet, ces domaines d\u2019activit\u00e9 s\u2019inscrivent moins dans une logique de territoire que de r\u00e9seaux, de flux et de relations entre acteurs parfois tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s et aux profils bien diff\u00e9rents. Certains d\u2019entre eux ne sont d\u2019ailleurs pas du tout attach\u00e9s \u00e0 un lieu ou \u00e0 un territoire en particulier, et \u00e9chappent alors aux radars des politiques publiques et des cartographes. La question qui se pose ici pour faire m\u00e9tropole n\u2019est donc pas seulement celle du maillage des lieux culturels \u00e0 un bon p\u00e9rim\u00e8tre, et renvoie plus largement \u00e0 la capacit\u00e9 des comp\u00e9tences m\u00e9tropolitaines \u00e0 se doter d\u2019outils appropri\u00e9s pour consid\u00e9rer les transformations du monde de la culture dans le contexte de m\u00e9tropolisation <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> BALTI S., SIBERTIN-BLANC M., \u00ab La connaissance, moteur de la construction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9tropolitaine \u00bb, <em>in Une trajectoire m\u00e9tropolitaine, l\u2019exemple de Toulouse, <\/em>Le Moniteur, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> SIBERTIN-BLANC M., \u00ab Initiatives culturelles et structuration de l\u2019espace m\u00e9tropolitain toulousain \u00bb, <em>in <\/em>AUGUSTIN J.-P.et LEFEBVRE A., <em>Perspectives territoriales pour la culture, <\/em>MSHA, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> BALTI S., \u00ab G\u00e9ographie des musiques amplifi\u00e9es et recompositions territoriales dans l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine \u00bb, <em>G\u00e9ographie et Cultures, <\/em>L\u2019Harmattan, CNRS, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> OFFNER J.-M., <em>M\u00e9tropoles invisibles. Les m\u00e9tropoles au d\u00e9fi de la m\u00e9tropolisation, <\/em>Les conf\u00e9rences POPSU, 2018.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La cartographie des lieux culturels dans l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine r\u00e9v\u00e8le la diversit\u00e9 de l\u2019offre sur le territoire. Celle-ci se mesure au regard des activit\u00e9s (cr\u00e9ation, diffusion, enseignement sup\u00e9rieur, pr\u00e9servation) ou des domaines artistiques et culturels. Derri\u00e8re les points repr\u00e9sent\u00e9s se trouvent \u00e9galement des \u00e9tablissements aux profils bien diff\u00e9rents : des salles de spectacle grand public et d\u2019autres plus intimistes, des espaces ouverts \u00e0 la pratique amateur ou r\u00e9serv\u00e9s aux initi\u00e9s, des \u00e9quipements sp\u00e9cialis\u00e9s mais aussi d\u2019autres polyvalents associant des activit\u00e9s de diffusion, de cr\u00e9ation, de formation ou de production, et plusieurs champs disciplinaires.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4166,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[56],"tags":[],"authors":[{"term_id":62,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"samuel-balti","display_name":"Samuel BALTI"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4165"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4165"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4165\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4174,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4165\/revisions\/4174"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4166"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}