{"id":4182,"date":"2021-11-26T10:04:48","date_gmt":"2021-11-26T09:04:48","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=4182"},"modified":"2021-11-26T10:29:41","modified_gmt":"2021-11-26T09:29:41","slug":"foix-une-petite-ville-singuliere-dans-son-approche-culturelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/foix-une-petite-ville-singuliere-dans-son-approche-culturelle\/","title":{"rendered":"Foix, une petite ville singuli\u00e8re dans son approche culturelle"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: left\">La \u00ab petite ville \u00bb et le d\u00e9veloppement culturel : des partenariats au service d\u2019une ambition affirm\u00e9e<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Foix, \u00e0 l&#8217;image d\u2019autres petites villes, participe du maillage urbain et agit comme un point de rep\u00e8re structurant pour son environnement. L\u2019action culturelle, facteur de diff\u00e9renciation territoriale (Sibertin- Blanc, 2018), distingue particuli\u00e8rement Foix parmi les autres petites villes d\u2019Occitanie. La municipalit\u00e9 et l\u2019agglom\u00e9ration fux\u00e9enne soutiennent le dynamisme d\u2019acteurs associatifs et priv\u00e9s et peuvent compter sur celui-ci. Certains apparaissent d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s ancr\u00e9s dans le paysage culturel local et d\u2019autres, plus r\u00e9cents dans le paysage fux\u00e9en, oeuvrent tout autant en \u00e9tant force de proposition et d\u2019implication dans la vie locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">En 2018, Foix et ses partenaires ont sign\u00e9 la convention-cadre Action coeur de ville (ACV) autour de cinq axes strat\u00e9giques, dont la mise en valeur des formes urbaines, de l\u2019espace public et du patrimoine. Ce regain d\u2019attention de la part de l\u2019\u00c9tat envers les petites villes, incarn\u00e9 \u00e9galement par le programme Petites villes de Demain, donne de nouvelles opportunit\u00e9s \u00e0 ces territoires, \u00e0 la recherche de leviers pour leur d\u00e9veloppement local. La culture s\u2019inscrit v\u00e9ritablement dans le projet collectif de ce territoire \u00e0 <em>\u00ab taille humaine \u00bb<\/em>, permettant des rapprochements entre diff\u00e9rents types d\u2019acteurs, g\u00e9n\u00e9rateurs de transformations et stimulant la vitalit\u00e9 culturelle. Cette volont\u00e9 politique affirm\u00e9e s\u2019incarne dans le nouveau projet de territoire de l\u2019intercommunalit\u00e9, pla\u00e7ant la culture au coeur du d\u00e9veloppement urbain et social de la ville.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Du public cible \u00e0 l\u2019acteur-ressource : la jeunesse au coeur des initiatives culturelles<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Dans le cadre de la politique intercommunale et d\u2019ACV, le nouveau p\u00f4le jeunesse collaboratif anim\u00e9 par le PAAJIP <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> met en oeuvre la politique jeunesse du territoire, dont une partie largement transverse avec la culture. Cette structure associative est issue d\u2019un long h\u00e9ritage d\u2019\u00e9ducation populaire. Encore en construction aujourd\u2019hui, elle a vu sa localisation soigneusement choisie \u00e0 proximit\u00e9 directe des \u00e9quipements culturels structurants pour le territoire que sont la Sc\u00e8ne Nationale de l\u2019Estive, la m\u00e9diath\u00e8que, l\u2019\u00e9cole de musique intercommunale (futur conservatoire), le futur cin\u00e9ma d\u2019art et d\u2019essai (\u00e9galement soutenu dans le cadre d\u2019ACV), ou encore le skatepark. Le projet s\u2019inscrit dans une volont\u00e9 politique forte de cr\u00e9er des passerelles entre ces espaces, bien identifi\u00e9s aussi dans la politique mobilit\u00e9. Avec le nouveau p\u00f4le jeunesse, se lie aussi une multitude de partenaires, dont l\u2019association Art\u2019Cade, partenaire culturel historique. Labellis\u00e9e SMAC <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> en 2018, op\u00e9rateur phare des musiques actuelles en Ari\u00e8ge, Art\u2019Cade articule son projet artistique et culturel autour<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">de r\u00e9sidences d\u2019artistes, de programmation de concerts tout au long de l\u2019ann\u00e9e, mais aussi d\u2019actions culturelles en direction de tous les publics. Les pratiques artistiques et culturelles sont donc au coeur du projet du p\u00f4le jeunesse : expression musicale et artistique, p\u00e9pini\u00e8re d\u2019associations, volont\u00e9 de favoriser l\u2019usage de l\u2019espace public par la jeunesse et de faire \u00e9merger de nouvelles formes d\u2019expression et de cr\u00e9ation\u2026 Autant de projets pour que se cr\u00e9ent des synergies entre les jeunes et le territoire fux\u00e9en, sans jamais oublier la question de leur encapacitation.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Acteur associatif toujours, mais plus r\u00e9cent dans l\u2019histoire locale, La Limonaderie, elle, est une actrice culturelle locale promouvant le d\u00e9veloppement des arts de la rue et du spectacle vivant. \u00c0 la fois tiers-lieu, espace de coworking, lieu de spectacles et r\u00e9sidence d\u2019artistes, elle propose une offre compl\u00e9mentaire \u00e0 celle de l\u2019Estive, davantage <em>\u00ab populaire et refl\u00e9tant la culture locale \u00bb <\/em>(Lescure, 2020). La question du faire par soi-m\u00eame y est promue, et cela se retrouve dans le festival annuel Foix\u2019R de Rue, port\u00e9 originellement par le PAAJIP et dont elle devenue un des partenaires clefs. Outre sa capacit\u00e9 \u00e0 investir les quatre coins de la ville, le festival donne une place pr\u00e9pond\u00e9rante aux jeunes. L\u2019id\u00e9e a germ\u00e9 de leur esprit en 2014 et a vu ses racines se d\u00e9velopper gr\u00e2ce \u00e0 la mobilisation d\u2019une cinquantaine d\u2019entre eux fl\u00e9ch\u00e9s via le PAAJIP. Le partenariat avec Art\u2019Cade a permis la mise en place de concerts et de sc\u00e8nes ouvertes, venant s\u2019ajouter aux arts de la rue, aux ateliers de graff, au th\u00e9\u00e2tre ou encore aux d\u00e9ambulations qui structurent l\u2019\u00e9v\u00e8nement. La jeunesse, plus qu\u2019un public cible, est totalement actrice du festival dans une d\u00e9marche ascendante, dont la sc\u00e8ne est ouverte et la culture souhait\u00e9e comme participative. La synergie cr\u00e9\u00e9e entre les structures permet aux jeunes de lib\u00e9rer leur cr\u00e9ativit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des animations de qualit\u00e9, avec un festival qui a d\u00e9sormais largement pollinis\u00e9 le territoire.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Une r\u00e9appropriation du territoire et de l\u2019espace public par le prisme culturel<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">\u00c0 travers ces initiatives, c\u2019est aussi la volont\u00e9 de se r\u00e9approprier un territoire qui est d\u00e9fendue. En 2016, le taux de vacance dans le centre de Foix \u00e9tait de 24 %, point saillant d\u2019une perte de vitalit\u00e9 symptomatique de nombreuses petites villes. Encore une fois, la culture est utilis\u00e9e comme un r\u00e9v\u00e9lateur : l\u2019association d\u2019art plastique et contemporain La Biz\u2019Art\u2019Rit, \u00e9galement lieu d\u2019exposition port\u00e9 par des artistes aux profils vari\u00e9s, est choisie pour mener un projet de revalorisation du centre ancien dans le cadre de la r\u00e9novation urbaine de la politique de la ville. En 2018, les vitrines vides deviennent des supports artistiques anim\u00e9s par le collectif. La d\u00e9ambulation artistique est devenue pr\u00e9texte \u00e0 revaloriser ces espaces priv\u00e9s habillant l\u2019espace public, impliquant la population qui est invit\u00e9e \u00e0 <em>\u00ab se questionner sur l\u2019art, le citoyen et l\u2019espace public \u00bb. <\/em>Ici, pas d\u2019urbanisme temporaire, mais de l\u2019art temporaire qui invite \u00e0 s\u2019interroger sur l\u2019urbanit\u00e9 et le sens des espaces publics.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Enfin, un autre projet retient l\u2019attention : les Routes Singuli\u00e8res. Men\u00e9 dans le cadre d\u2019un projet europ\u00e9en POCTEFA sur plusieurs villes dites cr\u00e9atives comme Irun ou Tournefeuille, celui-ci vise \u00e0 conforter la culture comme vecteur de d\u00e9veloppement touristique et de coh\u00e9sion sociale. Dans ce cadre, cinq propositions artistiques ont vu le jour \u00e0 Foix, que ce soit au centre-ville ou dans le parc de Bouyche\u0300res, dans un but assum\u00e9 de <em>\u00ab capter des publics sceptiques face \u00e0 l\u2019offre culturelle institutionnelle \u00bb <\/em>(Lescure, 2020). Le projet a notamment r\u00e9uni Beno\u00eet S\u00e9verac, romancier de litt\u00e9rature noire et Christel Llop, calligraphe et sculptrice, autour d\u2019un ouvrage de fiction, projetant la ville de Foix dans un futur morose, et de sept oeuvres p\u00e9rennes install\u00e9es dans l\u2019espace public, reprenant les sept chapitres de la fiction. Cette passerelle entre \u00e9criture et art sculptural contemporain invite les passants \u00e0 d\u00e9couvrir la ville sous un autre angle, entre appropriation d\u2019une \u0153uvre de lecture et d\u00e9couverte d\u2019oeuvres occupant l\u2019espace public, entre l\u2019esprit qui imagine et la ville qui met en relief. Ambitieux, le projet est \u00e9galement moins dans l\u2019esprit d\u2019une culture participative, l\u2019habitant \u00e9tant surtout interrog\u00e9 en aval, suscitant des tensions avec certains d\u2019entre eux. Cela nous rappelle avec justesse que la ville est un objet culturel \u00e0 part enti\u00e8re, o\u00f9 l\u2019affect se m\u00eale aux repr\u00e9sentations, le v\u00e9cu \u00e0 l\u2019imaginaire, et o\u00f9 la participation des habitants se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre la condition <em>sine qua non <\/em>d\u2019un projet urbano-artistique r\u00e9ussi.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">De la culture au bien-vivre territorial ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Le programme de recherche POPSU Territoires donne depuis 2018 un coup de projecteur sur les dynamiques territoriales des petites villes, au travers de projets de recherche-action multi-partenariaux croisant approches universitaires et expertises locales. Retenu en 2019, le projet <em>\u00ab Action culturelle et bien-vivre : la place de la jeunesse dans la petite ville de Foix \u00bb<\/em>, dirig\u00e9 par Mariette Sibertin-Blanc et Laurence Barthe <strong>4<\/strong>, et associant la Ville de Foix, la Communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration Pays Foix-Varilhes, le p\u00f4le jeunesse intercommunal et l\u2019Estive, vient souligner une fois de plus l\u2019engagement culturel de ce territoire. Avec en ligne de mire la culture comme garante d\u2019\u00e9mancipation individuelle et collective, de partage d\u2019\u00e9motions et de d\u00e9couvertes, les acteurs se sont saisis de divers leviers (programme europ\u00e9en, ACV, recherche-action) et s\u2019appuient sur des ressources locales (acteurs culturels dans leur diversit\u00e9, \u00e9quipements structurants, \u00e9ducation populaire) pour impulser une dynamique culturelle en direction des habitants et avec eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Ici, les jeunes ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s juste comme public cible d\u2019une politique publique : ils constituent une ressource pour le territoire qui cherche \u00e0 \u00eatre mise en capacit\u00e9. Le centre ancien n\u2019est pas seulement le sujet d\u2019une politique territoriale de revitalisation, c\u2019est un support culturel pour les habitants. Volontaire en mati\u00e8re d\u2019action culturelle, favorisant les synergies entre les multiples acteurs locaux, Foix fait partie de ces petites villes qui se sont saisies de mani\u00e8re collective de la culture, et ce depuis plusieurs ann\u00e9es. D\u00e9passant les habituels objectifs de d\u00e9veloppement \u00e9conomique ou de marketing territorial, il semblerait que la culture \u00e0 Foix \u2013 dont la pr\u00e9sentation ici n\u2019a rien d\u2019exhaustif \u2013 soit consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme objet de bien-vivre territorial.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: left\">BARTHE L. et SIBERTIN-BLANC M., \u00ab Le bien vivre dans les territoires de proximit\u00e9 : des facteurs aux capacit\u00e9s requises. L\u2019exemple en Occitanie \u00bb :\u00a0<a href=\"https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-02435158\/document\">https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-02435158\/document<\/a>.<\/li>\n<li style=\"text-align: left\">LESCURE L., \u00ab Action culturelle et pratiques des jeunes dans la ville de Foix : quelle lecture pour le bien-vivre territorial ? \u00bb.<\/li>\n<li style=\"text-align: left\">Projet de territoire de la CA Foix-Varilhes \u00ab Agglo 2026 \u00bb.<\/li>\n<li style=\"text-align: left\">La Biz\u2019Art\u2019Rit : <a href=\"http:\/\/www.bizartrit.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/dossier-espacecommun-light.pdf\">http:\/\/www.bizartrit.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/dossier-espacecommun-light.pdf<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> P\u00f4le Agglom\u00e9ration Adolescence Jeunesse Information Pr\u00e9vention.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Sc\u00e8nes des Musiques Actuelles<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvent associ\u00e9e aux grandes villes, la vitalit\u00e9 culturelle est aussi un axe fort du d\u00e9veloppement local de petites villes. Pour preuve, Foix, \u00ab gros village \u00bb de 10 000 habitants et pr\u00e9fecture de l\u2019Ari\u00e8ge, soutient et impulse depuis plusieurs ann\u00e9es une dynamique culturelle tourn\u00e9e vers les jeunesses. Celle-ci s\u2019inscrit dans une \u00e9volution r\u00e9cente de l\u2019action culturelle au service de projets de territoire et dans un objectif de bien-vivre territorial. Cette tendance est observ\u00e9e dans le volet fux\u00e9en du programme de recherche POPSU Territoires men\u00e9 par Mariette Sibertin-Blanc et Laurence Barthe, aid\u00e9es en 2020 par Laura Lescure, travaux sur lesquels repose cet article.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4183,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[56],"tags":[],"authors":[{"term_id":70,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"laura-lescure","display_name":"Laura LESCURE"},{"term_id":80,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"mickael-martinez","display_name":"Micka\u00ebl MARTINEZ"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4182"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4182"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4182\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4190,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4182\/revisions\/4190"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4183"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}