{"id":4432,"date":"2022-11-02T09:43:30","date_gmt":"2022-11-02T08:43:30","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=4432"},"modified":"2022-11-02T09:57:14","modified_gmt":"2022-11-02T08:57:14","slug":"lhabiter-en-recomposition-et-lhabitabilite-en-question-dans-les-espaces-metropolitains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/lhabiter-en-recomposition-et-lhabitabilite-en-question-dans-les-espaces-metropolitains\/","title":{"rendered":"L\u2019habiter en recomposition et l\u2019habitabilit\u00e9 en question dans les espaces m\u00e9tropolitains"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">Face au constat de leur difficile d\u00e9finition\/d\u00e9limitation <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, voire \u00e0 la remise en question de leur r\u00f4le dans les dynamiques territoriales <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, les tentatives de qualification des espaces m\u00e9tropolitains fleurissent ces derni\u00e8res ann\u00e9es <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Ce bourgeonnement participe du comblement d\u2019au moins deux lacunes : d\u2019abord, \u00e0 travers la distanciation d\u2019une d\u00e9finition dominante ayant une double face \u00e9conomique et politique <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> ; ensuite, en cherchant \u00e0 faire atterrir les m\u00e9tropoles dans leur environnement proche sans occulter ce qu\u2019elles doivent aux flux de plus longue port\u00e9e <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Ces deux perspectives invitent \u00e0 approfondir la connaissance de l\u2019habitabilit\u00e9 <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> des environnements m\u00e9tropolitains consid\u00e9r\u00e9s ici \u00e0 la fois dans leurs dimensions naturelles et construites <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, v\u00e9cues et repr\u00e9sent\u00e9es. Autrement dit \u00e0 \u00e9tudier, en faisant directement appel aux r\u00e9cits des usages quotidiens ou ordinaires de leurs habitants, les multiples composantes et pratiques \u00e0 partir desquelles les individus non seulement y vivent mais se les approprient <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019\u00e9quipe POPSU M\u00e9tropoles Toulouse a collect\u00e9 et analys\u00e9 ce type de r\u00e9cit dans deux transects de l\u2019espace m\u00e9tropolitain toulousain, entendu ici dans une acception large, allant, \u00e0 l\u2019ouest, de Toulouse \u00e0 L\u2019Isle-Jourdain, et au nord jusque vers Fronton. Diversifi\u00e9s du point de vue de leurs paysages comme de leurs profils fonctionnels mais aussi des profils de leurs habitants, ces transects offrent l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019observer l\u2019environnement m\u00e9tropolitain sans le segmenter selon des cat\u00e9gories spatiales et statistiques fr\u00e9quemment mobilis\u00e9es (ville, banlieue, agglom\u00e9ration, p\u00e9riurbain, etc.). Nous y avons rencontr\u00e9 une soixantaine de m\u00e9nages dans le cadre d\u2019entretiens r\u00e9alis\u00e9s entre 2019 et 2020, les invitant \u00e0 revenir sur les ressorts de leur installation r\u00e9sidentielle, leur mode de vie au travail et dans le hors-travail ainsi que sur les modalit\u00e9s de construction de leurs identit\u00e9s territoriales. L\u2019analyse de ces mani\u00e8res d\u2019habiter par le recueil de discours, de pratiques, de repr\u00e9sentations et du sens donn\u00e9 \u00e0 ces derni\u00e8res, nous a permis de caract\u00e9riser les capacit\u00e9s des m\u00e9nages \u00e0 fabriquer du territoire par un ajustement des pratiques quotidiennes et par la modification des repr\u00e9sentations de leur habitat et de son environnement (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des composantes physiques, naturelles, mat\u00e9rielles, esth\u00e9tiques, symboliques et signifiantes qui concourent \u00e0 dessiner la \u00ab qualit\u00e9 de vie \u00bb d\u2019un lieu) <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Se dessinent ainsi les contours d\u2019un habiter caract\u00e9ristique des espaces m\u00e9tropolitains, tout au moins en faisons-nous l\u2019hypoth\u00e8se. Si celui-ci peut \u00eatre dessin\u00e9 \u00e0 grands traits \u00e0 partir de quelques attributs, il convient de souligner qu\u2019ils peuvent se combiner diff\u00e9remment selon les individus. Certains de ses attributs d\u00e9j\u00e0 bien identifi\u00e9s, en mati\u00e8re de mobilit\u00e9 ou de contraintes r\u00e9sidentielles par exemple, en confirment les traits saillants, mais semblent aussi t\u00e9moigner d\u2019inflexions. \u00c0 propos de ces derni\u00e8res, nous nous arr\u00eaterons sur le r\u00f4le cl\u00e9 des espaces de nature dans l\u2019activation d\u2019un d\u00e9sir d\u2019ancrage r\u00e9sidentiel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Une mobilit\u00e9 structurante mais des inflexions et des attentes<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Un point commun aux diff\u00e9rents r\u00e9cits recueillis confirme le caract\u00e8re mobile et prot\u00e9iforme de l\u2019habiter m\u00e9tropolitain. Le mod\u00e8le d\u2019une \u00ab ville \u00e0 la carte \u00bb, particuli\u00e8rement d\u00e9pendant des mobilit\u00e9s automobiles, reste ainsi encore pr\u00e9sent dans les pratiques et les discours recueillis, notamment aupr\u00e8s de jeunes retrait\u00e9s ou d\u2019actifs p\u00e9riurbains vivant dans des lieux o\u00f9 les alternatives \u00e0 l\u2019automobilit\u00e9 sont encore jug\u00e9es insuffisantes. Pour autant, les mobilit\u00e9s d\u00e9crites signalent plusieurs ajustements. Ils semblent renvoyer \u00e0 la r\u00e9\u00e9mergence de la figure d\u2019un \u00ab local \u00bb qui s\u2019exprime autour d\u2019une repolarisation fonctionnelle et relationnelle sur l\u2019espace \u00e0 proximit\u00e9 du domicile, mais dans laquelle pointe aussi l\u2019id\u00e9e du \u00ab village \u00bb, du \u00ab quartier \u00bb, de la \u00ab petite ville \u00bb ou de la \u00ab ville moyenne \u00bb, sans pour autant la limiter aux p\u00e9rim\u00e8tres politiques et administratifs leur correspondant. Cette r\u00e9\u00e9mergence s\u2019op\u00e8re largement \u00e0 partir de pratiques de mobilit\u00e9, qui peuvent pour certaines profiter des transformations en cours dans les rapports \u00e0 l\u2019emploi du fait de la r\u00e9organisation du travail, en particulier du t\u00e9l\u00e9travail, ou parce qu\u2019une partie notable des habitants ne s\u2019y r\u00e9f\u00e8re pas ou plus, \u00e0 l\u2019instar des retrait\u00e9s ou des plus jeunes. Elle est aussi fortement exprim\u00e9e \u00e0 propos des temps et des lieux de loisirs par exemple, ou avec le d\u00e9veloppement des mobilit\u00e9s actives <a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. En contrepoint, l\u2019\u00e9chelle m\u00e9tropolitaine est, dans nombre de discours, pond\u00e9r\u00e9e comme horizon quotidien de vie. La ville-centre, Toulouse, ou son centre-ville s\u2019effacent ainsi souvent du registre de la fr\u00e9quentation r\u00e9guli\u00e8re, sauf pour ceux y r\u00e9sidant ou y travaillant, pour int\u00e9grer soit le champ des pratiques contraintes soit, au contraire, celui de l\u2019usage h\u00e9donique et ponctuel. Cette dualit\u00e9 se retrouve aussi mentionn\u00e9e \u00e0 propos des principales centralit\u00e9s ludo-commerciales de p\u00e9riph\u00e9rie. Les discours sur les contraintes sont dans les deux cas largement reli\u00e9s aux questions de mobilit\u00e9s difficiles et co\u00fbteuses, voire \u00e0 leur dimension environnementale, et soulignent ainsi un des aspects qui p\u00e8sent sur l\u2019habitabilit\u00e9 des espaces m\u00e9tropolitains, les fragilisant.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Une habitabilit\u00e9 sous contraintes et des perspectives incertaines face \u00e0 l\u2019urbanisation<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Les contraintes pesant sur l\u2019habitabilit\u00e9 m\u00e9tropolitaine sont mentionn\u00e9es \u00e0 propos d\u2019autres pans des modes d\u2019habiter. En mati\u00e8re de logement par exemple, les besoins se confrontent aux aspirations \u00e0 la qualit\u00e9 de vie. La taille et le type du logement, la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, la localisation de son chez-soi appellent des arbitrages individuels ou familiaux dans le cadre d\u2019un march\u00e9 o\u00f9 les prix du logement sont globalement consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9lev\u00e9s. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des acc\u00e9dants \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 dans leur diversit\u00e9, certains optent ainsi pour la colocation afin de rester dans le centre de la m\u00e9tropole, d\u2019autres arrivent \u00e0 s\u2019inscrire dans l\u2019offre sociale ou locative priv\u00e9e r\u00e9cemment produite, mais plusieurs consid\u00e8rent qu\u2019\u00e0 terme ils ne pourront pas y demeurer, les prix y augmentant.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Le r\u00f4le des projets urbains ou des quartiers r\u00e9cents face \u00e0 ces difficult\u00e9s de logement est diff\u00e9remment per\u00e7u. Pour certains, ils ouvrent des possibles, alors que pour d\u2019autres ils apparaissent comme les marqueurs d\u2019une ville o\u00f9 il est de moins en moins facile d\u2019habiter. Ces projets, et plus largement les constructions neuves en diffus, sont aussi per\u00e7us \u00e0 partir des transformations paysag\u00e8res qu\u2019ils induisent. Parfois marqueurs positifs d\u2019un territoire en d\u00e9veloppement, ces transformations font fr\u00e9quemment craindre la remise en question des identit\u00e9s paysag\u00e8res auxquelles les habitants sont attach\u00e9s. Les craintes ou les oppositions face \u00e0 la densification s\u2019accompagnent ainsi plus profond\u00e9ment de l\u2019impression d\u2019un processus d\u2019urbanisation dont la dynamique semble difficilement contenue.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">Des attentes massives et multiformes en direction des espaces de nature<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">L\u2019un des changements marqueurs d\u2019une bifurcation tient \u00e0 la place prise par les espaces naturels ou agricoles dans les discours des habitants. De tels lieux sont fr\u00e9quemment mis en opposition avec la densification \u00e0 l\u2019\u0153uvre, particuli\u00e8rement dans des secteurs o\u00f9 elle est jug\u00e9e rapide, massive, et o\u00f9 elle s\u2019op\u00e8re sur des fonciers jusque-l\u00e0 non b\u00e2tis. On retrouve ici les questions d\u2019identit\u00e9s paysag\u00e8res, mais elles sont approfondies \u00e0 partir d\u2019autres grilles de lecture : celle des enjeux \u00e9cologiques li\u00e9s \u00e0 l\u2019artificialisation des sols, \u00e0 la biodiversit\u00e9, au climat urbain, etc. ; celle aussi de l\u2019alimentation et de son lien avec une agriculture autant que possible de proximit\u00e9 ; celle enfin des loisirs qui orientent r\u00e9guli\u00e8rement vers les lieux de nature, en particulier lorsque ceux-ci sont ouverts, accessibles et qu\u2019ils fonctionnent comme des espaces publics. Les attentes face aux espaces de nature ne se limitent donc ni au seul jardin priv\u00e9 ni \u00e0 la \u00ab vue sur vert \u00bb, m\u00eame si ces deux dimensions restent pr\u00e9gnantes. Elles semblent traduire, non sans contradiction ni tensions parfois, un besoin et un d\u00e9sir d\u2019ancrage dans l\u2019environnement r\u00e9sidentiel de proximit\u00e9 qui peut conduire, via des chemins voire des infrastructures vertes, \u00e0 fr\u00e9quenter des lieux (au centre comme en p\u00e9riph\u00e9rie) plus lointains dans la m\u00e9tropole \u00e9largie \u00e0 l\u2019espace p\u00e9rim\u00e9tropolitain, voire au-del\u00e0, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle \u00e9largie du Sud-Ouest.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: left\">L\u2019ancrage r\u00e9sidentiel comme socle d\u2019un habiter multiscalaire<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">Cet ancrage dans l\u2019environnement r\u00e9sidentiel via les espaces naturels et agricoles a d\u2019autres facettes. Il s\u2019op\u00e8re, comme les r\u00e9cents confinements l\u2019ont soulign\u00e9, entre l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration quotidienne dont l\u2019habiter m\u00e9tropolitain est souvent synonyme et la recherche de son ralentissement. La description des d\u00e9placements vers les lieux de travail ou les autres destinations du quotidien atteste l\u2019importance des probl\u00e8mes de transport endur\u00e9s par les actifs qui ne sont pas seulement les captifs des transports en commun. \u00ab Gagner du temps \u00bb est une qu\u00eate signal\u00e9e tout autant pour la vie personnelle, familiale, que pour la productivit\u00e9 du travail. Elle se traduit par des pratiques multiples d\u2019ajustement horaire, de jonglage multimodal, mais aussi par un souhait, r\u00e9alis\u00e9 pour certains des interview\u00e9s, de maximiser leurs activit\u00e9s quotidiennes dans et en proximit\u00e9 de leur sph\u00e8re r\u00e9sidentielle. Cette qu\u00eate d\u2019optimisation n\u2019est pas seulement justifi\u00e9e par une recherche d\u2019efficacit\u00e9, elle renvoie aussi \u00e0 une attention \u00e0 son bien-\u00eatre et \u00e0 celui de ses proches, voire \u00e0 la limitation des impacts environnementaux de son mode de vie. Avec de notables nuances sociales, l\u2019ancrage r\u00e9sidentiel semble s\u2019organiser en m\u00e9nageant des \u00ab alv\u00e9oles \u00bb valorisant, outre le logement, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des am\u00e9nit\u00e9s fonctionnelles autant que naturelles aux \u00e9chelles proches du quotidien comme \u00e0 celles plus \u00e9loign\u00e9es des fr\u00e9quentations occasionnelles. Ces alv\u00e9oles peuvent se comprendre comme la formalisation par les individus d\u2019un sous-syst\u00e8me de lieux capables d\u2019offrir un bouquet de services et supports de relations sociales plus \u00ab choisies \u00bb ou \u00ab ma\u00eetris\u00e9es \u00bb, offrant ainsi une \u00ab respiration \u00bb et un \u00ab \u00e9quilibre \u00bb face \u00e0 \u00ab l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration m\u00e9tropolitaine \u00bb. Cette qu\u00eate, partout valoris\u00e9e mais in\u00e9galement ma\u00eetris\u00e9e, n\u2019exclut pas la mobilit\u00e9, en particulier celle de proximit\u00e9, tr\u00e8s souvent encore du point de vue automobile, mais parfois \u00e0 partir des modes actifs et plus particuli\u00e8rement lorsqu\u2019ils s\u2019adossent \u00e0 des r\u00e9seaux cyclables et aux trames vertes et bleues. C\u2019est ainsi la question de la qualit\u00e9 des espaces publics dans leur environnement qui est non seulement pos\u00e9e mais renouvel\u00e9e. C\u2019est aussi celle de leurs connexions \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019espace m\u00e9tropolitain comme au-del\u00e0, pour \u00e9viter que cet ancrage r\u00e9sidentiel ne se traduise par des fermetures subies ou souhait\u00e9es. Un tel ancrage r\u00e9sidentiel se construit donc au croisement entre des conditions favorables offertes par un environnement et ses \u00e9volutions r\u00e9centes (renforcement des centralit\u00e9s de proximit\u00e9, am\u00e9liorations progressives des syst\u00e8mes de mobilit\u00e9s alternatifs \u00e0 l\u2019automobile, am\u00e9lioration de la place des espaces de nature, etc.) et des pratiques habitantes qui \u00ab font avec \u00bb le territoire (ses potentialit\u00e9s comme ses d\u00e9fauts). Il interroge les d\u00e9calages entre ce que permet l\u2019environnement m\u00e9tropolitain et les mani\u00e8res dont les habitants s\u2019en saisissent concr\u00e8tement, en lien avec des moments, leurs moyens, leur \u00e2ge, leur parcours personnel. Les caract\u00e9ristiques de l\u2019habitabilit\u00e9 des environnements m\u00e9tropolitains ici mises en \u00e9vidence ne sont pas limit\u00e9es \u00e0 la m\u00e9tropole au sens souvent r\u00e9ducteur du terme, puisqu\u2019elles concernent un espace m\u00e9tropolitain \u00e9largi et divers (villes, villages, quartiers, banlieues, p\u00e9riurbain, etc.). Les v\u00e9cus des alv\u00e9oles r\u00e9sidentielles s\u2019y articulent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 avec des espaces hors m\u00e9tropole pour les pratiques r\u00e9cr\u00e9atives d\u2019abord (la randonn\u00e9e dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, le week-end \u00e0 la mer, le dimanche \u00e0 la campagne&#8230;) mais pas uniquement. Les discours recueillis soulignent aussi par exemple l\u2019importance structurante des r\u00e9seaux sociaux et notamment familiaux. Ces fr\u00e9quentations et r\u00e9seaux tendent alors \u00e0 dessiner une autre \u00e9chelle spatiale et temporelle d\u2019habitabilit\u00e9 \u2013 plus r\u00e9gionale \u2013 venant articuler les villes moyennes comme les territoires plus ruraux, mais aussi les principales composantes des milieux physiques (rivi\u00e8res, fleuves, montagne, littoral&#8230;). \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on interroge l\u2019exode urbain <a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, comment ces caract\u00e9ristiques influeront-elles sur les territoires d\u2019installation d\u2019habitants qui d\u00e9cideraient de s\u2019\u00e9loigner des m\u00e9tropoles, ou comment ces territoires, avec leurs sp\u00e9cificit\u00e9s, les changeront- ils ?<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Article \u00e9crit avec la collaboration de S\u00e9verine Bonnin-Oliveira (Aix-Marseille universit\u00e9) et \u00e0 partir des m\u00e9moires de master de Jules Gales et Louisa Bekaddour et des travaux des \u00e9tudiants des promotions 2019-2021 du master Villes, habitat et transition \u00e9cologique de l\u2019universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> BOURDIN A., \u00ab Les m\u00e9tropoles se ressemblent-elles ? \u00bb, POPSU II, 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> FABUREL G., Les M\u00e9tropoles barbares. D\u00e9mondialiser la ville, d\u00e9surbaniser la terre, Le passager clandestin, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> OFFNER J.-M., M\u00e9tropoles invisibles. Les m\u00e9tropoles au d\u00e9fi de la m\u00e9tropolisation, 2019. BROWN L., REIX F.,<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">GODIER P., GONZALEZ A., La M\u00e9tropole coop\u00e9rative et ses ressources. R\u00e9cits sur la gestion de l\u2019eau et de l\u2019alimentation \u00e0 Bordeaux, \u00ab Les cahiers POPSU \u00bb, Autrement, 2022.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> BOUBA-OLGA O. et GROSSETTI M, La Mythologie came (Comp\u00e9titivit\u00e9, Attractivit\u00e9, M\u00e9tropolisation, Excellence) : comment s\u2019en d\u00e9sintoxiquer ? 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> BARLES S. et DUMONT M., M\u00e9tabolisme et m\u00e9tropole. La m\u00e9tropole lilloise, entre mondialisation et\u00a0 interterritorialit\u00e9, Autrement, 2021.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> DELABARRE M. et MARRY S., \u00ab Habitabilit\u00e9 et nature urbaines : vers un outil d\u2019\u00e9valuation des projets urbains \u00bb, VertigO, volume 12, num\u00e9ro 2, septembre 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> COUTARD O., L\u00c9VY J.-P., BARLES S., BLANC N., \u00ab \u00c9cologies urbaines \u00bb, in EUZEN A., EYMARD L., GAILL F., Le d\u00e9veloppement durable \u00e0 d\u00e9couvert, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> BLANC N., \u00ab De l\u2019habitabilit\u00e9 urbaine \u00bb, in COUTARD O. et L\u00c9VY, J.-P., \u00c9cologies urbaines, Economica-Anthropos, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> HUCY W., \u00ab L\u2019habitabilit\u00e9 des milieux urbains : un objet au croisement des disciplines \u00bb, in MATHIEU N. et GUERMOND Y., La Ville durable, du politique au scientifique, Quae, p. 237-260, 2011. DELABARRE M. et<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">MARRY S., \u00ab Habitabilit\u00e9 et nature urbaines : vers un outil d\u2019\u00e9valuation des projets urbains \u00bb, VertigO, volume 12, num\u00e9ro 2, septembre 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> BOURDIN A., Faire centre. La nouvelle probl\u00e9matique des centres-villes, \u00e9ditions de l\u2019Aube, 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> MILET H., MEYFROIDT A., SIMON E., Exode urbain ? Petits flux, grands effets. Les mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles \u00e0 l\u2019\u00e8re (post-)Covid, POPSU Territoires, 2022.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment qualifier les espaces m\u00e9tropolitains et leur habitabilit\u00e9 ? Comment les habitants vivent-ils dans ces territoires ? Comment se les approprient-ils ? C\u2019est l\u2019objet du travail men\u00e9 au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe toulousaine du programme national de recherche-action POPSU M\u00e9tropoles Toulouse.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4433,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[85],"tags":[],"authors":[{"term_id":95,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"fabrice-escaffre","display_name":"Fabrice ESCAFFRE"},{"term_id":91,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"lionel-rouge","display_name":"Lionel ROUGE"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4432"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4432"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4511,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4432\/revisions\/4511"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}