{"id":4534,"date":"2022-11-02T09:50:25","date_gmt":"2022-11-02T08:50:25","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=4534"},"modified":"2022-11-02T09:58:27","modified_gmt":"2022-11-02T08:58:27","slug":"les-entrees-de-villes-commerciales-front-pionnier-dune-transition-urbaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/les-entrees-de-villes-commerciales-front-pionnier-dune-transition-urbaine\/","title":{"rendered":"Les entr\u00e9es de villes commerciales, front pionnier d\u2019une transition urbaine"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left\">C\u2019est en 1972 que Carrefour implante un hypermarch\u00e9 \u00e0 Portet-sur-Garonne. Ce n\u2019est pas le premier de l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine, mais il s\u2019affirme alors comme le plus vaste d\u2019Europe. Dans un assez grand d\u00e9sordre, celui-ci est rejoint par diverses grandes surfaces sp\u00e9cialis\u00e9es dessinant ce paysage d\u2019entrep\u00f4ts plus ou moins am\u00e9lior\u00e9s qui est encore visible aujourd\u2019hui. C\u2019est ce m\u00eame paysage que l\u2019on retrouve le long des autres p\u00e9n\u00e9trantes de la m\u00e9tropole r\u00e9gionale, mais aussi \u00e0 Cahors ou Castres sans oublier une myriade de petites villes. Toutes proportions gard\u00e9es, les entr\u00e9es de ces villes sont marqu\u00e9es d\u2019une m\u00eame fonctionnalit\u00e9 commerciale criarde \u00e0 la vocation placard\u00e9e sur des panneaux publicitaires. Ce paysage refl\u00e8te un moment de modernisme triomphant peu \u00e9conome, ni en ressources fonci\u00e8res, ni en nombreuses autres ressources \u00e0 commencer par les hydrocarbures largement mis \u00e0 contribution dans le cadre d\u2019une accessibilit\u00e9 pens\u00e9e pour l\u2019automobile. Mais pour drainer encore de nombreux chalands automobilis\u00e9s (60 % du chiffre d\u2019affaires du commerce de d\u00e9tail s\u2019y r\u00e9alise), ces vastes espaces commerciaux sont questionn\u00e9s ou questionnables. D\u2019un point de vue \u00e9conomique, on ressent une fatigue de la consommation \u00e0 leur \u00e9gard. La vacance commerciale progresse dans les galeries marchandes (112 cellules vacantes dans la p\u00e9riph\u00e9rie toulousaine selon une enqu\u00eate de la CCI Occitanie en septembre 2020) avec des friches qui peinent parfois \u00e0 trouver un repreneur. Du point de vue urbanistique, ces transcriptions urbaines d\u2019un mod\u00e8le de consommation fordiste apparaissent aux antipodes d\u2019une ville id\u00e9alis\u00e9e, celle de la proximit\u00e9, de la mixit\u00e9 des fonctions, des mobilit\u00e9s douces. Les externalit\u00e9s n\u00e9gatives qui y sont attach\u00e9es sont de moins en moins tol\u00e9rables et vont de toute fa\u00e7on entrer en confrontation avec des obligations d\u2019am\u00e9nagement visant, par exemple, \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l\u2019air ou \u00e0 diminuer la consommation de foncier.<\/p>\n<div id=\"attachment_4536\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4536\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4536 size-large\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light-1024x682.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"466\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light-300x200.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light-768x511.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light-500x333.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/entree-de-ville-light.jpg 1472w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4536\" class=\"wp-caption-text\">Zone commerciale de Portet-sur-Garonne \u00a9 AUAT<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: left\">Un alignement des int\u00e9r\u00eats \u00e0 agir ?<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">On est alors peut-\u00eatre \u00e0 un moment o\u00f9 il est temps de r\u00e9interroger ces vastes \u00e9tendues commerciales, d\u2019autant qu\u2019il existe des opportunit\u00e9s crois\u00e9es entre n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9volution \u00e9conomique pour les entreprises, \u00e9volution des mod\u00e8les de promotion commerciale et projets de collectivit\u00e9s amen\u00e9es \u00e0 prendre en compte de fa\u00e7on croissante les implications environnementales de leur d\u00e9veloppement. Du c\u00f4t\u00e9 des entreprises (de distribution comme des promoteurs et fonci\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9s), quoi qu\u2019il en soit de la sant\u00e9 \u00e9conomique des zones, il y a des opportunit\u00e9s : revalorisation du foncier, point d\u2019appui pour des strat\u00e9gies de diversification d\u2019actifs au-del\u00e0 de la seule activit\u00e9 commerciale, mais aussi support de communication suppl\u00e9mentaire en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 environnementale. L\u2019incitation \u00e0 agir, y compris dans le contexte de zones commerciales en bonne sant\u00e9, est que ces entr\u00e9es de villes, dans une m\u00e9tropole comme Toulouse par exemple, n\u2019en sont de fait plus, enkyst\u00e9es dans un urbain les ayant largement d\u00e9bord\u00e9es. Il y a l\u00e0 de possibles articulations urbaines renforc\u00e9es, valorisables par une diversification fonctionnelle. Ainsi, le PDG du groupe Frey, fonci\u00e8re importante en immobilier commercial, \u00e9voque \u00ab une opportunit\u00e9 fabuleuse car ce sont les stocks de terres artificialis\u00e9es sur lesquels on va fabriquer la ville de demain \u00bb <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Et de fait, \u00e0 Nantes (Beaujoire), Bordeaux (M\u00e9rignac Soleil), Strasbourg (zone nord), Montpellier (Ode \u00e0 la mer), les projets mixant fonctions commerciales, autres activit\u00e9s et logement se multiplient avec plus ou moins d\u2019ambition et de r\u00e9ussite. La sph\u00e8re priv\u00e9e peut d\u2019autant plus \u00eatre incit\u00e9e \u00e0 anticiper une requalification urbaine que la loi, comme une citoyennet\u00e9 active, emp\u00eache tout nouveau projet d\u2019artificialisation <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. L\u2019agglom\u00e9ration toulousaine en porte t\u00e9moignage avec la gu\u00e9rilla judiciaire ayant conduit aux vicissitudes du projet du centre commercial de Val Tolosa, tout comme les al\u00e9as des Portes des Pyr\u00e9n\u00e9es au sud de Muret. Du c\u00f4t\u00e9 des collectivit\u00e9s, dans le cadre de la limitation de l\u2019artificialisation des terres, face \u00e0 des contraintes l\u00e9gislatives, face l\u00e0 aussi \u00e0 la pression d\u2019un associationnisme citoyen, l\u2019implication dans un tel chantier n\u2019est plus discutable. C\u2019est le front pionnier d\u2019une autre ville, le principe d\u2019articulation urbaine pouvant \u00eatre l\u2019occasion d\u2019une intermodalit\u00e9 repouss\u00e9e en p\u00e9riph\u00e9rie entre territoires de l\u2019automobile et ville plus dense. On ne part pas de rien dans ce chantier \u00e0 venir. Du c\u00f4t\u00e9 des acteurs du commerce et de la promotion commerciale, cela fait d\u00e9j\u00e0 plus de deux d\u00e9cennies que l\u2019on cherche \u00e0 am\u00e9liorer ces espaces en proposant des centres commerciaux \u00e0 l\u2019architecture renouvel\u00e9e. Les pouvoirs publics se saisissent aussi de la question des p\u00e9riph\u00e9ries commerciales. En 2013, dans le cadre de l\u2019Atelier national Territoires \u00e9conomiques et d\u2019une \u00e9volution des crit\u00e8res d\u2019autorisation commerciale, les questions d\u2019un renouvellement de l\u2019accessibilit\u00e9 et d\u2019am\u00e9liorations paysag\u00e8res sont pos\u00e9es. En 2018, on propose de \u00ab repenser les p\u00e9riph\u00e9ries commerciales \u00bb au travers de divers exemples de traitements plus ou moins ambitieux de polarit\u00e9s p\u00e9riph\u00e9riques. Plus r\u00e9cemment, en d\u00e9cembre 2021, des travaux initi\u00e9s au sein des \u00ab Assises du commerce \u00bb ont aussi pos\u00e9 la question du devenir de ces espaces commerciaux, dessinant un champ d\u2019actions \u00e0 construire. Une ambition \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable Toutes les p\u00e9riph\u00e9ries commerciales ne peuvent pas conna\u00eetre le m\u00eame destin. Parfois ne faut-il pas \u00ab oser le d\u00e9sert \u00bb et prendre acte que des zones commerciales ne r\u00e9pondent plus \u00e0 des aspirations de vie, en bref accepter l\u2019in\u00e9luctable ? D\u2019autres se portent bien et l\u2019urgence \u00e0 l\u2019action peut sembler moindre. Mais faut-il attendre la friche pour agir ? Et de toute fa\u00e7on, le calendrier de l\u2019urbain doit-il \u00eatre uniquement r\u00e9gl\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomique ? Il faut anticiper et cultiver cet alignement des int\u00e9r\u00eats \u00e9voqu\u00e9s plus haut. La r\u00e9ponse et les moyens sont \u00e9videmment diff\u00e9rents selon que l\u2019on se situe dans une ville moyenne ou une m\u00e9tropole r\u00e9gionale, et selon le degr\u00e9 de dynamisme. Le chantier de r\u00e9flexion et d\u2019action autour des polarit\u00e9s commerciales p\u00e9riph\u00e9riques doit donc se faire selon un gradient d\u2019ambition variable : cela peut prendre la forme d\u2019un simple toilettage, occasion de repenser les mobilit\u00e9s et d\u2019am\u00e9liorer l\u2019esth\u00e9tique urbaine, ce qui est d\u00e9j\u00e0 souvent fait ou en cours. Mais cela peut aller plus loin aussi, avec une renaturation des espaces lorsque la crise est l\u00e0 et le march\u00e9 de l\u2019immobilier incapable de valoriser les espaces ainsi d\u00e9gag\u00e9s. \u00c0 l\u2019inverse, si la pression fonci\u00e8re est r\u00e9elle et la gourmandise des investisseurs forte, une nouvelle valorisation appuy\u00e9e sur un projet urbain est possible. Les agglom\u00e9rations de Toulouse et de Montpellier fournissent d\u2019importantes occasions de penser\/panser ces espaces urbains. L\u2019arriv\u00e9e du m\u00e9tro jusqu\u2019\u00e0 Lab\u00e8ge, en p\u00e9riph\u00e9rie toulousaine, est une illustration de ce que l\u2019on peut r\u00e9aliser <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. L\u2019alignement potentiel des sph\u00e8res d\u2019int\u00e9r\u00eat publiques et priv\u00e9es y autorise l\u2019ambition. Le terrain s\u2019av\u00e8re fertile pour y exp\u00e9rimenter ce que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019\u00ab entr\u00e9es de villes transitionnelles \u00bb, cadre d\u2019innovations urbaines multiples dans le domaine des mobilit\u00e9s, de l\u2019\u00e9nergie (consommation et production), des fa\u00e7ons d\u2019habiter, mais cadre aussi de d\u00e9fis industriels et architecturaux (nouveaux mat\u00e9riaux) dans l\u2019optique d\u2019une anticipation du r\u00e9chauffement climatique par l\u2019att\u00e9nuation d\u2019\u00eelots de chaleur urbains. Cela donne l\u2019opportunit\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir aux fa\u00e7ons de construire, de recycler, de penser toute une \u00ab \u00e9cologie du d\u00e9mant\u00e8lement \u00bb ou une nouvelle \u00e9conomie de la fabrique urbaine, le tout sans consommation de nouveau foncier rural. Les freins sont nombreux. Passons sur une mutabilit\u00e9 plus ou moins \u00e9vidente de ces secteurs. Pollution des sols, d\u00e9samiantage sont des contraintes techniques parmi d\u2019autres, \u00e0 ne pas minimiser. On se heurte surtout \u00e0 divers droits, celui de la propri\u00e9t\u00e9, celui de la libert\u00e9 d\u2019entreprendre, celui de la concurrence. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un enlisement dans une jungle inextricable de multipropri\u00e9t\u00e9s, de la gestion de nombreux baux commerciaux, ne peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. Ces remises en cause sont d\u2019autant plus discutables ou justifient les r\u00e9sistances de certains, que les activit\u00e9s commerciales install\u00e9es continuent de r\u00e9aliser des affaires. Il y est alors difficile d\u2019imposer des r\u00e9am\u00e9nagements sans compter que, vue des centres-villes, cette nouvelle attention port\u00e9e aux p\u00e9riph\u00e9ries peut aussi \u00eatre vue comme une aide d\u00e9loyale \u00e0 des espaces priv\u00e9s qui ont d\u00e9j\u00e0 largement exerc\u00e9 un r\u00f4le de pr\u00e9dation de la chalandise.<\/p>\n<div id=\"attachment_4463\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-scaled.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4463\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4463 size-large\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-768x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"933\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-768x1024.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-225x300.jpg 225w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-500x667.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Saint-orens-sept-2020_1-1-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4463\" class=\"wp-caption-text\">Friche Alin\u00e9a, zone commerciale de Saint-Orens-de-Gameville \u00a9 Philippe Dugot<\/p><\/div>\n<h3 style=\"text-align: left\">Un nouveau contrat urbain pour une autre chr\u00e9matistique <a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> fonci\u00e8re<\/h3>\n<p style=\"text-align: left\">C\u2019est un nouveau contrat urbain qu\u2019il faut construire, alliant une \u00ab inter-fonctionnalit\u00e9 \u00bb du projet d\u2019am\u00e9nagement urbain, la diversit\u00e9 des int\u00e9r\u00eats de tous ceux qui font la ville, avec pour toile de fond la prise en compte des valeurs tut\u00e9laires. Au-del\u00e0 de tous les autres acteurs \u00e0 mobiliser, la garantie de ce contrat ne peut se faire sans l\u2019implication de l\u2019\u00c9tat. Lorsque Rousseau \u00e9voque des \u00ab biens communs \u00bb qui doivent \u00eatre garantis par le l\u00e9gislateur, il ne contredit pas l\u2019individualisme ni l\u2019utilitarisme des relations mutuelles. Il n\u2019en appelle pas moins \u00e0 prendre garde aux int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s dont il expose la possible contradiction \u00e0 l\u2019\u00e9gard du bien-\u00eatre commun. Voil\u00e0 qui devrait r\u00e9sonner dans nos soci\u00e9t\u00e9s urbaines consommatrices o\u00f9 la question du partage de la dette environnementale se pose \u00e0 peine. Mais tout cela implique une ma\u00eetrise d\u2019ouvrage publique et des outils fonciers puissants. Pour le coup, les moyens juridiques et organisationnels mis en place pour les centres-villes sont une source d\u2019inspiration. Les ORT (op\u00e9rations de revitalisation du territoire) <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, dont une quarantaine ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es en Occitanie, en facilitant la pr\u00e9emption, en mobilisant les actions autour du commerce mais aussi du logement et, plus largement, du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, apparaissent bien adapt\u00e9es. Sans doute est-il paradoxal d\u2019\u00e9voquer des outils qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pens\u00e9s pour les p\u00e9riph\u00e9ries, voire contiennent des dispositifs coercitifs visant \u00e0 limiter leur essor. Cela impose surtout de sortir de l\u2019opposition st\u00e9rile entre centre et p\u00e9riph\u00e9rie, les deux \u00e9tant menac\u00e9s par une m\u00eame virtualisation de la consommation. Cela am\u00e8ne \u00e0 imposer une gouvernance publique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des zones de chalandise. Mais cela n\u2019est acceptable, et pas simplement au sens juridique, que si le projet s\u2019inscrit dans des imp\u00e9ratifs dict\u00e9s par un r\u00e9\u00e9quilibrage de la fabrique urbaine dans son rapport \u00e0 des ressources dont on mesure de plus en plus la finitude, qu\u2019il s\u2019agisse des terres agricoles ou de l\u2019air que l\u2019on respire. C\u2019est d\u2019utilit\u00e9 publique qu\u2019il faut parler. Cela am\u00e8ne aussi \u00e0 penser de nouveaux mod\u00e8les d\u2019une coproduction urbaine alliant sph\u00e8re publique et priv\u00e9e, la simple d\u00e9l\u00e9gation de la ma\u00eetrise d\u2019oeuvre pour raisons de comp\u00e9tences et de moyens financiers \u00e0 des acteurs professionnels ne devant pas servir d\u2019excuse \u00e0 la rel\u00e9gation d\u2019une r\u00e9elle ambition urbaine. Il s\u2019agit de d\u00e9passer la classique chr\u00e9matistique \u00e9conomique par une nouvelle chr\u00e9matistique urbaine o\u00f9 la valeur du foncier n\u2019est pas un objectif mais un outil pour accompagner la requalification de l\u2019espace urbain l\u00e0 o\u00f9 celui-ci, n\u00e9 sous d\u2019autres auspices, ne r\u00e9pond plus aux n\u00e9cessit\u00e9s urgentes de faire \u00e9voluer nos modes de consommation. Les p\u00e9riph\u00e9ries commerciales sont l\u2019un des avant-postes de la construction de \u00ab paysages de l\u2019apr\u00e8s-p\u00e9trole \u00bb <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> sous l\u2019imp\u00e9ratif de penser les cadres d\u2019un \u00ab convivialisme \u00bb <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019urbanisme, soit une capacit\u00e9 \u00e0 faire converger les int\u00e9r\u00eats pour nourrir la cr\u00e9ativit\u00e9 indispensable \u00e0 la fabrique d\u2019un urbain davantage durable.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> La Gazette des communes, 16\/05\/2022.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Loi Climat et r\u00e9silience, ZAN\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> C\u2019est le projet Enova succ\u00e9dant \u00e0 Lab\u00e8ge Innopole. Il s\u2019agit d\u2019une transformation importante d\u2019une zone d\u2019activit\u00e9s, dont du commerce, vers plus de mixit\u00e9 fonctionnelle, vert\u00e9br\u00e9e par \u00e0 la fois l\u2019arriv\u00e9e du m\u00e9tro et une \u00ab Diagonale \u00bb r\u00e9serv\u00e9e aux modes doux. Une SPL, Enova Am\u00e9nagement, permet une ma\u00eetrise partielle du foncier. On peut sans doute regretter le maintien d\u2019une sectorisation fonctionnelle forte de ce vaste espace, mais l\u2019ensemble fait sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Qui se rapporte \u00e0 la production des richesses.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Les ORT ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par la loi portant \u00e9volution du logement, de l\u2019am\u00e9nagement et du num\u00e9rique (\u00c9LAN) du 23 novembre 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Du collectif \u00e9ponyme.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> La Revue du Mauss, n\u00b0 57, \u00ab Demain un monde convivialiste. Il ressemblerait \u00e0 quoi ? \u00bb, mai 2021.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si les pr\u00e9occupations autour de la fin du commerce rural, de la crise des villes moyennes et des petites villes ne datent pas d\u2019hier, les entr\u00e9es de villes font en revanche l\u2019objet de moins d\u2019attention. Pour autant, la vacance commerciale progresse dans ces espaces, symboles du mod\u00e8le de consommation fordiste et d\u2019un modernisme peu \u00e9conome en ressources. Ne faudrait-il pas s\u2019inspirer des moyens mis en place dans les centres-villes pour penser le renouveau de ces espaces ?<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":4536,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[85],"tags":[],"authors":[{"term_id":92,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"philippe-dugot","display_name":"Philippe DUGOT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4534"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4534"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4534\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4538,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4534\/revisions\/4538"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4536"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4534"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4534"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}