{"id":5095,"date":"2025-02-04T08:04:21","date_gmt":"2025-02-04T07:04:21","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=5095"},"modified":"2025-02-05T09:59:35","modified_gmt":"2025-02-05T08:59:35","slug":"intervenir-aupres-territoires-pyreneens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/intervenir-aupres-territoires-pyreneens\/","title":{"rendered":"Intervenir aupr\u00e8s des territoires pyr\u00e9n\u00e9ens"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_5116\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5116\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5116 size-large\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-1024x583.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"399\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-1024x583.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-300x171.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-768x437.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-1536x874.jpg 1536w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-2048x1165.jpg 2048w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/P11_carte_3_agences-500x284.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5116\" class=\"wp-caption-text\">Territoires d\u2019interventions des trois agences d\u2019urbanisme pyr\u00e9n\u00e9ennes, AUDAP, AUAT, AURCA \u00a9AUAT<\/p><\/div>\n<p><strong>Quelle r\u00e9alit\u00e9 a le massif des Pyr\u00e9n\u00e9es pour votre agence ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Denis Caniaux, AUDAP <\/strong>: C\u2019est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 physique. Les Pyr\u00e9n\u00e9es sont pr\u00e9sentes dans notre champ visuel, d\u2019o\u00f9 que l\u2019on soit dans les territoires d\u2019intervention de l\u2019agence : depuis Pau, Biarritz, Bidart, Hendaye, Nay, Oloron- Sainte-Marie\u2026 C\u2019est un horizon visuel. C\u2019est aussi une fronti\u00e8re avec l\u2019Espagne, m\u00eame si cette fronti\u00e8re a tendance \u00e0 s\u2019att\u00e9nuer, \u00e0 \u00eatre plus poreuse. Quand on monte dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, on bascule dans un autre espace, c\u2019est la promesse d\u2019un ailleurs proche. Les Pyr\u00e9n\u00e9es sont aussi le ch\u00e2teau d\u2019eau des territoires avec lesquels travaille l\u2019AUDAP : l\u2019Adour, la Nive, la Bidassoa et les gaves y prennent leur source. C\u2019est un lieu d\u2019estive et de p\u00e2turage, de l\u2019oc\u00e9an jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Occitanie. C\u2019est enfin une r\u00e9alit\u00e9 sociale et politique. Il y a une vraie diff\u00e9rence entre haute et basse vall\u00e9e, quand bien m\u00eame ces espaces appartiennent \u00e0 la m\u00eame entit\u00e9 administrative.<\/p>\n<p><strong>Pascal Fourcade, AURCA : <\/strong>Le massif des Pyr\u00e9n\u00e9es est aussi tr\u00e8s pr\u00e9gnant pour nous, il a une pr\u00e9sence physique forte. Il enserre la plaine du Roussillon avec, au sud, le massif frontalier des Alb\u00e8res, et au nord, le massif des Corbi\u00e8res, qui marque la limite avec l\u2019Aude. Le pic du Canig\u00f3, qui domine la plaine du Roussillon du haut de ses 2 785 m\u00e8tres, est un rep\u00e8re important. Les habitants sont particuli\u00e8rement attach\u00e9s \u00e0 cette vue embl\u00e9matique. Un projet de construction d\u2019une ligne \u00e0 haute tension au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 a par exemple \u00e9t\u00e9 fortement contest\u00e9 par les populations et les \u00e9lus, avec des manifestations et un serment des maires du Vallespir pour proclamer leur opposition au projet. Les Pyr\u00e9n\u00e9es sont aussi un lieu de tradition. Ainsi, chaque ann\u00e9e, la flamme des feux de la Saint-Jean descend du Canig\u00f3 avant d\u2019arriver dans chaque ville et village. C\u2019est aussi le ch\u00e2teau d\u2019eau de la plaine et du littoral, avec les fleuves c\u00f4tiers (Tech, T\u00eat, Aude\u2026) qui y naissent et alimentent les barrages, usines hydro\u00e9lectriques et canaux d\u2019irrigation, fortement sollicit\u00e9s pour les diff\u00e9rents usages. Pour l\u2019AURCA, les Pyr\u00e9n\u00e9es sont une r\u00e9alit\u00e9 dans l\u2019exercice de nos missions, car nous accompagnons des intercommunalit\u00e9s montagnardes, comme les communaut\u00e9s de communes du Vallespir, du Haut-Vallespir, de Pyr\u00e9n\u00e9es Cerdagne, de Pyr\u00e9n\u00e9es Audoises ou encore d\u2019Agly-Fenouill\u00e8des.<\/p>\n<p><strong>Yann Cabrol, AUAT : <\/strong>Le p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019intervention de l\u2019AUAT s\u2019\u00e9tend des Pyr\u00e9n\u00e9es jusqu\u2019aux Causses du Quercy et aux contreforts du Massif central. La majorit\u00e9 des territoires membres de l\u2019agence sont n\u00e9anmoins situ\u00e9s en Haute- Garonne, o\u00f9 les Pyr\u00e9n\u00e9es ont une r\u00e9alit\u00e9 forte, en lien avec la Garonne qui y prend sa source. Comme pour l\u2019AUDAP et l\u2019AURCA, le massif a une pr\u00e9sence physique et visuelle importante dans la plupart des collectivit\u00e9s aupr\u00e8s desquelles nous intervenons. L\u2019agence n\u2019est n\u00e9anmoins pas pr\u00e9sente dans des territoires de haute montagne. Nous n\u2019avons, par exemple, pas de station de ski dans notre p\u00e9rim\u00e8tre. Les Pyr\u00e9n\u00e9es sont aussi une r\u00e9alit\u00e9 culturelle et historique, \u00e0 l\u2019image du catharisme, pr\u00e9sent aussi bien du c\u00f4t\u00e9 ari\u00e9geois qu\u2019audois. Le massif repr\u00e9sente surtout une immense ressource pour le syst\u00e8me m\u00e9tropolitain : eau, \u00e9nergie (hydro\u00e9lectricit\u00e9), sylviculture, \u00e9levage, tourisme et loisirs (randonn\u00e9e, sports d\u2019hiver, VTT, thermalisme, tourisme religieux\u2026).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Adoptez-vous une approche particuli\u00e8re dans vos interventions aupr\u00e8s des territoires de montagne ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Pascal Fourcade <\/strong>: Notre c\u0153ur de m\u00e9tier reste le m\u00eame, qu\u2019il s\u2019agisse des espaces littoraux ou de montagne, d\u2019autant plus qu\u2019\u00e0 l\u2019AURCA, certaines des collectivit\u00e9s avec lesquelles nous travaillons sont \u00e0 la fois soumises \u00e0 la loi Montagne et \u00e0 la loi Littoral. Les territoires de montagne aupr\u00e8s desquels nous intervenons sont souvent peu peupl\u00e9s, tr\u00e8s \u00e9tendus, et ont subi de fortes d\u00e9croissances d\u00e9mographiques, avec \u00e0 la fois de l\u2019exode rural et de la d\u00e9sindustrialisation, notamment dans la haute vall\u00e9e de l\u2019Aude. Nous les accompagnons sur des missions de planification, avec des objectifs souvent partag\u00e9s de valorisation de leurs qualit\u00e9s territoriales et de confortement de leur attractivit\u00e9, mais aussi de mani\u00e8re plus cibl\u00e9e dans le cadre du dispositif Bourg Centre Occitanie. Avec l\u2019Association des Maires de France des Pyr\u00e9n\u00e9es- Orientales et le soutien de l\u2019\u00c9tat, nous souhaitons \u00e9galement soutenir plus fortement l\u2019ing\u00e9nierie pour les communes rurales de moins de 1 000 habitants, qui sont montagnardes pour la plupart, et souvent non \u00e9ligibles aux dispositifs existants. Nous nous sommes dot\u00e9s d\u2019expertises sp\u00e9cifiques pour ces territoires exclusivement montagnards. Nous avons par exemple une personne r\u00e9f\u00e9rente sur la loi Montagne \u00e0 l\u2019agence.<\/p>\n<p><strong>Denis Caniaux <\/strong>: M\u00eame si le massif est tr\u00e8s pr\u00e9gnant dans notre p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019intervention, les territoires de montagne y ont un faible poids d\u00e9mographique. Ce sont souvent des espaces en d\u00e9prise, m\u00eame si certains ont une bonne dynamique \u00e9conomique, comme Oloron-Sainte-Marie et la vall\u00e9e d\u2019Aspe. Nous les accompagnons \u00e0 se doter petit \u00e0 petit de visions strat\u00e9giques, de type Projets de territoires, supports, par la suite, d\u2019exercices de planification (SCoT, PLUi, \u2026) qui en sont \u00e0 une premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration. Nous intervenons notamment dans ce cadre aupr\u00e8s de la Communaut\u00e9 de communes du Haut-B\u00e9arn. Ces territoires cherchent \u00e0 s\u2019extraire des cl\u00e9s de lecture souvent utilis\u00e9es \u00e0 leur \u00e9gard : les paysages, la protection de l\u2019environnement, l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage, l\u2019activit\u00e9 touristique. L\u2019acc\u00e8s au logement, la revitalisation patrimoniale, le d\u00e9veloppement de nouvelles fili\u00e8res \u00e9conomiques, ou encore l\u2019\u00e9nergie sont de nouvelles pr\u00e9occupations majeures pour ces territoires, et nous les aidons \u00e0 s\u2019en saisir.<\/p>\n<p><strong>Yann Cabrol <\/strong>: Les territoires pyr\u00e9n\u00e9ens font partie des membres les plus r\u00e9cents de l\u2019AUAT : Communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration Foix-Varilhes, Communaut\u00e9 de communes Portes d\u2019Ari\u00e8ge Pyr\u00e9n\u00e9es, SCoT de la Vall\u00e9e de l\u2019Ari\u00e8ge, Communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration Tarbes Lourdes Pyr\u00e9n\u00e9es, D\u00e9partement des Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es&#8230; Ces nouvelles adh\u00e9sions nous invitent \u00e0 renouveler nos pratiques. Cela conforte notre capacit\u00e9 \u00e0 intervenir dans tous types de territoires car, souvent, l\u2019appellation \u201cagence d\u2019urbanisme\u201d peut laisser penser que nous n\u2019intervenons que dans des espaces urbains. Nous travaillons principalement sur des questions de planification et d\u2019habitat aupr\u00e8s des territoires pyr\u00e9n\u00e9ens que nous accompagnons. Le sujet du petit patrimoine y ressort aussi. Nous devons alors proposer une approche diff\u00e9rente de celle que l\u2019on pr\u00e9sente dans le secteur sauvegard\u00e9 de Toulouse, o\u00f9 plusieurs sites sont inscrits au patrimoine de l\u2019UNESCO. De la m\u00eame mani\u00e8re, nous ne nous posons pas les m\u00eames questions quand nous \u00e9tudions les mobilit\u00e9s dans la vall\u00e9e de l\u2019Ari\u00e8ge et dans l\u2019Albigeois. Il existe aussi une autre sp\u00e9cificit\u00e9 : certains territoires connaissent des situations de d\u00e9prise \u00e9conomique, avec une vraie fragilit\u00e9 des tissus commerciaux et d\u2019artisanat. Ce sujet est assez r\u00e9cent pour nous, et nous ne pouvons pas appliquer les m\u00eames raisonnements que pour la m\u00e9tropole toulousaine qui est, \u00e0 l\u2019inverse, tr\u00e8s dynamique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_5098\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND.jpeg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5098\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5098\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-1024x768.jpeg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-300x225.jpeg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-768x576.jpeg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND-500x375.jpeg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/lescun_audap_GH_BY-NC-ND.jpeg 2000w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5098\" class=\"wp-caption-text\">Lescun, Pyr\u00e9n\u00e9es-Atlantiques \u00a9audap_GH_BY-NC-ND<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Suite aux diff\u00e9rents confinements de la p\u00e9riode Covid et \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation du t\u00e9l\u00e9travail, les enjeux r\u00e9sidentiels des territoires de montagne ont \u00e9t\u00e9 mis en avant. Comment ces enjeux se traduisent-ils localement ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Yann Cabrol <\/strong>: Les travaux du programme de recherche POPSU ont effectivement d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019exode urbain suite \u00e0 la p\u00e9riode Covid. Pour autant, les bir\u00e9sidents qui t\u00e9l\u00e9travaillent quelques jours par semaine et viennent le week-end dans les territoires ruraux, notamment de montagne, se remarquent v\u00e9ritablement dans ces espaces peu peupl\u00e9s, et l\u2019impact des r\u00e9sidences secondaires dans certains territoires comme les Hautes- Pyr\u00e9n\u00e9es est r\u00e9el. On y observe un fort rench\u00e9rissement des prix, avec moins de biens \u00e0 vendre.<\/p>\n<p><strong>Denis Caniaux <\/strong>: Il y a effectivement de vrais enjeux en mati\u00e8re de logement dans ces territoires ! Dans beaucoup de ceux que l\u2019AUDAP accompagne, il y a aussi une pr\u00e9valence des r\u00e9sidences secondaires qui fait que les habitants \u00e0 l\u2019ann\u00e9e n\u2019arrivent plus \u00e0 se loger. Les enjeux touristiques commencent m\u00eame \u00e0 y rejoindre ceux du littoral. Le surtourisme est un probl\u00e8me qui commence aussi \u00e0 se poser en milieu montagnard, hiver comme \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pascal Fourcade <\/strong>: On observe aussi des taux de vacance consid\u00e9rablement hauts dans les centres anciens, en particulier pour les communes de 1 000 habitants et plus, avec des probl\u00e9matiques d\u2019habitat indigne, des arr\u00eat\u00e9s de mise en p\u00e9ril\u2026 Ces territoires sont confront\u00e9s \u00e0 un manque de moyens pour lutter contre cela, et ils ne sont par ailleurs pas assez attractifs pour que les promoteurs priv\u00e9s s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 eux. Pour autant, si on pouvait inclure les territoires ruraux dans les discussions avec les acteurs priv\u00e9s, cela serait int\u00e9ressant !<\/p>\n<p><strong>Denis Caniaux <\/strong>: Les centres-villes de ces territoires sont souvent dans des situations dramatiques. Le probl\u00e8me est que le prix d\u2019intervention en travaux dans l\u2019immobilier ancien y est deux fois plus cher que pour un pavillon en p\u00e9riph\u00e9rie. La valeur du foncier y est faible, autour de 800 \u20ac du m\u00b2, mais le co\u00fbt de la r\u00e9habilitation y est \u00e9lev\u00e9, autour de 2 000 \u20ac du m\u00b2 par exemple. Les dispositifs de bail r\u00e9el solidaire (BRS) et d\u2019organismes de foncier solidaire (OFS) y seraient tr\u00e8s int\u00e9ressants, car ces m\u00e9canismes permettraient d\u2019amortir les travaux lourds de r\u00e9habilitation. Cela permettrait de r\u00e9investir les centres-villes.<\/p>\n<p><strong>Pascal Fourcade : <\/strong>Le potentiel de r\u00e9investissement urbain est tr\u00e8s important sur ces communes ! Outre l\u2019habitat vacant, les friches urbaines y sont nombreuses, mais on trouve tr\u00e8s peu d\u2019acteurs pour assurer leur reconqu\u00eate. Yann Cabrol, AUAT : On peut en effet regretter que les sp\u00e9cificit\u00e9s des territoires de montagne en mati\u00e8re d\u2019habitat ne soient pas toujours prises en compte dans les politiques nationales. Ce sont des territoires peu accompagn\u00e9s en mati\u00e8re de logement, au regard des sp\u00e9cificit\u00e9s des villes et villages de montagne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_5097\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5097\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5097\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-300x200.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-768x512.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-1536x1025.jpg 1536w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-2048x1367.jpg 2048w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Ermitage_ForcaReal_MILLAS_1-500x334.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5097\" class=\"wp-caption-text\">Millas, Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales \u00a9AURCA<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Doit-on renouveler notre lecture de ces territoires, notamment en les consid\u00e9rant dans un p\u00e9rim\u00e8tre plus large ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Yann Cabrol <\/strong>: La dimension de solidarit\u00e9, voire de r\u00e9ciprocit\u00e9, doit \u00eatre interrog\u00e9e dans ces territoires. Comment la croissance m\u00e9tropolitaine toulousaine, qui s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019aux contreforts pyr\u00e9n\u00e9ens, peut-elle y trouver des relais de croissance ? Quelles compensations leur apporter ? Il y a bien s\u00fbr des particularit\u00e9s \u00e0 traiter sp\u00e9cifiquement mais, pour le reste, il faut d\u00e9ployer les m\u00eames r\u00e9flexions et les m\u00eames dispositifs qu\u2019ailleurs. Ces territoires ont droit \u00e0 une vraie r\u00e9flexion en mati\u00e8re d\u2019habitat, de mobilit\u00e9s, d\u2019espaces publics\u2026<\/p>\n<p><strong>Pascal Fourcade <\/strong>: Il faut avoir en t\u00eate que nous parlons de territoires qui peuvent \u00eatre \u00e0 la fois des espaces littoraux et de montagne. Ce sont donc des espaces difficiles \u00e0 classer, mais n\u00e9cessairement la solidarit\u00e9 territoriale doit y \u00eatre renforc\u00e9e pour relever les d\u00e9fis, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des vall\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Denis Caniaux <\/strong>: De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les territoires de montagne sont des espaces o\u00f9 il y a moins de solidarit\u00e9 interterritoriale. Par exemple, les petites communes de montagne sont peu int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 des logiques territoriales plus larges. De la m\u00eame mani\u00e8re, les intercommunalit\u00e9s non-montagnardes se tournent peu vers les intercommunalit\u00e9s de montagne, vues comme tr\u00e8s sp\u00e9cifiques. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il y a un vrai besoin de lecture transversale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019ensemble du massif pyr\u00e9n\u00e9en, mais aussi entre les pi\u00e9monts et les zones de montagne. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle de nos trois agences, il y aurait par exemple des enseignements \u00e0 partager sur le sujet des petites villes d\u2019entr\u00e9e de vall\u00e9e, comme Oloron-Sainte- Marie, Foix ou Limoux. On devrait pouvoir trouver une sp\u00e9cificit\u00e9 d\u2019intervention en mati\u00e8re de tourisme, de mobilit\u00e9\u2026 Force est de constater qu\u2019on ne traite pas ces territoires \u00e0 la hauteur des enjeux dont ils sont porteurs !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"_idContainer110\" class=\"_idGenObjectStyleOverride-1\">\n<p class=\"ENTRETIEN_Fonction\"><span class=\"CharOverride-49\">Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Morgane Perset, r\u00e9dactrice en cheffe de BelvedeR, charg\u00e9e de mission Partenariats \u00e0 l&#8217;AUAT<\/span><span style=\"font-size: 16px\">.<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment les agences d\u2019urbanisme interviennent-elles aupr\u00e8s des territoires pyr\u00e9n\u00e9ens ? \u00c0 quels enjeux font-elles face et quelles r\u00e9ponses y apportent-elles ? Les trois agences d\u2019urbanisme pyr\u00e9n\u00e9ennes se sont pr\u00eat\u00e9es au jeu de l\u2019entretien crois\u00e9 pour partager les enseignements de leurs interventions aupr\u00e8s des territoires de montagne, et livrer ainsi une lecture transversale des enjeux communs qui les traversent.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5098,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[250],"tags":[13],"authors":[{"term_id":77,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"yann-cabrol","display_name":"Yann CABROL"},{"term_id":252,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"denis-caniaux","display_name":"Denis CANIAUX"},{"term_id":181,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"pascal-fourcade","display_name":"Pascal FOURCADE"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5095"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5095"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5095\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5124,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5095\/revisions\/5124"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5098"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}