{"id":5323,"date":"2025-10-24T15:08:40","date_gmt":"2025-10-24T13:08:40","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=5323"},"modified":"2025-10-30T09:32:12","modified_gmt":"2025-10-30T08:32:12","slug":"effets-baby-boom-a-baisse-de-fecondite-grandes-dynamiques-demographiques-50-dernieres-annees-quart-de-siecle-a-venir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/effets-baby-boom-a-baisse-de-fecondite-grandes-dynamiques-demographiques-50-dernieres-annees-quart-de-siecle-a-venir\/","title":{"rendered":"Des effets du baby-boom \u00e0 la baisse de la f\u00e9condit\u00e9 : les grandes dynamiques d\u00e9mographiques des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es\u2026 et du quart de si\u00e8cle \u00e0 venir !"},"content":{"rendered":"<p><strong>Comment a \u00e9volu\u00e9 la population fran\u00e7aise depuis 50 ans ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Entre 1975 et 2025, la France est pass\u00e9e de 54 \u00e0 presque 69 millions d\u2019habitants, soit 15 millions de plus en 50 ans. C\u2019est un des pays europ\u00e9ens o\u00f9 la croissance d\u00e9mographique a \u00e9t\u00e9 la plus forte. Cette hausse est principalement due au solde naturel, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un exc\u00e9dent des naissances sur les d\u00e9c\u00e8s. Le solde migratoire a moins contribu\u00e9 \u00e0 cette hausse de la population, expliquant un quart de la croissance. Apr\u00e8s la fin du baby-boom, dans les ann\u00e9es 1970, la f\u00e9condit\u00e9 a baiss\u00e9, mais elle est rest\u00e9e plus \u00e9lev\u00e9e que dans les autres pays europ\u00e9ens. On a d\u2019ailleurs parl\u00e9 d\u2019 \u00ab exception fran\u00e7aise \u00bb. Les femmes fran\u00e7aises ont eu des enfants de plus en plus tard, mais elles ont continu\u00e9 d\u2019en avoir plus qu\u2019ailleurs. L\u2019indicateur conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 avoisinait les 2 enfants par femme du d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle jusqu\u2019en 2014. C\u2019\u00e9tait, en 2014, le plus \u00e9lev\u00e9 d\u2019Europe, la moyenne europ\u00e9enne \u00e9tant proche de 1,6 enfant par femme cette ann\u00e9e-l\u00e0. Dans le m\u00eame temps, en 50 ans, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions sanitaires et aux progr\u00e8s m\u00e9dicaux, l\u2019esp\u00e9rance de vie s\u2019est formidablement allong\u00e9e. Les femmes ont gagn\u00e9 presque 9 ans d\u2019esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance, et les hommes encore plus, environ 11 ans. L\u2019\u00e9cart d\u2019esp\u00e9rance de vie entre les hommes et les femmes s\u2019est donc r\u00e9duit, m\u00eame si les femmes vivent toujours en moyenne presque 6 ans de plus que les hommes. Je parle l\u00e0 de tendances lourdes sur la p\u00e9riode pass\u00e9e, mais sur la p\u00e9riode r\u00e9cente, il y a des signes de rupture ou d\u2019inflexions. La dynamique d\u00e9mographique de la France change. <strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelles sont ces inflexions observ\u00e9es sur la p\u00e9riode r\u00e9cente ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La hausse de la population fran\u00e7aise s\u2019est r\u00e9cemment ralentie, en raison d\u2019un essoufflement du solde naturel sous l\u2019effet combin\u00e9 d\u2019une baisse des naissances et d\u2019une hausse des d\u00e9c\u00e8s. En premier lieu, le nombre de naissances baisse depuis 2010. En 2024, avec 660 000 naissances en France, on a atteint le niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ! Pour autant, le nombre de femmes en \u00e2ge d\u2019avoir des enfants est relativement stable ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le recul du nombre de naissances s\u2019explique donc par une baisse de la f\u00e9condit\u00e9. L\u2019indicateur conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 est ainsi pass\u00e9 de 2 enfants par femme en 2014 \u00e0 1,6 en 2024. C\u2019est le taux le plus bas observ\u00e9 en France depuis 1919\u2026 m\u00eame s\u2019il reste plus \u00e9lev\u00e9 que dans une majorit\u00e9 des pays europ\u00e9ens. Pour comparaison, la moyenne europ\u00e9enne est de 1,4 enfant par femme en 2023, avec en particulier 1,1 enfant par femme en Espagne et 1,2 en Italie. Dans le m\u00eame temps, le nombre de d\u00e9c\u00e8s augmente. Il y a bien s\u00fbr eu la pand\u00e9mie de Covid-19 qui a provoqu\u00e9 une surmortalit\u00e9 sur la p\u00e9riode 2020-2022. Mais au-del\u00e0, il y a aussi l\u2019arriv\u00e9e des baby-boomers aux \u00e2ges de forte mortalit\u00e9. Les premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations nombreuses du baby-boom, n\u00e9es apr\u00e8s 1946, se rapprochent des 80 ans. Cela entra\u00eene m\u00e9caniquement une augmentation du nombre de d\u00e9c\u00e8s. De plus, l\u2019esp\u00e9rance de vie marque le pas. Elle ne cro\u00eet plus au m\u00eame rythme qu\u2019auparavant. Elle augmentait d\u2019environ 3 mois par an jusqu\u2019en 2010, puis de 2 mois par an entre 2010 et 2019. Elle a ensuite fl\u00e9chi sur la p\u00e9riode 2020-2022 du fait de la crise sanitaire. Elle a retrouv\u00e9 son niveau pr\u00e9-Covid en 2023 et elle se stabilise en 2024. Ainsi, le solde naturel est \u00e0 peine positif en 2024 en France. La hausse de population ralentit et r\u00e9sulte maintenant surtout des migrations, \u00e0 l\u2019inverse de ce qui \u00e9tait observ\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. \u00a0<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qu\u2019en est-il de la r\u00e9gion Occitanie ? Observe-t-on \u00e9galement un ralentissement d\u00e9mographique ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Hors Corse, l\u2019Occitanie est la r\u00e9gion de France m\u00e9tropolitaine o\u00f9 la population a augment\u00e9 le plus vite depuis 1975, de l\u2019ordre de 50 % en 50 ans. Elle progresse environ deux fois plus vite qu\u2019au niveau national, en raison d\u2019une forte attractivit\u00e9 de la r\u00e9gion. C\u2019est ainsi que, selon les derni\u00e8res estimations de l\u2019Insee<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, l\u2019Occitanie, qui talonnait la Nouvelle-Aquitaine, l\u2019a doubl\u00e9e en 2024. Avec 6,2 millions d\u2019habitants au 1er janvier 2025, elle se classe au 3e rang des r\u00e9gions fran\u00e7aises, derri\u00e8re l\u2019\u00cele-de- France et Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes. Mais le ralentissement d\u00e9mographique r\u00e9cent s\u2019observe aussi en Occitanie. Selon les derni\u00e8res estimations, si la population augmentait de 0,8 % par an entre 2016 et 2022, cette augmentation aurait \u00e9t\u00e9 de 0,7 % en 2023, et de 0,6 % en 2024. Comme au niveau national, la d\u00e9gradation du solde naturel explique ce ralentissement. Depuis 2017, le nombre de d\u00e9c\u00e8s d\u00e9passe celui des naissances en Occitanie. De plus, ce d\u00e9ficit naturel se creuse \u00e0 partir de 2020. En 2024, on compte environ 50 000 naissances pour 64 000 d\u00e9c\u00e8s. Le gain de population se fait donc par les migrations, le nombre d\u2019arrivants dans la r\u00e9gion \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9 que le nombre de partants. Ainsi, m\u00eame si l\u2019Occitanie reste tr\u00e8s attractive, sa croissance d\u00e9mographique ralentit car le gain migratoire commence \u00e0 se faire grignoter par un d\u00e9ficit naturel croissant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_5284\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5284\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5284\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-1024x536.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-1024x536.jpg 1024w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-300x157.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-768x402.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-1536x804.jpg 1536w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM-500x262.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_SN_SM.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5284\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9volution de la population en Occitanie depuis 1968<br \/>Source : Insee, recensements. CC AUAT 2025<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quels sont les territoires d\u2019Occitanie attractifs ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Occitanie pr\u00e9sente une grande vari\u00e9t\u00e9 de territoires. Tous b\u00e9n\u00e9ficient du mouvement global de la population fran\u00e7aise du nord vers le sud et vers les littoraux. Et les p\u00f4les de Toulouse et de Montpellier sont deux atouts majeurs pour attirer des \u00e9tudiants et des jeunes actifs. Ces grandes agglom\u00e9rations sont celles de France o\u00f9 la population augmente le plus vite sur la p\u00e9riode r\u00e9cente. La commune de Toulouse compte 512 000 habitants au 1er janvier 2022, au 4e rang national, juste derri\u00e8re Lyon. Au vu des dynamiques respectives de ces deux villes, Toulouse a probablement doubl\u00e9 Lyon depuis et serait ainsi aujourd\u2019hui la 3e ville de France. Les autres territoires d\u2019Occitanie tirent \u00e9galement leur \u00e9pingle du jeu en attirant des familles \u00e0 la recherche d\u2019une meilleure qualit\u00e9 de vie, des retrait\u00e9s, des n\u00e9oruraux\u2026 Ainsi, m\u00eame dans les d\u00e9partements ruraux o\u00f9 les naissances sont bien moins nombreuses que les d\u00e9c\u00e8s car les habitants sont plus \u00e2g\u00e9s, la population progresse ou stagne sur la p\u00e9riode r\u00e9cente gr\u00e2ce aux nouveaux arrivants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le Covid-19 a-t-il eu un effet sur l\u2019attractivit\u00e9 de certains territoires ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le terme d\u2019exode urbain a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 par certains pour qualifier les mobilit\u00e9s r\u00e9sidentielles de la p\u00e9riode post Covid-19, mais il n\u2019est pas appropri\u00e9 car le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 massif, et clairement sans commune mesure avec ce qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 l\u2019exode rural. La crise sanitaire et le d\u00e9veloppement du t\u00e9l\u00e9travail ont plut\u00f4t acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 certaines tendances d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre concernant les choix r\u00e9sidentiels. Ainsi, les d\u00e9parts d\u2019\u00cele-de-France se sont accrus, en particulier vers l\u2019Occitanie, ce qui a profit\u00e9 au rural et \u00e0 de nombreuses petites villes. C\u2019est le cas de l\u2019arri\u00e8re-pays m\u00e9diterran\u00e9en, mais aussi des couronnes qui deviennent de plus en plus larges autour des grandes agglom\u00e9rations, en \u00e9toile le long des principaux axes routiers. L\u2019extension de la p\u00e9riurbanisation autour des p\u00f4les \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en marche. Les premi\u00e8res couronnes \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 dens\u00e9ment peupl\u00e9es, la poursuite de la croissance d\u00e9mographique se fait sur des deuxi\u00e8mes, troisi\u00e8mes couronnes. Rappelons aussi que l\u2019aspiration \u00e0 la maison individuelle est facteur d\u2019\u00e9talement urbain, engendrant des d\u00e9placements toujours plus longs quand les emplois restent concentr\u00e9s dans les p\u00f4les urbains.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le vieillissement de la population est-il un mouvement de fond qui impacte tous les territoires ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Oui, le vieillissement de la population est une tendance lourde qui modifie significativement la structure de la population et devrait s\u2019amplifier. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, l\u2019arriv\u00e9e progressive aux \u00e2ges \u00e9lev\u00e9s des g\u00e9n\u00e9rations exceptionnellement nombreuses du baby-boom, n\u00e9es entre 1947 et 1973, d\u00e9s\u00e9quilibre la pyramide des \u00e2ges. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre est accentu\u00e9 par le ralentissement de la f\u00e9condit\u00e9. La pyramide des \u00e2ges actuelle d\u00e9terminant largement ce que sera la population de demain, quel que soit le sc\u00e9nario retenu, les projections de population faites par l\u2019Insee vont donc toutes dans le sens d\u2019une amplification \u00e0 venir du vieillissement. L\u2019incertitude sur le nombre de seniors dans les prochaines d\u00e9cennies est moins forte que celle sur le nombre d\u2019enfants et de jeunes. Les premiers sont d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, les autres ne sont pas encore n\u00e9s. Le vieillissement de la population s\u2019accompagne de nombreux d\u00e9fis \u00e0 relever : renouvellement g\u00e9n\u00e9rationnel des emplois, d\u00e9veloppement des services pour personnes \u00e2g\u00e9es, adaptation des logements, des espaces publics, des mobilit\u00e9s, financement des retraites et de la prise en charge de la d\u00e9pendance\u2026 L\u2019Occitanie n\u2019\u00e9chappe pas au vieillissement. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9gion \u00e2g\u00e9e et les migrations amplifient le ph\u00e9nom\u00e8ne. Les retrait\u00e9s sont ainsi deux fois plus nombreux \u00e0 venir s\u2019installer dans la r\u00e9gion qu\u2019\u00e0 la quitter. Le littoral et l\u2019arri\u00e8re-pays m\u00e9diterran\u00e9ens, mais aussi certains territoires ruraux, sont particuli\u00e8rement attractifs aupr\u00e8s des seniors. Cette arriv\u00e9e de retrait\u00e9s est facteur de revitalisation et de lien social dans des territoires peu dens\u00e9ment peupl\u00e9s ou en d\u00e9clin d\u00e9mographique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_5285\" style=\"width: 682px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5285\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5285\" src=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-672x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"672\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-672x1024.jpg 672w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-197x300.jpg 197w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-768x1170.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-1008x1536.jpg 1008w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-1344x2048.jpg 1344w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2-500x762.jpg 500w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/illusCM_pyramide-htev2.jpg 1369w\" sizes=\"(max-width: 672px) 100vw, 672px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5285\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9volution de la pyramide des \u00e2ges en Occitanie<br \/>Source : Insee, recensements. CC AUAT 2025<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, dans quelle mesure les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9mographiques vont-ils influencer la transformation des territoires ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9volutions des modes de vie qu\u2019on per\u00e7oit \u00e0 travers la d\u00e9mographie sont facteurs de changement soci\u00e9taux et de fragilisation d\u2019une partie de la population. Les parcours de vie sont de moins en moins homog\u00e8nes et lin\u00e9aires : le c\u00e9libat se d\u00e9veloppe, les s\u00e9parations et les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses, les d\u00e9m\u00e9nagements plus fr\u00e9quents. Ainsi, en Occitanie, un tiers des enfants mineurs vivent d\u00e9sormais avec un seul de leurs parents. Le niveau de vie diminue apr\u00e8s une s\u00e9paration, celui des femmes encore plus que celui des hommes. La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale est compliqu\u00e9e pour les femmes \u00e0 la t\u00eate d\u2019une famille monoparentale, surtout pour les plus modestes d\u2019entre elles. Le risque de paup\u00e9risation est \u00e9lev\u00e9 pour ces populations. Cette \u00e9volution des modes de vie, \u00e0 laquelle vient s\u2019ajouter le vieillissement de la population, explique que la taille moyenne des m\u00e9nages diminue. Ainsi, il faut de plus en plus de logements pour loger un m\u00eame nombre d\u2019habitants. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9mographiques sont facteurs \u00e0 la fois de difficult\u00e9 croissante d\u2019acc\u00e8s au logement pour les plus pr\u00e9caires, mais aussi d\u2019\u00e9talement urbain. Les maisons individuelles de premi\u00e8re couronne b\u00e2ties dans les ann\u00e9es 1980-90 sont souvent sous-occup\u00e9es par des propri\u00e9taires \u00e2g\u00e9s dont les enfants ont quitt\u00e9 le nid familial, et les jeunes m\u00e9nages doivent emm\u00e9nager plus loin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les perspectives d\u2019\u00e9volution de la population fran\u00e7aise et occitane dans les 20 ou 30 prochaines ann\u00e9es ? \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019Insee ne produit pas \u00e0 proprement parler des pr\u00e9visions d\u00e9mographiques, mais des projections bas\u00e9es sur des hypoth\u00e8ses d\u2019\u00e9volution de la f\u00e9condit\u00e9, de la mortalit\u00e9 et des migrations. Le sc\u00e9nario dit central reconduit les tendances r\u00e9centes. Selon ce sc\u00e9nario, l\u2019Occitanie serait la seule r\u00e9gion de France m\u00e9tropolitaine o\u00f9 la population ne cesserait d\u2019augmenter jusqu\u2019en 2070. Mais cette croissance ralentirait progressivement, pour arriver \u00e0 une quasi-stagnation \u00e0 environ 6,7 millions d\u2019habitants d\u00e8s 2060. La poursuite du creusement du d\u00e9ficit naturel serait la principale cause de ce ralentissement. L\u2019exc\u00e9dent migratoire resterait \u00e9lev\u00e9, mais faiblirait cependant. Selon ces projections centrales, la dynamique d\u00e9mographique ralentirait donc sensiblement par rapport \u00e0 ce qu\u2019elle \u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, en France, mais aussi en Occitanie. Cela incite \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 un changement de perspective dans les politiques locales, \u00e0 questionner l\u2019objectif de poursuite de la croissance d\u00e9mographique et \u00e0 pr\u00e9parer les acteurs locaux \u00e0 envisager un ralentissement, voire des diminutions de la population dans les prochaines d\u00e9cennies&#8230; Certaines inflexions r\u00e9centes ont d\u00e9j\u00e0 des cons\u00e9quences bien visibles. Ainsi, la baisse du nombre de naissances se traduit d\u00e9j\u00e0 par moins d\u2019enfants dans les classes maternelles, les \u00e9coles \u00e9l\u00e9mentaires. Cela devrait concerner bient\u00f4t les coll\u00e8ges, puis les lyc\u00e9es\u2026 Mais au-del\u00e0, beaucoup de param\u00e8tres peuvent influer sur les hypoth\u00e8ses sur lesquelles se basent les projections d\u00e9mographiques, et les incertitudes sont grandes. La baisse de la f\u00e9condit\u00e9 est-elle un ph\u00e9nom\u00e8ne passager, comme en 1993-1994 o\u00f9 l\u2019indice de f\u00e9condit\u00e9 \u00e9tait tomb\u00e9 sous 1,7 enfant par femme, avant de remonter rapidement jusqu\u2019\u00e0 2 en 2010 ? Des mesures de politique familiale pourraient contribuer \u00e0 un rebond de la natalit\u00e9, si toutefois le d\u00e9sir d\u2019enfants restait \u00e9lev\u00e9. L\u2019incertitude est forte \u00e9galement en mati\u00e8re de migrations, notamment internationales. Les contextes g\u00e9opolitique et climatique peuvent rendre caduque l\u2019hypoth\u00e8se centrale de stabilit\u00e9 du solde migratoire. Et au sein m\u00eame du territoire national, notamment avec le changement climatique, il est l\u00e9gitime de s\u2019interroger sur le maintien de l\u2019attractivit\u00e9 de certains territoires d\u2019Occitanie. L\u2019ensoleillement \u00e9lev\u00e9 du littoral m\u00e9diterran\u00e9en pourrait ne plus constituer un atout, car il signifie aussi des \u00e9pisodes \u00e0 venir plus fr\u00e9quents de forte chaleur. \u00celots de chaleur urbains, risques accrus d\u2019inondation, d\u2019incendie, de submersion marine&#8230; Certains territoires d\u2019Occitanie ressentiront encore plus fortement que d\u2019autres les cons\u00e9quences du changement climatique. Dans ce contexte, l\u2019implantation des populations et des activit\u00e9s \u00e9conomiques s\u2019adaptera.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Catherine Lavaud (Insee) et Marie Molinier (AUAT).<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Insee : Institut national des statistiques et des \u00e9tudes \u00e9conomiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelles sont les tendances lourdes des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es en mati\u00e8re de d\u00e9mographie ? Quelles inflexions observe-t-on actuellement ? Et demain, quel sera le visage de la population fran\u00e7aise ? Caroline Jamet, qui a dirig\u00e9 l\u2019Insee Occitanie pendant 8 ans avant de passer le relais en septembre \u00e0 Alexandre Gautier, se livre \u00e0 un exercice de p\u00e9dagogie et nous donne les cl\u00e9s de compr\u00e9hension des dynamiques d\u00e9mographiques nationales, r\u00e9gionales et locales de ces derni\u00e8res ann\u00e9es ainsi que de leurs impacts territoriaux.   <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5283,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[265],"tags":[13],"authors":[{"term_id":277,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"caroline-jamet","display_name":"Caroline JAMET"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5323"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5323"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5323\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5380,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5323\/revisions\/5380"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5283"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5323"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5323"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5323"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}