{"id":535,"date":"2017-06-07T12:05:23","date_gmt":"2017-06-07T10:05:23","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=535"},"modified":"2018-02-16T10:35:47","modified_gmt":"2018-02-16T09:35:47","slug":"en-quete-dune-identite-metropolitaine-pour-quoi-pour-qui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/en-quete-dune-identite-metropolitaine-pour-quoi-pour-qui\/","title":{"rendered":"En qu\u00eate d\u2019une identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine. <br>Pour quoi\u00a0? Pour qui\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Identite_Metropolitaine_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Robert MARCONIS,<\/strong><\/em><br \/>\n<em> Professeur \u00e9m\u00e9rite, membre du LISST \u2013 CIEU Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II \u2013 Jean Jaur\u00e8s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>En France, les m\u00e9tropoles de province\u00a0<\/strong><a href=\"#note_de_bas_de_page_01\">1<\/a><strong> se sont progressivement impos\u00e9es entre 1960 et 1975 dans l\u2019armature urbaine d\u2019un pays fortement centralis\u00e9. D\u00e9j\u00e0 capitales de leur r\u00e9gion administrative huit grandes agglom\u00e9rations fran\u00e7aises ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement promues m\u00e9tropoles d\u2019\u00e9quilibre par la DATAR en 1964, afin d\u2019organiser le red\u00e9ploiement territorial de l\u2019appareil productif national autour de \u00ab\u2009p\u00f4les de croissance\u2009\u00bb.<\/strong><\/p>\n<h3>Des identit\u00e9s face au d\u00e9fi de la modernit\u00e9<\/h3>\n<p>Cette injonction m\u00e9tropolitaine y entra\u00eena une forte croissance \u00e9conomique et d\u00e9mographique, qui a d\u00e9pass\u00e9 largement les communes centres, leur imposant une r\u00e9flexion nouvelle sur leur mode de gouvernance et leur configuration territoriale future. Dans la plupart d\u2019entre elles, l\u2019\u00c9tat a impos\u00e9 en 1966-1968 une organisation intercommunale de type \u00ab\u2009communaut\u00e9 urbaine\u2009\u00bb, tandis que se mettaient en \u0153uvre les proc\u00e9dures devant conduire \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de sch\u00e9mas directeurs d\u2019am\u00e9nagement et d\u2019urbanisme (SDAU), prescrits par la loi d\u2019orientation fonci\u00e8re de 1967. Ces nouveaux d\u00e9fis furent \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de plusieurs agences d\u2019urbanisme\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_02\">2<\/a>.<\/p>\n<p>Pendant qu\u2019\u00e9mergeaient et s\u2019organisaient ces m\u00e9tropoles, la question de leur identit\u00e9 ne se posait gu\u00e8re. Curieusement c\u2019est m\u00eame d\u2019en haut, et souvent sans concertation, que l\u2019\u00c9tat leur attribua des \u00ab\u2009vocations\u2009\u00bb, vecteurs d\u2019identit\u00e9s futures\u00a0: fonction europ\u00e9enne \u00e0 Strasbourg, \u00ab\u2009capitale de l\u2019a\u00e9ronautique et de l\u2019espace\u2009\u00bb pour Toulouse, Europort du Sud \u00e0 Marseille autour du complexe industrialo-portuaire de Fossur \u2014 Mer\u2026 La priorit\u00e9 pour toutes ces agglom\u00e9rations \u00e9tait d\u2019entrer dans la modernit\u00e9 et d\u2019effacer souvent toute trace d\u2019un pass\u00e9 \u00ab\u2009provincial\u2009\u00bb r\u00e9volu, afin de \u00ab\u2009jouer dans la cour des grandes\u2009\u00bb. Ce fut l\u2019heure des grands travaux d\u2019urbanisme empruntant \u00e0 des mod\u00e8les mis en \u0153uvre dans la capitale, dont l\u2019\u00c9tat dirigeait dans le m\u00eame temps un ambitieux programme de modernisation et de restructuration (villes nouvelles, RER, \u00e9quipements \u00e0 vocation internationale\u2026) pour en faire une grande m\u00e9tropole mondiale. R\u00e9novation ou d\u00e9doublement des centres anciens (La Part-Dieu, Meriadeck\u2026), \u00ab\u2009villes nouvelles\u2009\u00bb en p\u00e9riph\u00e9rie (Villeneuve d\u2019Ascq, Rives de l\u2019\u00c9tang de Berre, L\u2019Isle d\u2019Abeau\u2026 et le Mirail \u00e0 Toulouse\u2026). Cette fi\u00e8vre modernisatrice se fit souvent aux d\u00e9pens du patrimoine b\u00e2ti, qui fondait l\u2019identit\u00e9 de bien des villes, et cela malgr\u00e9 quelques tentatives de sauvegarde et de mise en valeur, que permettait par exemple la loi Malraux de 1962 sur les secteurs sauvegard\u00e9s.<\/p>\n<p>Progressivement les m\u00e9tropoles de province ne se diff\u00e9renciaient plus entre elles, confront\u00e9es aux m\u00eames probl\u00e8mes de croissance dans le domaine de la circulation et des transports en particulier. M\u00eame les grandes villes qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 \u00ab\u2009\u00e9lues\u2009\u00bb m\u00e9tropoles d\u2019\u00e9quilibre, s\u2019engageaient dans des logiques semblables (Le Polygone \u00e0 Montpellier, La Villeneuve \u00e0 Grenoble\u2026).<\/p>\n<div id=\"attachment_536\" style=\"width: 380px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-536\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-536\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"523\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite.jpg 597w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite-212x300.jpg 212w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite-500x707.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-536\" class=\"wp-caption-text\">Encart de promotion de Toulouse et de l\u2019A\u00e9rospatiale, 1991<\/p><\/div>\n<h3>Des identit\u00e9s au service\u00a0du marketing territorial<\/h3>\n<p>Un tournant s\u2019esquisse au milieu des ann\u00e9es\u00a01970. Plusieurs facteurs se conjuguent alors. Tandis que les classes moyennes s\u2019installent en p\u00e9riph\u00e9rie pour acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une maison individuelle, la croissance des grandes m\u00e9tropoles organis\u00e9es par et pour l\u2019automobile suscite des revendications de plus en plus vives face \u00e0 l\u2019engorgement de la voirie, malgr\u00e9 de lourds investissements routiers. S\u2019impose alors l\u2019id\u00e9e qu\u2019il convient d\u2019y relancer les transports collectifs et de repenser pour cela l\u2019espace public dans les zones les plus denses. Question complexe dans les m\u00e9tropoles dont la taille ne justifiait pas le choix d\u2019un m\u00e9tro comme \u00e0 Marseille, Lyon ou Lille, et qui se virent proposer des solutions de type tramway au sol, adopt\u00e9es. Si Nantes et Grenoble\u00a0s\u2019engagent dans de tels projets, d\u2019autres h\u00e9sitent entre VAL et tramway. Toulouse opte alors pour un \u00ab\u2009m\u00e9tro l\u00e9ger\u2009\u00bb souterrain de type VAL, symbole d\u2019un d\u00e9veloppement urbain fond\u00e9 sur des technologies nouvelles\u2026 et qui n\u2019impose pas de limiter la place de l\u2019automobile dans son centre. Ces choix ne sont pas sans cons\u00e9quence sur l\u2019identit\u00e9 de ces m\u00e9tropoles\u2009; imprimant durablement leur marque \u00e0 la configuration de leurs territoires. Ils incombaient d\u00e9sormais aux \u00e9lus locaux, qui n\u2019ignoraient pas leurs implications financi\u00e8res et les cons\u00e9quences politiques d\u2019une limitation de l\u2019usage de l\u2019automobile. Ils t\u00e9moignaient aussi d\u2019un processus de transfert des comp\u00e9tences entre l\u2019\u00c9tat et les collectivit\u00e9s territoriales qu\u2019ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 les lois de d\u00e9centralisation de 1982.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, sous la pression de l\u2019opinion, les \u00e9lus se voyaient reprocher des choix urbanistiques (\u00ab\u2009m\u00e9tro-boulot-dodo\u2009\u00bb), qui avaient trop souvent sacrifi\u00e9 le patrimoine \u00e0 la modernit\u00e9, et priv\u00e9 bien des villes des \u00e9l\u00e9ments d\u2019une identit\u00e9 culturelle, dont on s\u2019aper\u00e7ut qu\u2019elle \u00e9tait revendiqu\u00e9e non seulement par les habitants n\u00e9s dans ces lieux, ou qui s\u2019y \u00e9taient install\u00e9s depuis longtemps, mais aussi par les nouveaux venus, souvent ceux que l\u2019on nommait les \u00ab\u2009d\u00e9centralis\u00e9s\u2009\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_538\" style=\"width: 380px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite03.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-538\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-538\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite03.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"536\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite03.jpg 597w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite03-207x300.jpg 207w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite03-500x724.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-538\" class=\"wp-caption-text\">Affiche du Forum des Arts de l\u2019Universit\u00e9 Scientifique et Technique, 1986<\/p><\/div>\n<p>En qu\u00eate d\u2019am\u00e9nit\u00e9s sp\u00e9cifiques, ils ren\u00e2claient \u00e0 retrouver dans les m\u00e9tropoles un cadre et un mode de vie qui leur rappelaient trop ceux qu\u2019ils avaient connus dans la capitale ou sa banlieue.<\/p>\n<p>Enfin, le d\u00e9sengagement de l\u2019\u00c9tat dans le domaine \u00e9conomique et la mont\u00e9e du ch\u00f4mage, incitaient les acteurs locaux \u00e0 prendre un r\u00f4le de plus en plus important pour attirer de nouveaux investisseurs dans des secteurs qu\u2019on imaginait porteurs d\u2019avenir, et qui profitaient souvent du potentiel accumul\u00e9 dans ces m\u00e9tropoles au cours des deux d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes. Beaucoup choisirent de repenser le d\u00e9veloppement autour d\u2019entreprises innovantes, valorisant les gisements de mati\u00e8re\u00a0grise, constitu\u00e9s par les universit\u00e9s et les laboratoires de recherche. Les m\u00e9tropoles se pens\u00e8rent alors comme des \u00ab\u2009technopoles\u2009\u00bb, s\u2019engageant dans une comp\u00e9tition qui prit une dimension internationale.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9velopper leur attractivit\u00e9, pour s\u00e9duire de nouveaux investisseurs, de nouveaux habitants, de nouveaux contingents d\u2019ing\u00e9nieurs, de techniciens et de cadres, elles s\u2019efforc\u00e8rent alors de mettre l\u2019accent sur leurs atouts, en soulignant leurs diff\u00e9rences. Ce \u00ab\u2009marketing territorial\u2009\u00bb <a href=\"#note_de_bas_de_page_03\">3<\/a> suscita des r\u00e9flexions nouvelles sur leur \u00ab\u2009identit\u00e9\u2009\u00bb. Dans un monde qui fonctionnait de plus en plus sur la base de r\u00e9seaux\u2009\u00bb, chacune se voulait \u00ab\u2009carrefour\u2009\u00bb, si possible \u00ab\u2009europ\u00e9en\u2009\u00bb (\u00ab\u2009<em>Lille, la M\u00e9tropole position<\/em>\u2009\u00bb) et, quand la g\u00e9ographie se pr\u00eatait mal \u00e0 la d\u00e9monstration, d\u2019autres, comme Brest, pr\u00e9f\u00e9raient se dire, carte \u00e0 l\u2019appui, \u00ab\u2009\u00e0 la pointe de l\u2019Europe\u2009\u00bb. Potentiel scientifique, industriel ou culturel, grands \u00e9v\u00e9nements, qualit\u00e9 de la vie\u2026 ont \u00e9t\u00e9 habilement mobilis\u00e9s\u00a0: \u00ab&nbsp;<em>Montpellier la surdou\u00e9e, berceau du futur<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Toulouse devrait s\u2019\u00e9crire avec deux ailes\u2009<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Nantes, l\u2019effet c\u00f4te Ouest<\/em>&nbsp;\u00bb\u2026 Cette qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 mobilisa les acteurs locaux\u2009; elle fut port\u00e9e parfois par un grand \u00e9lu m\u00e9diatique, ou s\u2019est appuy\u00e9e sur un \u00ab\u2009projet urbain\u2009\u00bb que symbolisait une op\u00e9ration d\u2019urbanisme ou un geste architectural embl\u00e9matique (Tour \u00ab&nbsp;Crayon&nbsp;\u00bb de la Part-Dieu, Antigone \u00e0 Montpellier, Euralille).<\/p>\n<div id=\"attachment_539\" style=\"width: 295px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite04.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-539\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-539\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite04.jpg\" alt=\"\" width=\"285\" height=\"477\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite04.jpg 337w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite04-179x300.jpg 179w\" sizes=\"(max-width: 285px) 100vw, 285px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-539\" class=\"wp-caption-text\">Projet de Ville pour Toulouse, 1993<\/p><\/div>\n<h3>Identit\u00e9s et projets m\u00e9tropolitains<\/h3>\n<p>Ces identit\u00e9s construites pour s\u2019imposer dans une comp\u00e9tition avec d\u2019autres m\u00e9tropoles, eurent aussi pour effet de faire red\u00e9couvrir un patrimoine historique ou naturel que l\u2019on avait souvent ignor\u00e9 dans les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes quand on n\u2019y avait pas port\u00e9 gravement atteinte au nom d\u2019un urbanisme trop exclusivement fonctionnaliste. Valoriser ces h\u00e9ritages, f\u00fbtil un \u00ab\u2009patrimoine r\u00e9invent\u00e9\u2009\u00bb <a href=\"#note_de_bas_de_page_04\">4<\/a>, tout en affichant une ambition d\u2019innovation et de modernisme, telle appara\u00eet alors la strat\u00e9gie des m\u00e9tropoles pour imposer, vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur une \u00ab\u2009identit\u00e9\u2009\u00bb qui permettait de faire entendre ou voir leurs diff\u00e9rences et leurs atouts. Recherche d\u2019une reconnaissance patrimoniale par l\u2019inscription au Patrimoine Mondial de l\u2019Unesco (Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Le Havre), valorisation d\u2019un environnement de qualit\u00e9 souvent par la protection et la mise en valeur des \u00ab\u2009fronts d\u2019eau\u2009\u00bb avec la reconqu\u00eate des rives de grands fleuves ou de fa\u00e7ades portuaires\u2026 Fondateur des nouvelles identit\u00e9s m\u00e9tropolitaines au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, cet \u00e9quilibre, Toulouse l\u2019avait souhait\u00e9, d\u00e8s 1993, en pr\u00e9sentant son \u00ab\u2009Projet de Ville\u2009\u00bb\u00a0: \u00ab\u2009<em>L\u2019ambition d\u2019une ville forte, L\u2019\u00e9quilibre d\u2019une ville douce<\/em>\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019habitant de ces grandes m\u00e9tropoles en expansion adh\u00e8re-t-il \u00e0 ces images et \u00e0 ces r\u00e9f\u00e9rences identitaires construites d\u2019abord pour promouvoir leur ville \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur en utilisant des supports m\u00e9diatiques de plus en plus vari\u00e9s. Et qu\u2019en est-il quand elles sont reprises par des agences de communication qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 utiliser des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la langue anglaise, parfois avec humour (OnlyLyon), parfois de fa\u00e7on plus surprenante, comme avec So*Toulouse, \u00ab\u2009marque de rayonnement qui a pour objectif de faire conna\u00eetre la destination Toulouse et donner envie d\u2019y venir\u2009\u00bb, alors que dans le m\u00e9tro, symbole de modernit\u00e9, les annonces sont faites seulement en fran\u00e7ais et\u2026 en occitan, laissant perplexes les usagers \u00e9trangers vivant la mondialisation au quotidien\u2026 et en anglais\u2009?<\/p>\n<div id=\"attachment_540\" style=\"width: 380px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite05.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-540\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-540\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite05.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"523\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite05.jpg 597w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite05-212x300.jpg 212w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite05-500x707.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 370px) 100vw, 370px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-540\" class=\"wp-caption-text\">Affiche de promotion de Montpellier<\/p><\/div>\n<p>La qu\u00eate d\u2019une identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine ne saurait oublier en effet la diversit\u00e9 des populations de ces vastes aires urbaines qui se sont profond\u00e9ment renouvel\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Aujourd\u2019hui, 33,6\u00a0% seulement des habitants de la commune de Toulouse sont n\u00e9s dans l\u2019aire urbaine (31,2\u00a0% \u00e0 Toulouse m\u00eame), et 15,5\u00a0% dans le reste de la nouvelle r\u00e9gion Occitanie. Plus de la moiti\u00e9 sont natifs d\u2019une autre r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine (30,5\u00a0%) \u2014 dont 8,3\u00a0% pour l\u2019Ile de France \u2014, des DOM (1,9\u00a0%) ou de pays \u00e9trangers (18,5\u00a0%). Cet apport \u00ab\u2009ext\u00e9rieur\u2009\u00bb est moins important dans l\u2019ensemble des communes de l\u2019aire urbaine hors Toulouse\u00a0: les habitants n\u00e9s hors de l\u2019Occitanie n\u2019\u00e9tant plus que 39,3\u00a0%. Comment \u00ab\u2009faire m\u00e9tropole\u2009\u00bb, avec des populations d\u2019origines si diverses, qui se renouvellent fortement et se redistribuent au sein de l\u2019aire urbaine\u2009? En 2013, 10\u00a0% des 458\u00a0000 habitants de la seule commune de Toulouse n\u2019y r\u00e9sidaient pas l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et 10\u00a0% y occupaient un logement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>\u00c0 Toulouse, comme ailleurs, \u00e0 la diversit\u00e9 des origines s\u2019ajoutent bien s\u00fbr de fortes disparit\u00e9s de revenus, d\u2019activit\u00e9s et de modes vie qui induisent des rapports tr\u00e8s vari\u00e9s avec les territoires m\u00e9tropolitains et la fa\u00e7on dont il sont \u00ab\u2009v\u00e9cus\u2009\u00bb et per\u00e7us <a href=\"#note_de_bas_de_page_05\">5<\/a>. Comment en seraitil autrement sur des territoires de plus en plus vastes et de plus en plus peupl\u00e9s (453 communes et 1,3 million d\u2019habitants pour l\u2019aire urbaine de Toulouse)\u2009? Chacun vit le fait m\u00e9tropolitain\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_06\">6<\/a> \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles qui nourrissent des \u00ab\u2009identit\u00e9s multiples\u2009\u00bb, parfois antagonistes. On peut penser qu\u2019elles mettront sans doute de longues ann\u00e9es pour converger et se reconna\u00eetre \u00e9ventuellement dans UNE identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine, qui reste \u00e0 construire dans une m\u00e9tropole sans doute mieux identifi\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur, que par ceux qui tentent, au quotidien, d\u2019y \u00ab\u2009vivre ensemble\u2009\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_541\" style=\"width: 810px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-541\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-541 size-full\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"427\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06.jpg 800w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06-300x160.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06-768x410.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/identite06-500x267.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-541\" class=\"wp-caption-text\">Lieux de naissance des habitants de la commune de Toulouse (2013) Source\u00a0: Insee, recensement<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Acronymes\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>DATAR\u00a0: D\u00e9l\u00e9gation interminist\u00e9rielle \u00e0 l\u2019Am\u00e9nagement du Territoire et \u00e0 l\u2019Attractivit\u00e9 R\u00e9gionale<\/li>\n<li>SDAU\u00a0: Sch\u00e9ma Directeur d\u2019Am\u00e9nagement et d\u2019Urbanisme<\/li>\n<li>VAL\u00a0: V\u00e9hicule Automatique L\u00e9ger<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"notesBasDePage\">\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_01\">1<\/strong>. MARCONIS R., <em>Urbanisation et urbanisme en France, Les m\u00e9tropoles de province<\/em>, La Documentation fran\u00e7aise, 2002. MARCONIS R., <em>France, recompositions territoriales<\/em>, La Documentation fran\u00e7aise, 2006.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_02\">2<\/strong>. L\u2019agglom\u00e9ration de Toulouse n\u2019a pas eu de statut de communaut\u00e9 urbaine \u00e0 cette \u00e9poque. Elle deviendra communaut\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration en 2001 seulement et communaut\u00e9 urbaine en 2009. L\u2019agence d\u2019urbanisme de Toulouse a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1972.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_03\">3<\/strong>. Rosemberg M., <em>Le marketing urbain en question<\/em>, Anthropos, 2000.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_04\">4<\/strong>. Bourdin A.,<em> Le patrimoine r\u00e9invent\u00e9<\/em>, PUF, 1984.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_05\">5<\/strong>. BOURDIN A. (sous la dir. de), <em>La m\u00e9tropole fragile<\/em>, \u00c9ditions du Moniteur, 2015.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_06\">6<\/strong>. \u00ab\u2009Fait urbain, Fait m\u00e9tropolitain\u2009\u00bb, <em>Belvede\u042f<\/em> n\u00b0\u00a00, d\u00e9cembre 2016.\n<\/div>\n<p><em>photos\u00a0\u00a9 Ville de Toulouse,\u00a0\u00a9 Ville de Montpellier<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En France, les m\u00e9tropoles de province\u00a01 se sont progressivement impos\u00e9es entre 1960 et 1975 dans l\u2019armature urbaine d\u2019un pays fortement centralis\u00e9. D\u00e9j\u00e0 capitales de leur r\u00e9gion administrative huit grandes agglom\u00e9rations fran\u00e7aises ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement promues m\u00e9tropoles d\u2019\u00e9quilibre par la DATAR en 1964, afin d\u2019organiser le red\u00e9ploiement territorial de l\u2019appareil productif national autour de \u00ab\u2009p\u00f4les de croissance\u2009\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":540,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/535"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=535"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/535\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1789,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/535\/revisions\/1789"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/540"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}