{"id":5357,"date":"2025-10-24T15:17:58","date_gmt":"2025-10-24T13:17:58","guid":{"rendered":"https:\/\/revue-belveder.org\/?p=5357"},"modified":"2025-10-30T09:33:59","modified_gmt":"2025-10-30T08:33:59","slug":"personnes-abris-diversite-de-parcours-radars-outils-statistiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/personnes-abris-diversite-de-parcours-radars-outils-statistiques\/","title":{"rendered":"Les personnes sans-abris, une diversit\u00e9 de parcours sous les radars des outils statistiques"},"content":{"rendered":"<p>Un travail de terrain, la rencontre de personnes sans-abris, d\u2019associations et d\u2019\u00e9lus permettent de compl\u00e9ter les donn\u00e9es statistiques pour objectiver et comprendre les situations de sans-abrisme. Celles-ci se sont largement complexifi\u00e9es et diversifi\u00e9es en raison de l\u2019intensification des migrations, mais aussi de la conjugaison de ruptures sociales et de tensions sur le march\u00e9 du logement. Observer pour prendre la mesure des enjeux est donc la premi\u00e8re \u00e9tape de toute politique publique. Les travaux des observatoires locaux du sans-abrisme permettent ainsi d\u2019agir, d\u2019anticiper les dynamiques \u00e0 venir, de consolider les strat\u00e9gies publiques, de coordonner les actions, d\u2019en imaginer des nouvelles. Bref, de renforcer l\u2019acc\u00e8s au logement\u2026 d\u2019abord !<\/p>\n<p>La coop\u00e9rative Place a men\u00e9 une \u00e9tude sur le sans-abrisme dans la m\u00e9tropole bordelaise en 2022, bas\u00e9e notamment sur un travail de terrain et d\u2019entretiens. Celle-ci r\u00e9v\u00e9lait qu\u2019environ 4 800 personnes y \u00e9taient sans domicile, auxquelles s\u2019ajoutaient 7 200 personnes expos\u00e9es \u00e0 un risque de bascule, faute de s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9sidentielle, h\u00e9berg\u00e9es de mani\u00e8re informelle chez des tiers. Soit pr\u00e8s de 12 000 personnes qui, sur la m\u00e9tropole bordelaise, ne disposaient pas d\u2019un logement p\u00e9renne, confirmant ce que les acteurs de terrain qualifient de \u00ab tsunami social \u00bb depuis la crise du Covid-19. Au-del\u00e0 des chiffres mis \u00e0 jour par cette \u00e9tude, le travail de terrain r\u00e9alis\u00e9 a permis de mettre en \u00e9vidence dix profils de personnes sans-abris et trois m\u00e9canismes mettant \u00e0 l\u2019\u00e9preuve les valeurs d\u2019un territoire attentif aux situations et \u00e0 la place de chacun, \u00e0 ce qui fait hospitalit\u00e9 et coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #808080\"><em><strong>De qui parle-t-on ? <\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #808080\"><em>Selon l\u2019Insee, une personne est consid\u00e9r\u00e9e comme sans domicile \u00ab si la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, elle a eu recours \u00e0 un service d\u2019h\u00e9bergement ou si elle a dormi dans un lieu non pr\u00e9vu pour l\u2019habitation (rue, abri de fortune) \u00bb. Cette d\u00e9finition, partag\u00e9e par les acteurs de terrain, int\u00e8gre la notion de parcours r\u00e9sidentiel chaotique, o\u00f9 se succ\u00e8dent les situations de rue, d\u2019abri temporaire, de squat ou de logement chez un tiers \u2013 mais toujours sans ancrage stable, sans \u00ab chez-soi \u00bb.<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<h3><strong>Les d\u00e9crochages li\u00e9s aux ruptures sociales <\/strong><\/h3>\n<p>Les causes qui m\u00e8nent au sans-abrisme sont souvent li\u00e9es \u00e0 des ruptures professionnelles (perte d\u2019emploi, d\u00e9classement, abandon d\u2019\u00e9tudes), familiales (s\u00e9paration, violences, fugue), sanitaires (addictions, troubles psychiatriques, handicap), institutionnelles (sortie de prison, h\u00f4pital, foyers) ou juridiques (fin de prise en charge ASE, contrats jeunes majeurs, mesures de protection\u2026), ou plus simplement \u00e0 la perte de logement (expulsion\u2026). Ces ruptures s\u2019alimentent entre elles, usent les personnes et renforcent leur isolement.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les jeunes en errance <\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs facteurs expliquent la pr\u00e9sence de jeunes de moins de 30 ans dans la rue, notamment la fin de la prise en charge de l\u2019aide sociale \u00e0 l\u2019enfance (ASE). Ce passage peut s\u2019accompagner d\u2019histoires dramatiques, et certains basculent dans des situations inqui\u00e9tantes o\u00f9 se cumulent diverses probl\u00e9matiques (psychologiques, addictions&#8230;). Accompagn\u00e9s, pour certains, de leur chien, dont le r\u00f4le oscille entre report affectif et protection r\u00e9elle, ces jeunes en errance recherchent des alliances protectrices, des \u00ab fr\u00e8res et s\u0153urs de rue \u00bb. Dans la journ\u00e9e, ils choisissent un spot \u00e0 Bordeaux-centre o\u00f9 la manche est plus facile, avant de prendre le tram pour dormir dans un lieu plus s\u00e9curisant. L\u2019\u00e9t\u00e9, la vie de \u00ab teufeurs \u00bb (vie en camion, festivals, <em>free party<\/em>) en \u00e9loigne certains de la ville.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les personnes vieillissantes <\/strong><\/p>\n<p>Chroniquement install\u00e9es dans la rue, de jour comme de nuit, elles peuvent souffrir d\u2019une addiction qui les assigne \u00e0 un lieu (march\u00e9 des Capucins, gare, Palais des sports&#8230;). Elles s\u2019installent proche de sup\u00e9rettes qui font cr\u00e9dit le jour, et de lieux o\u00f9 se mettre \u00e0 l\u2019abri la nuit (parkings, laveries, devantures, recoins d\u2019immeubles, de petites rues\u2026). \u00c9loign\u00e9es des dispositifs d\u2019urgence, elles peuvent trouver refuge \u00e0 certains moments dans des petits h\u00f4tels priv\u00e9s qui jouent un r\u00f4le social tr\u00e8s utile, mais qui disparaissent progressivement. Les personnes du r\u00e9seau de professionnels, qui ont su tisser avec elles une relation patiente, attentive et respectueuse de leurs droits, sont un soutien utile.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les femmes seules ou avec enfants <\/strong><\/p>\n<p>Elles sont de plus en plus pr\u00e9sentes dans la rue, les foyers ou les squats. Les filets de s\u00e9curit\u00e9 disparaissant progressivement, celles qui se tenaient tant bien que mal \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la rue s\u2019y retrouvent pouss\u00e9es pour diverses raisons : pauvret\u00e9, pr\u00e9carit\u00e9, violences conjugales, s\u00e9paration, migration, soucis de sant\u00e9\u2026 Des nuits d\u2019h\u00f4tel financ\u00e9es notamment par l\u2019\u00c9tat, le CCAS et le D\u00e9partement (comp\u00e9tence suppl\u00e9tive \u00e0 l\u2019\u00c9tat pour les m\u00e8res enceintes et\/ou avec enfant de moins de 3 ans) permettent des mises \u00e0 l\u2019abri des m\u00e8res avec enfants. Certains squats d\u00e9di\u00e9s aux femmes jouent \u00e9galement un r\u00f4le dans l\u2019accueil de ce public. Au-del\u00e0 du logement, ces m\u00e8res, migrantes ou non, ont de gros besoins en termes de soins et de soutien (pu\u00e9riculture, parentalit\u00e9, \u00e9coute\u2026), sachant que la plupart \u00ab \u00e9chappent au 115 \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les invisibles, des individus discrets <\/strong><\/p>\n<p>La recherche de discr\u00e9tion et d\u2019anonymat dicte leur conduite. Suite \u00e0 une rupture (familiale, emploi, sant\u00e9\u2026), ils sont coup\u00e9s de leurs anciens r\u00e9seaux, qu\u2019ils ont mis \u00e0 distance. \u00c0 moins que cela ne soit le contraire. Soucieux de pr\u00e9server leur apparence (hygi\u00e8ne, v\u00eatements), ils identifient des \u00ab interstices \u00bb pour se loger, comme des petits espaces collectifs (loge, entr\u00e9e d\u2019immeuble, microlocal), un garage ou le logement d\u2019un propri\u00e9taire absent ou d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Ils rep\u00e8rent des volets ferm\u00e9s, souvent en p\u00e9riph\u00e9rie, avant de trouver les cl\u00e9s (\u00ab sous un pot de fleur ! \u00bb) ou de pousser (\u00ab un peu fort \u00bb) la porte d\u2019entr\u00e9e. Ils savent se rendre utiles vis-\u00e0-vis de leur environnement et de leur voisinage. En sortant les poubelles dans une copropri\u00e9t\u00e9, par exemple, en \u00e9change du \u00ab silence \u00bb et de la compr\u00e9hension de leurs voisins. Ils trouvent ainsi le moyen de gagner leur vie, ou plut\u00f4t leur survie, sans r\u00e9el accompagnement social. Ces personnes ne sont ni rep\u00e9r\u00e9es, ni rep\u00e9rables, par les services comp\u00e9tents. Certaines sont pass\u00e9es par la rue et des squats, qu\u2019elles ont fuis face \u00e0 leur violence et leurs tensions, li\u00e9es aux expulsions permanentes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>L\u2019horizon bouch\u00e9 du logement<\/strong><\/h3>\n<p>Dans un contexte de tension immobili\u00e8re, le travail ne garantit plus un logement. Le parc locatif priv\u00e9 reste inaccessible pour les personnes \u00e0 faibles ressources (caution, loyer \u00e9lev\u00e9), et le logement social souffre de d\u00e9lais d\u2019attente et de rigidit\u00e9s administratives. \u00c0 Bordeaux M\u00e9tropole, malgr\u00e9 3 000 logements sociaux construits chaque ann\u00e9e dans le cadre du PLH, les besoins explosent. Ainsi, les travailleurs pauvres, les saisonniers, les \u00e9tudiants, les apprentis, dont le niveau de vie est inf\u00e9rieur au seuil de pauvret\u00e9, constituent une figure de plus en plus pr\u00e9gnante parmi les publics du sans-abrisme (et du mal-logement). Le logement constitue un poste inaccessible qui doit \u00eatre sacrifi\u00e9 et compens\u00e9 par des solutions de repli.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les \u00e9tudiants, stagiaires en formation et apprentis <\/strong><\/p>\n<p>De nombreux \u00e9tudiants, notamment boursiers ou \u00e9trangers, commencent l\u2019ann\u00e9e sans logement. Malheureusement, cette p\u00e9riode \u00ab chaude \u00bb s\u2019\u00e9tire de plus en plus. Elle les am\u00e8ne \u00e0 bricoler toutes sortes de solutions : des nuits chez un \u00ab ami \u00bb, une chambre Airbnb, un campement sauvage, une voiture, un squat, un camion&#8230; On ne compte plus les syst\u00e8mes de d\u00e9brouille en attentant un logement plus p\u00e9renne, quand il se lib\u00e8re via le CROUS, les r\u00e9sidences Habitat Jeunes ou le march\u00e9 priv\u00e9. Certains finissent par rentrer chez leurs parents, en abandonnant leurs \u00e9tudes bordelaises.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les travailleurs pauvres <\/strong><\/p>\n<p>Attir\u00e9es par les opportunit\u00e9s de travail dans la m\u00e9tropole bordelaise, des personnes viennent s\u2019y installer pour des p\u00e9riodes plus ou moins longues, en fonction de la dur\u00e9e de leur contrat de travail (beaucoup en int\u00e9rim ou en emploi saisonnier). Essentiellement des hommes jeunes, ils vivent parfois dans leur voiture, pour \u00e9conomiser et parce que le parc priv\u00e9 (caution, co\u00fbt) ou public (d\u00e9lais, contraintes administratives) leur est difficilement accessible. Ils trouvent une place gratuite pour garer leur voiture en p\u00e9riph\u00e9rie, \u00e0 proximit\u00e9 de leur lieu de travail, d\u2019un parc et d\u2019un point d\u2019eau (gymnase, WC, cimeti\u00e8re, aire d\u2019autoroute) et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 (pour recharger les t\u00e9l\u00e9phones). Ils alternent avec des nuits d\u2019h\u00f4tel peu on\u00e9reuses en bordure de rocade, voire un Airbnb, pour un acc\u00e8s aux douches et \u00e0 un confort r\u00e9parateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>L\u2019intensification des migrations <\/strong><\/h3>\n<p>Les personnes migrantes repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui une fraction importante du sans-abrisme. Elles font l\u2019objet de nombreux amalgames qui renvoient \u00e0 des raccourcis, alors m\u00eame que leurs parcours, leur statut juridique, leurs exp\u00e9riences et leurs ressources varient, et influencent fortement leurs droits et leurs trajectoires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les demandeurs d\u2019asile <\/strong><\/p>\n<p>Une part importante de ces personnes (majoritairement des Albanais, G\u00e9orgiens, Syriens et Afghans en 2019) peut \u00eatre h\u00e9berg\u00e9e dans les places disponibles du DNA (dispositif national d&#8217;accueil des personnes demandant asile). Une fois l\u2019instruction de leur demande d\u2019asile termin\u00e9e (6 \u00e0 18 mois), les titulaires du statut de r\u00e9fugi\u00e9 sont inscrits comme prioritaires dans la longue liste d\u2019attente des demandeurs de logement social, sans pour autant que cela leur garantisse un logement. Celles qui sont d\u00e9bout\u00e9es du droit d\u2019asile et soumises \u00e0 l\u2019OQTF (obligation de quitter le territoire fran\u00e7ais) disparaissent, en esp\u00e9rant r\u00e9appara\u00eetre dans 5 ans, pour renouveler leur demande. Les places d\u2019urgence ou les nuit\u00e9es d\u2019h\u00f4tel permettent parfois des moments de r\u00e9pit qui sont largement compl\u00e9t\u00e9s par des initiatives citoyennes informelles, de particuliers et de collectifs militants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les mineurs non accompagn\u00e9s (MNA) <\/strong><\/p>\n<p>Nombre de mineurs \u00e9trangers isol\u00e9s, sans r\u00e9f\u00e9rent l\u00e9gal et potentiellement en danger, errent sans solutions, de squat en squat, notamment ceux qui n\u2019ont pas encore fait l\u2019objet d\u2019un diagnostic sur leur \u00e2ge. Si leur demande de prise en charge dans le cadre de l\u2019aide sociale \u00e0 l\u2019enfance est rejet\u00e9e (reconnaissance ou non de minorit\u00e9 par le D\u00e9partement), ces jeunes devenus sans-papiers mobilisent des solutions pr\u00e9caires, fond\u00e9es sur l\u2019invisibilit\u00e9, et se retrouvent expos\u00e9s \u00e0 des r\u00e9seaux violents de malfaiteurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les familles bulgares et roumaines <\/strong><\/p>\n<p>Ces citoyens europ\u00e9ens de langues et religions diverses (turcophones et musulmans, romani et \u00e9vang\u00e9listes\u2026) quittent la pr\u00e9carit\u00e9 et les discriminations de leur r\u00e9gion d\u2019origine pour de meilleures conditions de vie avec un travail mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en France. Le travail dans l\u2019emploi saisonnier du BTP ou des activit\u00e9s agricoles, ou dans la mendicit\u00e9, leur permettent d\u2019amasser un p\u00e9cule et d\u2019ouvrir leurs droits (permis de travail, sant\u00e9, \u00e9cole). Ils vivent souvent dans de \u00ab gros squats \u00bb (de 100 \u00e0 400 personnes), rythm\u00e9s par de r\u00e9guliers aller-retours dans leurs pays d\u2019origine et de r\u00e9guli\u00e8res ouvertures et fermetures de squats. Leurs projets et leurs conditions d\u2019\u00ab installation \/ int\u00e9gration \u00bb m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre envisag\u00e9s avec d\u2019autres lunettes, comme en t\u00e9moignent les dispositifs sp\u00e9cifiques logement temporaire d\u2019insertion (LTI) \/ espace temporaire d\u2019insertion (ETI), sous ma\u00eetrise d\u2019ouvrage de Bordeaux M\u00e9tropole.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les migrants \u00e9conomiques <\/strong><\/p>\n<p>Ce sont le plus souvent des hommes qui ont quitt\u00e9 un pays dans l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure pour eux et leur famille. Ils arrivent en France \u00e0 la recherche d\u2019un emploi qu\u2019ils comptent trouver gr\u00e2ce \u00e0 leur communaut\u00e9 et leurs r\u00e9seaux. Ils s\u2019inscrivent dans une immigration professionnelle et traditionnelle, prolong\u00e9e ou non d\u2019un regroupement familial. Ils occupent en g\u00e9n\u00e9ral des \u00ab m\u00e9tiers difficiles \u00e0 pourvoir \u00bb dans le secteur du b\u00e2timent ou de l\u2019agriculture, \u00e0 la fronti\u00e8re de la m\u00e9tropole (M\u00e9doc, Libournais\u2026). Munis d\u2019un contrat de travail, ils esp\u00e8rent ouvrir des droits (permis de travail, sant\u00e9, logement, famille). En attendant, ils trouvent et s\u2019installent dans des solutions ultrapr\u00e9caires. La d\u00e9faillance de certains employeurs, ou celle de \u00ab fili\u00e8res de recrutement \u00bb plus ou moins l\u00e9gales, renvoient ces migrants \u00e0 des conditions de mal-logement av\u00e9r\u00e9es (logements suroccup\u00e9s, caravanes, tentes, squats).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment avoir une bonne connaissance du sans-abrisme ? Combien de personnes sont concern\u00e9es ? Quels sont leurs profils ? Quels parcours les ont men\u00e9es au sans-abrisme ? Dans quelle situation vivent-elles ? Autant de questions auxquelles les statistiques disponibles ne peuvent aujourd\u2019hui pleinement apporter de r\u00e9ponses, faute de donn\u00e9es pr\u00e9cises, territorialis\u00e9es et suivies dans le temps . Autant de connaissances pourtant n\u00e9cessaires pour \u00ab mettre fin au sans-abrisme \u00e0 l\u2019horizon 2030 \u00bb, ambition affich\u00e9e par l\u2019Union europ\u00e9enne dans la D\u00e9claration de Lisbonne de 2021, et d\u00e9clin\u00e9e en France \u00e0 travers l\u2019objectif \u00ab z\u00e9ro personne \u00e0 la rue \u00bb. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":5297,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[265],"tags":[],"authors":[{"term_id":257,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"loic-geindre","display_name":"Lo\u00efc GEINDRE"},{"term_id":271,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"herve-castelli","display_name":"Herv\u00e9 Castelli"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5357"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5357"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5357\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5358,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5357\/revisions\/5358"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}