{"id":628,"date":"2017-06-09T09:43:53","date_gmt":"2017-06-09T07:43:53","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=628"},"modified":"2018-02-07T11:36:17","modified_gmt":"2018-02-07T10:36:17","slug":"les-reseaux-de-transport-marqueurs-de-lidentite-metropolitaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/les-reseaux-de-transport-marqueurs-de-lidentite-metropolitaine\/","title":{"rendered":"Les r\u00e9seaux de transport,<br> marqueurs de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Reseaux_de_Transport_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Bruno Balmot,<br \/>\n<\/strong>Charg\u00e9 de Projet Mobilit\u00e9 et Transport \u00e0 l&#8217;aua\/T<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L\u2019am\u00e9lioration des mobilit\u00e9s engendre une nouvelle utilisation de l\u2019espace, qui peut se traduire paradoxalement par une dilution du sentiment d\u2019appartenance. Mais les r\u00e9seaux de transports sont aussi des marqueurs\u00a0: mobilier urbain, stations, v\u00e9hicules&#8230; Comment participent-ils de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine\u2009? Permettent-ils une meilleure lisibilit\u00e9 du territoire, notamment pour les nouveaux arrivants\u2009?<\/strong><\/p>\n<h3>De l\u2019\u00e9chelle m\u00e9tropolitaine \u00e0 l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine<\/h3>\n<p>L\u2019am\u00e9lioration constante des vitesses de d\u00e9placement a fortement modifi\u00e9 le rapport \u00e0 l\u2019espace. Le budget-temps consacr\u00e9 \u00e0 la mobilit\u00e9 est relativement stable\u00a0: la vitesse ne permet pas de gagner du temps, mais bien souvent d\u2019augmenter la distance parcourue.<\/p>\n<p>Apparaissent ainsi des bassins de vie \u00e0 grande \u00e9chelle, \u00e0 l\u2019instar des aires urbaines d\u00e9finies selon les flux domicile-travail. Les m\u00e9tropoles \u2014 au-del\u00e0 d\u2019une \u00e9chelle institutionnelle \u2014 repr\u00e9sentent \u00e9galement une intensit\u00e9 de flux et d\u2019\u00e9changes sur un m\u00eame territoire. Or, ces vastes entit\u00e9s urbaines interrogent la construction d\u2019un sentiment d\u2019appartenance chez leurs habitants.<\/p>\n<p>Si les r\u00e9seaux de transport constituent un corollaire incontournable \u00e0 l\u2019existence d\u2019une \u00e9chelle m\u00e9tropolitaine, ils peuvent aussi constituer une limite \u00e0 la construction d\u2019une identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine. Ils rendent en effet possible des pratiques quotidiennes spatialement \u00e9clat\u00e9es (\u00ab\u2009la ville \u00e0 la carte\u2009\u00bb) qui peuvent r\u00e9duire l\u2019appropriation d\u2019un territoire de proximit\u00e9, et conduire \u00e0 une sp\u00e9cialisation des lieux peu favorable au sentiment d\u2019appartenance \u00e0 la m\u00e9tropole\u00a0: zones d\u2019activit\u00e9s, de loisirs, \u00ab\u2009villes-dortoirs\u2009\u00bb, etc. De plus, traverser un territoire ne signifie pas le fr\u00e9quenter, et la mobilit\u00e9 peut aussi g\u00e9n\u00e9rer un \u00ab\u2009effet tunnel\u2009\u00bb, o\u00f9 le d\u00e9placement est souvent per\u00e7u comme un \u00ab\u2009temps perdu\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans un contexte de difficult\u00e9 d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi, d\u2019augmentation des co\u00fbts du foncier et de l\u2019\u00e9nergie, la mobilit\u00e9 devient autant un facteur de discrimination qu\u2019un facteur d\u2019inclusion au territoire m\u00e9tropolitain.<\/p>\n<p>Mais s\u2019ils peuvent d\u00e9t\u00e9riorer l\u2019attachement \u00e0 un bassin de vie \u00e0 mesure qu\u2019ils l\u2019\u00e9tendent, les r\u00e9seaux de transport ne repr\u00e9sentent-ils pas aussi un des leviers, un des marqueurs de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine\u2009? Lorsque l\u2019on interroge d\u2019ailleurs des habitants sur ce qu\u2019\u00e9voque pour eux la notion de \u00ab\u2009m\u00e9tropole\u2009\u00bb, le mot \u00ab\u2009transport\u2009\u00bb n\u2019est jamais bien loin.<\/p>\n<h3>Relier, identifier<\/h3>\n<p>Dans les ann\u00e9es\u00a01980, le renforcement d\u2019une solidarit\u00e9 d\u2019agglom\u00e9ration et la cr\u00e9ation d\u2019une identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine furent au c\u0153ur des politiques d\u2019espaces publics, comme celle men\u00e9e par le Grand Lyon. Le mobilier urbain fut ainsi l\u2019un des outils de cette politique avec la cr\u00e9ation d\u2019une \u00ab\u2009ligne\u2009\u00bb unique d\u2019agglom\u00e9ration. De la m\u00eame\u00a0mani\u00e8re, les r\u00e9seaux de transport ne sont-ils pas l\u2019une des composantes de cette recherche d\u2019unit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 la constitution des m\u00e9tropoles\u2009? Ils peuvent \u00e9galement \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment de r\u00e9ponse face aux risques de \u00ab\u2009d\u00e9sagr\u00e9gation\u2009\u00bb urbaine et aux vuln\u00e9rabilit\u00e9s sociales li\u00e9es \u00e0 la hausse du couple distance\/co\u00fbt de la mobilit\u00e9. En plus de relier, les r\u00e9seaux de transports identifient. Ils marquent l\u2019appartenance \u00e0 un m\u00eame syst\u00e8me urbain. Les bus, bouches de m\u00e9tro, stations de tramway, bornes V\u00e9lo\u2019Toulouse, etc. sont aujourd\u2019hui pr\u00e9sents, identiques et identifiables sur une grande partie de l\u2019agglom\u00e9ration toulousaine.<\/p>\n<p>Dans les grandes m\u00e9tropoles, le choix m\u00eame du syst\u00e8me de transport (m\u00e9tro, tramway) constitue un marqueur identitaire non sans cons\u00e9quence sur l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019espace public.<\/p>\n<p>La visibilit\u00e9 ou non d\u2019une offre de transport permet d\u2019identifier ce qui est et ce qui n\u2019est pas lieu m\u00e9tropolitain, tout comme la diff\u00e9renciation de l\u2019offre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du territoire m\u00e9tropolitain peut permettre de qualifier le tissu urbain en fonction de sa desserte, selon que l\u2019on croise une bouche de m\u00e9tro, une ligne de bus r\u00e9guli\u00e8re ou un transport \u00e0 la demande. Cette visibilit\u00e9\u00a0est un rep\u00e8re autant pour les habitants que pour les nouveaux arrivants qui d\u00e9couvrent ce territoire, et pour qui le plan du r\u00e9seau est \u00e9galement un important outil d\u2019appropriation.<\/p>\n<p>\u00c0 cette facult\u00e9 d\u2019identification et de compr\u00e9hension du territoire vient s\u2019ajouter un certain attachement au r\u00e9seau de transport, \u00e0 la visibilit\u00e9 quotidienne des v\u00e9hicules, du mobilier et d\u2019une marque commerciale qui accompagne le d\u00e9veloppement urbain\u2009; un attachement qui intervient \u00e0 toutes les \u00e9chelles, de la m\u00e9tropole (m\u00e9tro, TER) \u00e0 la commune (navette communale).<\/p>\n<p>L\u2019attachement au territoire passe par la compr\u00e9hension de son \u00e9chelle, et les r\u00e9seaux de transport en sont un des leviers. Finalement, les arr\u00eats de bus, les stations de m\u00e9tro, mais aussi le p\u00e9riph\u00e9rique comptent peut-\u00eatre parmi les lieux qui repr\u00e9sentent le plus l\u2019espace m\u00e9tropolitain, si l\u2019on consid\u00e8re qu\u2019ils permettent \u00e0 l\u2019espace de devenir territoire. Mais ils contribuent toujours \u00e0 faire que l\u2019espace devient temps. Et qu\u2019adviendra-t-il du sentiment d\u2019appartenance au territoire quand Hyperloop pourra relier Toulouse \u00e0 Montpellier en moins de quinze minutes\u2026\u2009?<\/p>\n<p><em>photos\u00a0\u00a9 Tiss\u00e9o-SMTC<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019am\u00e9lioration des mobilit\u00e9s engendre une nouvelle utilisation de l\u2019espace, qui peut se traduire paradoxalement par une dilution du sentiment d\u2019appartenance. 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