{"id":639,"date":"2017-06-09T09:57:37","date_gmt":"2017-06-09T07:57:37","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=639"},"modified":"2018-02-07T11:35:37","modified_gmt":"2018-02-07T10:35:37","slug":"de-lidentite-aux-appartenances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/de-lidentite-aux-appartenances\/","title":{"rendered":"De l\u2019identit\u00e9 aux appartenances\u2026"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Identite_Appartenances_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Marie-Christine JAILLET,<br \/>\n<\/strong>Directrice de recherche au CNRS, membre du LISST \u2013 CIEU Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II \u2013 Jean Jaur\u00e8s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>La notion d\u2019identit\u00e9 est polys\u00e9mique, recouvrant selon les disciplines qui s\u2019y r\u00e9f\u00e8rent, des registres diff\u00e9rents, sociaux, culturels, religieux, territoriaux, etc. Elle peut \u00eatre construite, donn\u00e9e, impos\u00e9e aussi quand elle devient une identit\u00e9 assign\u00e9e et exclusive d\u2019autres appartenances. Mais qu\u2019elle s\u2019applique \u00e0 des individus, \u00e0 un groupe ou \u00e0 un territoire, elle est par nature composite, plurielle.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la question de l\u2019identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine, plut\u00f4t que de chercher \u00e0 d\u00e9terminer, de fa\u00e7on frontale, ce qui fait l\u2019identit\u00e9 d\u2019une m\u00e9tropole \u2014 l\u2019identit\u00e9 \u00e9tant toujours situ\u00e9e et labile \u2014 il semble plus op\u00e9ratoire de s\u2019int\u00e9resser, d\u2019une part \u00e0 la mani\u00e8re dont ses habitants \u00e9laborent leurs modes d\u2019appartenance territoriale ou de reconnaissance dans des lieux, et d\u2019autre part \u00e0 celle dont les collectivit\u00e9s locales d\u00e9veloppent une politique de marque, participant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne d\u2019une identit\u00e9 m\u00e9tropolitaine. Il reste ensuite \u00e0 mettre en regard ces deux approches, en se demandant si l\u2019offre ainsi \u00e9labor\u00e9e par l\u2019action publique fait ou non l\u2019objet d\u2019une appropriation par celles et ceux qui habitent l\u2019espace m\u00e9tropolitain.<\/p>\n<h3>Une logique de marque<\/h3>\n<p>Dans la concurrence inter m\u00e9tropolitaine dans laquelle elles sont de fait inscrites, chaque m\u00e9tropole cherche \u00e0 \u00eatre reconnue, \u00e0 se singulariser, \u00e0 se distinguer. Les m\u00e9tropoles tendent ainsi \u00e0 d\u00e9velopper une logique de marque, empruntant au patrimoine (paysager, b\u00e2ti, historique, culturel\u2026) les \u00e9l\u00e9ments les plus spectaculaires ou simplement les plus fortement diff\u00e9renciants, d\u00e9veloppant des devises ou des slogans, cr\u00e9ant des embl\u00e8mes (\u00ab\u2009geste\u2009\u00bb architectural ou \u00e9v\u00e9nement festif ou culturel) susceptibles d\u2019agir \u00e0 la mani\u00e8re de signaux identitaires. Mais elles mobilisent aussi, dans cette qu\u00eate \u00ab\u2009identitaire\u2009\u00bb des \u00e9l\u00e9ments moins mat\u00e9riels\u00a0: la r\u00e9putation telle que les enqu\u00eates d\u2019opinion s\u2019attachent \u00e0 l\u2019appr\u00e9cier, qu\u2019elles s\u2019adressent \u00e0 une cat\u00e9gorie de population (les \u00e9tudiants, les cadres ou les touristes) ou plus largement \u00e0 un panel suppos\u00e9 repr\u00e9senter la diversit\u00e9 de la population. Ces sondages qui donnent lieu \u00e0 des classements participent, plus ou moins selon les m\u00e9tropoles, \u00e0 leur notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3>Appartenance(s)<\/h3>\n<p>Quant aux habitants de ces m\u00e9tropoles, la mani\u00e8re dont ils construisent (et disent) leur rapport au territoire, dans une dimension sinon identitaire, du moins d\u2019appartenance, conduit \u00e0 deux observations. La premi\u00e8re r\u00e9side dans la capacit\u00e9 de chaque m\u00e9tropolitain \u00e0 d\u00e9cliner son appartenance de mani\u00e8re multiscalaire\u00a0: \u00e0 un habitant de la m\u00eame commune, on se dit de tel ou tel quartiers, ou de tel ou tel lotissement\u2009; dans l\u2019entreprise o\u00f9 l\u2019on travaille, dont le bassin de recrutement est celui de l\u2019agglom\u00e9ration, on se dit de telle ou telle communes, et lorsqu\u2019on se trouve en vacances en Bretagne ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger on se dit \u00ab\u2009de Toulouse\u2009\u00bb. Ces mani\u00e8res de dire ses lieux de r\u00e9f\u00e9rences, selon les circonstances et l\u2019interlocuteur, ne s\u2019excluent pas. Elles s\u2019ajoutent, se superposent. On est bien, \u00e0 la fois, de telle rue, de tel immeuble ou de tel lotissement, et de tel quartier ou de telle commune, et de telle agglom\u00e9ration\u2026 Et chacun joue de ces diff\u00e9rents registres\u00a0: se disant avant tout \u00ab\u2009villageois\u2009\u00bb contre l\u2019invasion m\u00e9tropolitaine de son cadre de vie, mais pleinement m\u00e9tropolitain pour revendiquer l\u2019arriv\u00e9e de la LGV\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 cette premi\u00e8re plasticit\u00e9 de l\u2019appartenance s\u2019en ajoute une seconde qui met au jour une autre r\u00e9alit\u00e9\u00a0: dans des soci\u00e9t\u00e9s plus mobiles, o\u00f9 les m\u00e9tropoles connaissent des brassages sociaux et culturels qui se renouvellent constamment, nombre de m\u00e9tropolitains ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s, dans leur parcours de vie, \u00e0 changer, volontairement ou sous contrainte, de pays, de r\u00e9gion, de commune, de ville. Inscrits de fait dans des syst\u00e8mes d\u2019appartenance multiples, ils montrent une certaine agilit\u00e9 \u00e0 jouer de ces appartenances, soit en vivant r\u00e9ellement entre plusieurs lieux \u2012 ils circulent alors entre r\u00e9sidences \u00ab\u2009principale\u2009\u00bb, \u00ab\u2009secondaire\u2009\u00bb, \u00ab\u2009familiale\u2009\u00bb par exemple \u2012 soit en \u00ab\u2009habitant\u2009\u00bb en pens\u00e9e des lieux aim\u00e9s, d\u2019attachement et d\u2019ancrage, certains fr\u00e9quent\u00e9s dans l\u2019enfance ou en raison des hasards de la vie, d\u2019autres choisis et adopt\u00e9s. Ces syst\u00e8mes d\u2019appartenance sont mouvants, \u00e9voluent au gr\u00e9 des temps de la vie. On peut donc \u00eatre pleinement d\u2019ici, de l\u00e0-bas, et d\u2019ailleurs\u2026<\/p>\n<p>Comment se rencontrent cette exp\u00e9rience \u00ab\u2009habitante\u2009\u00bb des m\u00e9tropolitains \u2012 adoss\u00e9e \u00e0 une mobilit\u00e9 et \u00e0 une circulation qui se sont consid\u00e9rablement accrues \u2012 et les efforts d\u00e9velopp\u00e9s par les collectivit\u00e9s pour asseoir une image, une marque\u2009? Cette production qui tend \u00e0 valoriser la m\u00e9tropole et ses atours, \u00e0 la rendre \u00ab\u2009d\u00e9sirable\u2009\u00bb sur les diff\u00e9rents \u00ab\u2009march\u00e9s\u2009\u00bb o\u00f9 se joue son d\u00e9veloppement, peut g\u00e9n\u00e9rer chez les habitants de la m\u00e9tropole une forme de \u00ab\u2009fiert\u00e9 patriotique\u2009\u00bb, et ce d\u2019autant plus quand elle contribue \u00e0 valoriser le cadre de vie o\u00f9 ils vivent. Mais elle est loin de r\u00e9pondre \u00e0 un enjeu auquel sont pourtant confront\u00e9es les m\u00e9tropoles\u00a0: construire un sentiment commun d\u2019appartenance qui permette \u00e0 des habitants aux histoires de plus en plus diverses, aux trajectoires de plus en plus singuli\u00e8res et complexes, habitant ici, mais se revendiquant tout autant d\u2019ailleurs, de, sinon se reconna\u00eetre un destin commun, du moins se sentir \u00ab\u2009parties li\u00e9es\u2009\u00bb. Cela suppose que les m\u00e9tropoles s\u2019attellent \u00e0 d\u00e9velopper un r\u00e9cit commun qui reconnaisse \u00e0 chacun de ses habitants qu\u2019il contribue, par son histoire, par le parcours qui a \u00e9t\u00e9 le sien, par les ressources qu\u2019il apporte avec lui, \u00e0 leur identit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La notion d\u2019identit\u00e9 est polys\u00e9mique, recouvrant selon les disciplines qui s\u2019y r\u00e9f\u00e8rent, des registres diff\u00e9rents, sociaux, culturels, religieux, territoriaux, etc. Elle peut \u00eatre construite, donn\u00e9e, impos\u00e9e aussi quand elle devient une identit\u00e9 assign\u00e9e et exclusive d\u2019autres appartenances. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":643,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[],"authors":[{"term_id":82,"user_id":0,"is_guest":1,"slug":"auat","display_name":"AUAT"}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639"}],"collection":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=639"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1167,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639\/revisions\/1167"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/643"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}