{"id":651,"date":"2017-06-09T10:17:26","date_gmt":"2017-06-09T08:17:26","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=651"},"modified":"2018-02-07T11:34:49","modified_gmt":"2018-02-07T10:34:49","slug":"quand-le-sentiment-dappartenance-communale-rencontre-les-orientations-damenagement-metropolitaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/quand-le-sentiment-dappartenance-communale-rencontre-les-orientations-damenagement-metropolitaines\/","title":{"rendered":"Quand le sentiment d\u2019appartenance communale rencontre les orientations d\u2019am\u00e9nagement m\u00e9tropolitaines"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Sentiment_appartenance_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Florence LAUMI\u00c8RE,<\/strong><br \/>\nMa\u00eetre de conf\u00e9rence en am\u00e9nagement et urbanisme, membre du LISST \u2013 CIEU Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II \u2013 Jean Jaur\u00e8s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Des signaux qui interrogent quant \u00e0 un certain antagonisme entre int\u00e9gration \u00e0 la m\u00e9tropole et revendication d\u2019une identit\u00e9 locale \u00e0 prot\u00e9ger.<\/strong><\/p>\n<p>Tournefeuille, troisi\u00e8me ville de Haute-Garonne (26\u00a0206 habitants en 2013) jouxtant Toulouse, participe pleinement du fonctionnement et de l\u2019identit\u00e9 du territoire m\u00e9tropolitain. Sa croissance d\u00e9mographique depuis le milieu des ann\u00e9es\u00a01970 (5\u00a0300 habitants en 1975 et 22\u00a0700 en 1999), tout comme sa diversification fonctionnelle en t\u00e9moignent. Pourtant plusieurs signaux renvoient \u00e0 une certaine inqui\u00e9tude quant \u00e0 la trajectoire emprunt\u00e9e r\u00e9cemment et ne sont pas sans interroger un certain antagonisme entre int\u00e9gration \u00e0 la m\u00e9tropole et revendication d\u2019une identit\u00e9 locale \u00e0 prot\u00e9ger. Un peu comme si, et \u00e0 l\u2019instar de ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 d\u2019autres \u00e9chelles et renvoyant \u00e0 l\u2019opposition local-global, des habitants s\u2019opposaient \u00e0 une dilution de leur identit\u00e9 dans l\u2019espace m\u00e9tropolitain et le revendiquaient.<\/p>\n<h3>\u00ab\u2009On est tournefeuillais avant d\u2019\u00eatre toulousain\u2009\u00bb<\/h3>\n<p>Commune rattrap\u00e9e par la p\u00e9riurbanisation, le territoire change de profil au milieu des ann\u00e9es\u00a01970. L\u2019urbanisation historique de la rue du \u00ab\u2009village\u2009\u00bb d\u00e9borde vite le long de la route filant vers Plaisancedu \u2014 Touch et investit les espaces agricoles\u00a0: nouvelles rues, premiers lotissements. Le changement paysager est en cours, sur le mod\u00e8le pavillonnaire appr\u00e9ci\u00e9 des nouveaux arrivants. La municipalit\u00e9 accompagne leur installation par une politique tourn\u00e9e vers la mise \u00e0 niveau des \u00e9quipements et services publics de proximit\u00e9, le soutien aux milieux associatifs, puis l\u2019offre et l\u2019animation culturelle. L\u2019intercommunalit\u00e9, tardive \u00e0 Toulouse, ne p\u00e8se pas sur les orientations de la gestion locale et les nouveaux habitants, assez proches sociologiquement, dominance de professions interm\u00e9diaires et de cadres, bien int\u00e9gr\u00e9s socialement et professionnellement, investissent leur nouveau territoire de vie et y appr\u00e9cient les commodit\u00e9s et le cadre de vie. On est tournefeuillais avant d\u2019\u00eatre toulousain.<\/p>\n<h3>L\u2019affirmation du fait m\u00e9tropolitain<\/h3>\n<p>Les ann\u00e9es\u00a02000-2010 marquent un changement dans les formes du d\u00e9veloppement communal. L\u2019affirmation du fait m\u00e9tropolitain \u2012 et de l\u2019intercommunalit\u00e9 \u2012 s\u2019invite dans la gestion municipale et induisent le renforcement de certains choix municipaux comme la reconsid\u00e9ration d\u2019autres, non sans susciter de d\u00e9bats en lien avec le sentiment d\u2019appartenance territoriale. Un des choix op\u00e9r\u00e9s consiste \u00e0 lancer diff\u00e9rents chantiers visant \u00e0 \u00e9largir l\u2019offre culturelle et \u00e9v\u00e8nementielle (Le Phare, L\u2019Usine\u2026), \u00e0 renforcer et relier les trames vertes et bleues (Touch, La Ram\u00e9e), \u00e0 monter en gamme dans l\u2019offre d\u2019\u00e9quipements publics (lyc\u00e9e&#8230;), \u00e0 inciter de nouveaux professionnels \u00e0 s\u2019installer (m\u00e9decins sp\u00e9cialis\u00e9s, notaire\u2026). Tournefeuille confirme son identit\u00e9 tout en rayonnant davantage dans l\u2019Ouest toulousain. En m\u00eame temps elle doit prendre sa part \u00e0 la recherche des nouveaux \u00e9quilibres m\u00e9tropolitains dans un souci de gestion \u00e9conome des ressources naturelles et agricoles conform\u00e9ment aux attendus des lois SRU, puis ALUR. Comme pr\u00e9cis\u00e9 dans le SCoT adopt\u00e9 en 2012 et par rebond dans les documents d\u2019urbanisme locaux, le territoire communal doit donc se densifier et se renouveler afin de participer au r\u00e9\u00e9quilibrage spatial entre les diff\u00e9rents types de logements, permettre le renforcement de la desserte du territoire communal par les transports collectifs&#8230;<\/p>\n<h3>Les habitants face aux nouveaux \u00e9quilibres m\u00e9tropolitains<\/h3>\n<p>Ces nouvelles orientations d\u2019am\u00e9nagement questionnent. Alors que la population profite et s\u2019identifie \u00e0 la mont\u00e9e en puissance de la m\u00e9tropole (\u00e9conomie, formations, culture\u2026), une partie d\u2019entre elle vit assez mal les nouveaux choix urbanistiques op\u00e9r\u00e9s et ne semble pas faire le lien entre la croissance m\u00e9tropolitaine, les enjeux d\u2019agglom\u00e9ration et les recompositions urbanistiques communales.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019aucune contestation n\u2019existait quand la croissance pavillonnaire explosait et repoussait les limites de l\u2019urbanisation, la r\u00e9alisation de nouveaux collectifs, agite depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a02010 le microcosme local, participe \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019associations de d\u00e9fense, voire \u00e0 la cr\u00e9ation de mouvements d\u2019opposition s\u2019exprimant r\u00e9guli\u00e8rement dans les r\u00e9unions publiques, notamment celles en lien avec la r\u00e9vision des documents d\u2019urbanisme. Des banderoles sont d\u00e9ploy\u00e9es en c\u0153ur de commune renvoyant, via leurs slogans, au refus de la densification et \u00e0 l\u2019alt\u00e9ration de la dimension villageoise de la commune.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9action peut surprendre. Le choix d\u2019accueillir de petits collectifs au centre de Tournefeuille n\u2019est pas r\u00e9cent. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es\u00a01980, les premiers immeubles voient le jour sans soulever de telles r\u00e9actions. L\u2019engouement avait \u00e9t\u00e9 fort et les logements propos\u00e9s en centre-ville avaient rapidement trouv\u00e9 preneurs. Cette nouvelle offre pr\u00e9sentait l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019envisager sur place diff\u00e9rentes formes de parcours r\u00e9sidentiels\u00a0: emm\u00e9nagement de jeunes quittant le giron familial, d\u2019adultes en rupture familiale, de personnes plus \u00e2g\u00e9es souhaitant lib\u00e9rer une maison devenue trop lourde \u00e0 entretenir\u2026<\/p>\n<p>Comment alors interpr\u00e9ter les r\u00e9actions actuelles des habitants mobilis\u00e9s qui appuient largement leur argumentaire sur le caract\u00e8re \u00ab\u2009villageois\u2009\u00bb de la commune, sur ses qualit\u00e9s paysag\u00e8res, sur l\u2019atteinte au patrimoine local\u2009? Par le sentiment de perte d\u2019identit\u00e9\u2009? Par les projets \u00ab\u2009de trop\u2009\u00bb dans le secteur de densification du centre-ville\u2009? Par le fort attachement des habitants aux lieux, aux maisons fr\u00e9quent\u00e9es tout au long de la vie\u2009? Par le ph\u00e9nom\u00e8ne NIMBY\u2009? Par la difficult\u00e9 \u00e0 se d\u00e9partir d\u2019une approche diffuse, voire rurale, de la ville, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019une trajectoire sociale (aspirations de populations empreintes du mode de vie rural, \u00e0 l\u2019espace ouvert) et politique (modes de gestion h\u00e9rit\u00e9s des trente derni\u00e8res ann\u00e9es)\u2009? Par des revendications port\u00e9es par des sph\u00e8res sociales qui ne se reconna\u00eetraient pas dans les objectifs de mixit\u00e9 sociale int\u00e9gr\u00e9s aux programmes immobiliers et inscrits dans les nouveaux documents d\u2019urbanisme\u2009? Par la crainte de voir la valeur des biens diminuer\u2009? Par la difficult\u00e9 \u00e0 admettre de nouveaux paradigmes du d\u00e9veloppement urbain\u2009? Par le rejet d\u2019orientations d\u2019am\u00e9nagement qui ne se d\u00e9cident plus \u00e0 l\u2019\u00e9chelon communal\u2009?<\/p>\n<div id=\"attachment_653\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/appartenance_communale01.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-653\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-653 size-full\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/appartenance_communale01.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"793\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/appartenance_communale01.jpg 700w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/appartenance_communale01-265x300.jpg 265w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/appartenance_communale01-500x566.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-653\" class=\"wp-caption-text\">Banderole dans la rue Gaston Doumergue<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Difficile de trancher, mais force est de constater que l\u2019exemple tournefeuillais se rencontre ailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle m\u00e9tropolitaine et dans d\u2019autres villes fran\u00e7aises. L\u2019appartenance m\u00e9tropolitaine entre en r\u00e9sonance avec les identit\u00e9s locales, et peut alors provoquer d\u2019assez vives tensions. Cette r\u00e9alit\u00e9 s\u2019observe aussi autour d\u2019autres dossiers, par exemple celui du d\u00e9ploiement des r\u00e9seaux de transport en site propre. Y aurait-il une difficult\u00e9 toulousaine \u00e0 rev\u00eatir les nouveaux attributs m\u00e9tropolitains et dans cette agglom\u00e9ration \u00e9tendue, celui d\u2019une nouvelle densification\u2009? Comment l\u2019envisager dans le respect de l\u2019environnement et de la valeur patrimoniale des lieux\u2009?<\/p>\n<p><strong>Acronymes\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong> Loi ALUR\u00a0:<\/strong> Loi pour l\u2019Acc\u00e8s au Logement et un Urbanisme R\u00e9nov\u00e9<\/li>\n<li><strong> Loi SRU\u00a0:<\/strong> Loi Solidarit\u00e9 et Renouvellement Urbain<\/li>\n<li><strong>NIMBY:<\/strong> Not In My Back Yard<\/li>\n<li><strong>SCoT\u00a0:<\/strong> Sch\u00e9ma de Coh\u00e9rence Territoriale<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Photos\u00a0\u00a9 F. Laumi\u00e8re<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des signaux qui interrogent quant \u00e0 un certain antagonisme entre int\u00e9gration \u00e0 la m\u00e9tropole et revendication d\u2019une identit\u00e9 locale \u00e0 prot\u00e9ger. 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