{"id":696,"date":"2017-06-09T14:16:32","date_gmt":"2017-06-09T12:16:32","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=696"},"modified":"2018-02-16T10:47:06","modified_gmt":"2018-02-16T09:47:06","slug":"toulouse-artistique-1880-1940-une-metropole-a-lidentite-meridionale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/toulouse-artistique-1880-1940-une-metropole-a-lidentite-meridionale\/","title":{"rendered":"Toulouse artistique 1880-1940, <br>une m\u00e9tropole \u00e0 l\u2019identit\u00e9 m\u00e9ridionale\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Toulouse_Artistique_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<blockquote><p><em><strong>Luce BARLANGUE,<br \/>\n<\/strong>Professeur \u00e9m\u00e9rite de l\u2019art contemporain, membre du FRAMESPA \u2014 CNRS Universit\u00e9 Toulouse\u00a0II \u2014 Jean Jaur\u00e8s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Des ann\u00e9es\u00a01880 jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale, Toulouse chercha \u00e0 affirmer une identit\u00e9 confirmant son d\u00e9sir de se pr\u00e9senter comme une m\u00e9tropole artistique d\u00e9terminante dans le paysage national. Ce faisant, elle usa d\u2019\u00e9pith\u00e8tes identitaires\u00a0: \u00ab&nbsp;toulousain&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;m\u00e9ridional&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;latin&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;occitan&nbsp;\u00bb <\/strong><a href=\"#note_de_bas_de_page_01\">1<\/a><strong>\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Pour sp\u00e9cifier son individualit\u00e9 artistique, des hommes politiques et des artistes plasticiens originaires du Midi toulousain affirm\u00e8rent l\u2019existence d\u2019une \u00c9cole toulousaine. Ce fut cette bande des Toulousains vivant \u00e0 Paris, de renomm\u00e9e nationale \u2012 Jean-Paul Laurens, Benjamin \u2014 Constant, Edouard Debat-Ponsan, Henri Martin, Alexandre Falgui\u00e8re, Antonin Merci\u00e9\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_02\">2<\/a> \u2012 que les municipalit\u00e9s radicales toulousaines, entre leur arriv\u00e9e au pouvoir en 1888 et la Grande Guerre, impos\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00c9tat pour les commandes publiques. Pour triompher d\u2019une \u00e9preuve de force avec Paris, il fallut d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e d\u2019une originalit\u00e9 d\u2019inspiration et de facture. Cette derni\u00e8re, toute relative, participant d\u2019un acad\u00e9misme \u00e9clectique dominant l\u2019art officiel, re\u00e7ut cependant l\u2019onction du Minist\u00e8re en 1898, au moment de l\u2019inauguration de la Salle des Illustres\u00a0: \u00ab&nbsp;<em>En r\u00e9sum\u00e9 l\u2019\u00c9cole toulousaine se distingue par un fort enseignement plastique, un sentiment tr\u00e8s intense de la vie, un sentiment p\u00e9n\u00e9trant des r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes qui fait que, soit qu\u2019ils puisent leur inspiration dans le souvenir et le r\u00eave, les ma\u00eetres qui la composent ne s\u2019\u00e9garent jamais dans les conceptions vagues et n\u00e9buleuses, les impressions de genre, les transpositions d\u2019art<\/em>&nbsp;\u00bb. D\u00e9sormais l\u2019\u00c9cole toulousaine au pr\u00e9sent pouvait relayer celle du XVIIe si\u00e8cle. \u00e0 l\u2019actif de cette notion, notons la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une v\u00e9ritable communaut\u00e9 affective et intellectuelle unissant les artistes plasticiens, mais aussi les musiciens, litt\u00e9rateurs, hommes politiques, r\u00e9unis au sein d\u2019ententes \u00ab&nbsp;toulousaines&nbsp;\u00bb dont la plus active fut celle des Toulousains de Paris\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 partir du d\u00e9but de XXe si\u00e8cle, ce furent les \u00e9pith\u00e8tes \u00ab&nbsp;m\u00e9ridional&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;latin&nbsp;\u00bb qui eurent la faveur des \u00e9lites locales. Elles avaient le m\u00e9rite de faire participer la m\u00e9tropole toulousaine d\u2019ensembles g\u00e9ographiques et culturels plus ouverts, tr\u00e8s pr\u00e9sents dans les pr\u00e9occupations nationales, voire nationalistes, de l\u2019\u00e9poque. Les milieux des revues, <em>L\u2019Art M\u00e9ridional<\/em> et <em>L\u2019\u00e2me Latine<\/em>, de <em>Po\u00e9sie<\/em> eurent le souci de contribuer au renouveau du milieu culturel local. \u00c0 partir de 1905, la Soci\u00e9t\u00e9 des Artistes m\u00e9ridionaux partagea ces options et affirma son d\u00e9sir de cr\u00e9er un art r\u00e9gional et moderne \u00e0 la fois sans passer par l\u2019exil de la Capitale&#8230;<\/p>\n<div id=\"attachment_697\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/art.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-697\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-697 size-full\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/art.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/art.jpg 700w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/art-300x188.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/art-500x313.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-697\" class=\"wp-caption-text\">Le Triomphe de Cl\u00e9mence Isaure par Gustave Violet, fronton de la piscine municipale Nakache \u00e0 Toulouse<\/p><\/div>\n<h3>Un art moderne \u00ab&nbsp;temp\u00e9r\u00e9&nbsp;\u00bb<\/h3>\n<p>Dans l\u2019entre-deux-guerres, ce d\u00e9sir appel\u00e9 se v\u00e9rifia \u00e0 la mesure du succ\u00e8s des Artistes m\u00e9ridionaux\u00a0: Arthur Fages, Edouard Bouill\u00e8res, Henry Parayre, Andr\u00e9 Abbal, Andr\u00e9 Arbus Edmond Alet\u2026 Certains \u0153uvr\u00e8rent pour les grands chantiers municipaux \u00e0 vocation sociale\u00a0: Biblioth\u00e8que municipale, Parc des sports, \u00e9coles\u2026 Ils eurent aussi une fid\u00e8le client\u00e8le priv\u00e9e qui appr\u00e9cia un art moderne \u00ab&nbsp;temp\u00e9r\u00e9&nbsp;\u00bb qui s\u2019inspirait de r\u00e9f\u00e9rences ancr\u00e9es dans le pass\u00e9 et de sujets locaux. <em>Le Parnasse occitan<\/em> de Saint-Sa\u00ebns \u00e0 la Biblioth\u00e8que municipale\u00a0<a href=\"#note_de_bas_de_page_03\">3<\/a> incarna parfaitement l\u2019id\u00e9e d\u2019une Toulouse, m\u00e9tropole m\u00e9ridionale, terre d\u2019\u00e9panouissement d\u2019une culture artistique d\u2019un Sud aux profondes racines m\u00e9diterran\u00e9ennes. Toutes ces pr\u00e9occupations furent alors \u00e9troitement li\u00e9es \u00e0 celles de cercles intellectuels et artistiques, auxquels d\u2019ailleurs nombre de plasticiens appartenaient\u2009; les vitrines en furent plusieurs p\u00e9riodiques et journaux\u00a0: <em>Le Travail<\/em>, organe de la Ligue Oc, <em>L\u2019Archer<\/em>, <em>La D\u00e9p\u00eache<\/em>, <em>L\u2019Express du Midi<\/em>, <em>Le T\u00e9l\u00e9gramme<\/em>\u2026 En 1936 encore la nouvelle association des Artistes occitans, revendiqua\u00a0: \u00ab&nbsp;la plus pure tradition de l\u2019art r\u00e9gional&nbsp;\u00bb de la \u00ab&nbsp;ch\u00e8re patrie Toulouse&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;carrefour de notre vieille civilisation latine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<h3>Un creuset artistique r\u00e9gional<\/h3>\n<p>\u00c0 la veille du second conflit mondial, Toulouse se montra comme la m\u00e9tropole d\u2019un creuset artistique r\u00e9gional lors de l\u2019Exposition internationale de l\u2019art et des techniques de Paris en 1937. Le pavillon r\u00e9gional Pyr\u00e9n\u00e9es-Languedoc exposa en effet les peintures sculptures, meubles, objets d\u2019art d\u00e9coratif d\u2019artistes qui, pour beaucoup, vivaient de leur art dans le Midi toulousain\u2026 La sp\u00e9cificit\u00e9 relative de leurs cr\u00e9ations fut \u00e0 la mesure de celles des autres pavillons r\u00e9gionaux\u00a0: des th\u00e8mes et motifs locaux, un style figuratif d\u2019un modernisme temp\u00e9r\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement g\u00e9om\u00e9tris\u00e9, des couleurs d\u00e9cal\u00e9es par rapport au strict rendu r\u00e9aliste\u2026 R\u00e9ussite certes, mais obtenue en excluant les influences des ruptures des avant-gardes exp\u00e9riment\u00e9es dans le creuset parisien\u2026<\/p>\n<p>De la difficult\u00e9 de conjuguer identit\u00e9 r\u00e9gionale et modernit\u00e9 radicale\u2009? Sans doute\u2026 De la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un savant dosage\u2009? Peut-\u00eatre\u2026<\/p>\n<div class=\"notesBasDePage\">\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_01\">1<\/strong>. BARLANGUE L., <em>De l\u2019utilisation des \u00e9pith\u00e8tes \u00ab&nbsp;Toulousain&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;M\u00e9ridional&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Latin&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Occitan&nbsp;\u00bb, \u00e0 des fins identitaires&nbsp;\u00bb, dans la vie des arts plastiques \u00e0 Toulouse de 1880 \u00e0 1940, dans l\u2019Art du Sud, de la cr\u00e9ation \u00e0 l\u2019identit\u00e9 (XIe &#8211; XXe si\u00e8cle)<\/em>, Comit\u00e9 des travaux historiques et scientifiques, 2003.<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_02\">2<\/strong>. Intervinrent aussi\u00a0: les peintres Casimir Destrem, Edmond Yarz, Paul Gervais, Henri Rachou, les sculpteurs Antonin Carl\u00e8s, Th\u00e9ophile Barrau, Th\u00e9odore Rivi\u00e8re\u2026<br \/>\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_03\">3<\/strong>. <em>Les artistes de la biblioth\u00e8que municipale, Toulouse\u00a01935<\/em> [Texte imprim\u00e9]\u00a0: centenaire de la Soci\u00e9t\u00e9 des Artistes M\u00e9ridionaux\u00a0: [exposition, Toulouse, Biblioth\u00e8que d\u2019\u00c9tude et du Patrimoine, du 15 novembre 2005 au 15 janvier 2006]\/[textes de Louis Peyrusse et Luce Barlangue], Biblioth\u00e8que de Toulouse, DL 2005.\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des ann\u00e9es\u00a01880 jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale, Toulouse chercha \u00e0 affirmer une identit\u00e9 confirmant son d\u00e9sir de se pr\u00e9senter comme une m\u00e9tropole artistique d\u00e9terminante dans le paysage national. 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