{"id":713,"date":"2017-06-09T16:50:41","date_gmt":"2017-06-09T14:50:41","guid":{"rendered":"http:\/\/lib.aua-toulouse.org\/BelvedeRPlus\/?p=713"},"modified":"2018-02-16T10:48:41","modified_gmt":"2018-02-16T09:48:41","slug":"regards-croises-et-ecrits-de-voyage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/revue-belveder.org\/index.php\/regards-croises-et-ecrits-de-voyage\/","title":{"rendered":"Regards crois\u00e9s et \u00e9crits de voyage"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/PDF\/N1\/Coloris_BelvedeR_n1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;article au format PDF<\/a><\/p>\n<p class=\"lienContenuAdditionnel\"><a href=\"#contenuAdditionnel\">Voir le contenu additionnel<\/a><\/p>\n<h5><em>Une historienne et une coloriste reviennent sur la couleur de la \u00ab\u2009ville rose\u2009\u00bb&#8230;<\/em><\/h5>\n<h2>Toulouse, ville de brique, \u00e0 la recherche de son coloris<\/h2>\n<blockquote><p><em><strong>Xavi\u00e8re OLLIER,<br \/>\n<\/strong>Coloriste-Designer Institut Sup\u00e9rieur Couleur Image Design,<br \/>\nUniversit\u00e9 Toulouse\u00a0II \u2014 Jean Jaur\u00e8s<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Le regard du coloriste-chercheur s\u2019attache aux modes d\u2019apparition d\u2019une pens\u00e9e de la couleur\u00a0: il ne s\u2019agit plus de parler des couleurs de la ville, mais de la couleur de la ville. Petit voyage dans la fabrique de la couleur.<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de sa g\u00e9ographie, il est possible d\u2019appr\u00e9hender un lieu comme un territoire chromatique\u00a0: nous portons notre regard sur son mat\u00e9riau, la brique et la palette de couleurs qui en est issue. La brique, quand elle est qualifi\u00e9e de rose, est-elle d\u00e9crite comme on la per\u00e7oit r\u00e9ellement\u2009?<\/p>\n<h3>Rouge, blanche, rose\u00a0: la ville r\u00e9v\u00e9l\u00e9e<\/h3>\n<p>Outil d\u2019aide aux choix des couleurs pour les r\u00e9novations de fa\u00e7ades, une premi\u00e8re charte chromatique a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e \u00e0 Toulouse en 2000. Elle proposait alors une homog\u00e9n\u00e9isation des couleurs de la ville par la pr\u00e9conisation d\u2019une couleur brique et d\u2019enduits tr\u00e8s homog\u00e8nes et orang\u00e9s, et d\u2019une harmonie de tons bleut\u00e9s sur la palette des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9tails. Toulouse fut pens\u00e9e chaude\u00a0: cette palette f\u00eata en 2005 sa milli\u00e8me fa\u00e7ade, avec la sortie d\u2019un ouvrage photographique o\u00f9 l\u2019on pouvait lire\u00a0: \u00ab\u2009<em>\u2026 les temps changent, le rose s\u2019\u00e9loigne de la p\u00e2leur et tire vers le rouge, l\u2019ocre et l\u2019orang\u00e9 [&#8230;] Toulouse s\u2019est mis du rouge aux joues, mais en ville civilis\u00e9e, elle s\u2019est donn\u00e9 des r\u00e8gles\u00a0: une palette de couleurs puis\u00e9es dans la chaleur et, en contrepoint, leurs compl\u00e9mentaires, pour les volets comme pour les paupi\u00e8res<\/em>\u2009\u00bb. Cette m\u00e9taphore de Toulouse au f\u00e9minin prend sa source d\u00e8s les ann\u00e9es\u00a01900. La litt\u00e9rature de voyage au XIXe si\u00e8cle nous pr\u00e9sente pourtant la ville sous des \u00ab\u2009charmes\u2009\u00bb tout autres\u00a0: Jules Michelet \u00e9voque \u00ab\u2009Toulouse \u00e0 une heure. De tristes masses de briques&#8230;\u2009\u00bb<\/p>\n<h3>Rouge brique, blanc c\u00e9ruse<\/h3>\n<p>Pour Hippolyte Taine, \u00ab\u2009<em>Toulouse appara\u00eet toute rouge de briques, dans la poudre rouge du soir. Triste ville, aux rues caillouteuses et \u00e9trangl\u00e9es&#8230;\u2009<\/em>\u00bb Jules Verne voit pour sa part dans la brique un mat\u00e9riau par d\u00e9faut, et \u00ab\u2009de peu de caract\u00e8re\u2009\u00bb. Quant \u00e0 Henry James, il \u00e9crivait en 1877\u00a0: \u00ab<em>\u2009&#8230; mis \u00e0 part l\u2019\u00e9glise Saint \u2014 Sernin et l\u2019h\u00f4tel d\u2019Ass\u00e9zat, Toulouse ne poss\u00e8de aucune richesse architecturale\u2009; les maisons sont essentiellement faites \u00e0 l\u2019aide de briques d\u2019un rouge teint\u00e9 de gris et n\u2019ont rien d\u2019original dans leur style. Le travail de la brique est ici des plus pauvres, bien inf\u00e9rieur \u00e0 celui des villes italiennes, manquant totalement de la richesse de coloris que ce mat\u00e9riau modeste rev\u00eat, en g\u00e9n\u00e9ral, sous les climats humides et verdoyants.\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n<p><a  href=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-0\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-714 aligncenter\" src=\"..\/..\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris.jpg\" alt=\"\" width=\"1004\" height=\"572\" srcset=\"https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris.jpg 1004w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris-300x171.jpg 300w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris-768x438.jpg 768w, https:\/\/revue-belveder.org\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/coloris-500x285.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 1004px) 100vw, 1004px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les impressions chromatiques li\u00e9es \u00e0 la ville sont ici des rouges assombris par une ambiance plut\u00f4t triste, de rouges gris\u00e9s, de rouges du soir. En 1833, comme l\u2019indique l\u2019historienne Luce Barlangue, deux guides font r\u00e9f\u00e9rence pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la couleur de la ville\u00a0: Toulouse, ville blanche, car les fa\u00e7ades \u2014 dont celle du Capitole \u2014 \u00e9taient alors habill\u00e9es de blanc de c\u00e9ruse, suite \u00e0 une ordonnance capitulaire de 1783.<\/p>\n<p>Le rose, ou du moins son \u00e9vocation, \u00ab\u2009appara\u00eet\u2009\u00bb d\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle, mais ne fait pas encore r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur du b\u00e2ti. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, le terme ville rose sera port\u00e9 par le syndicat d\u2019initiative, qui \u00e9crit dans son bulletin de 1912\u00a0: \u00ab<em>\u2009\u2026 ses monuments de briques, proc\u00e9dant du g\u00e9nie local, ont un charme, une originalit\u00e9 et une valeur incomparables. En dehors de leur int\u00e9r\u00eat architectural, il n\u2019est rien d\u2019agr\u00e9able \u00e0 l\u2019\u0153il comme ces couleurs changeantes de la ville rose et de ses monuments suivant l\u2019heure du jour, la saison, l\u2019\u00e9tat de l\u2019atmosph\u00e8re. Aux couleurs violettes et mates de la pluie succ\u00e8dent les roses tendres du beau temps&#8230;\u2009<\/em>\u00bb <a href=\"#note_de_bas_de_page_01\">1 <\/a><\/p>\n<h3>Et Toulouse fut pourpre<\/h3>\n<p>Dans les ann\u00e9es\u00a01920 cependant le terme de ville rose sera remis en question\u00a0: Armand Praviel d\u00e9crira Toulouse comme \u00ab<em>\u2009une belle violante, Toulouse capitale du Languedoc, le Languedoc Rouge<\/em>\u2009\u00bb et se moque du rose. Citons \u00e9galement une \u0153uvre cin\u00e9matographique singuli\u00e8re, <em>17 fois C\u00e9cile Cassard<\/em>, film de Christophe Honor\u00e9 sorti en 2002\u00a0: un voyage dans le temps o\u00f9 Toulouse serait redevenue (pour peu qu\u2019elle l\u2019ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement) Toulouse la rouge, la sanguinaire, \u00ab\u2009l\u2019authentique\u2009\u00bb\u2026 Le regard de Christophe Honor\u00e9 rejoint alors celui plus avant de Jules Verne, Henry James et d\u2019autres, qui ont \u00e9crit sur cette ville r\u00e9gionale, terrienne et argileuse comme les murs de ses fa\u00e7ades.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la Toulouse d\u2019aujourd\u2019hui, la belle, la maquill\u00e9e, est per\u00e7ue en un \u00e9tat de surf\u00e9minisation qui est port\u00e9e par notre \u00e9poque. La ville doit \u00eatre belle pour attirer les touristes, elle doit \u00eatre ensoleill\u00e9e, car elle est au sud. Elle doit \u00eatre rose, car c\u2019est ainsi que chacun la d\u00e9finit. Malgr\u00e9 nous, nous la voyons dans la lumi\u00e8re, car c\u2019est ainsi que notre \u00e9poque d\u00e9sire que nous l\u2019appr\u00e9hendions.<\/p>\n<h3>Vision de la ville renouvel\u00e9e, un nouvel outil pour les fa\u00e7ades<\/h3>\n<p>En 2013, la palette des couleurs de la ville \u00e9volue\u00a0: r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019agence Nacarat (agence de design global experte en couleur), la nouvelle charte chromatique se base sur les cinq couleurs fondamentales de la brique toulousaine et les d\u00e9cline en 100 nuances pour la ville.<\/p>\n<p>Le lecteur curieux y d\u00e9couvrira une s\u00e9rie de couleurs, une abstraction. Il y comprendra l\u2019histoire de la ville. Peut-\u00eatre et surtout, il sera alors plus sensible \u00e0 la ville chromatique. Lors d\u2019une fl\u00e2nerie urbaine, il regardera, avec un regard nouveau, la ville qui l\u2019abrite\u00a0: Toulouse fard\u00e9e, Toulouse folklorique, Toulouse la violente&#8230;<\/p>\n<div class=\"notesBasDePage\">\n<strong id=\"note_de_bas_de_page_01\">1<\/strong>. BARLANGUE L., revue <em>L\u2019Auta<\/em>, Toulouse, 2010, p.211.\n<\/div>\n<p><em>Photos\u00a0\u00a9 Ville de Toulouse\u00a0<\/em><\/p>\n<h3 id=\"contenuAdditionnel\">Contenu additionnel\u00a0:<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les guides couleurs et mat\u00e9riaux d\u00e9di\u00e9s aux fa\u00e7ades et devantures, d\u00e9clin\u00e9s par \u00e9poque et par type de construction \u00e0 consulter sur le site de la ville de Toulouse\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.toulouse.fr\/web\/urbanisme-habitat\/paysage-urbain\/guides-couleurs-materiaux-facades\">http:\/\/www.toulouse.fr\/web\/urbanisme-habitat\/paysage-urbain\/guides-couleurs-materiaux-facades<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le regard du coloriste-chercheur s\u2019attache aux modes d\u2019apparition d\u2019une pens\u00e9e de la couleur\u00a0: il ne s\u2019agit plus de parler des couleurs de la ville, mais de la couleur de la ville. Petit voyage dans la fabrique de la couleur. 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